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Nous n’avons pas brisé l’idole…

Le monde musulman s'apaise. Les dernières braises du double incendie qui a enflammé une partie de la planète s'éteignent lentement. Mais les esprits restent agités, tourmentés : l'ombre chaotique venue troubler leur rêve ne les a pas définitivement quittés.

En cette nuit finissante, peu d'âmes ont pu trouvé le sommeil. Les deux étendards du blasphème confectionnés sur de vieilles et poussiéreuses antiquités, délabrées, ont donc suffit à réveiller le dragon et déclenché sa colère. Terrifiés, fascinés, les peuples de la terre, soigneusement dissimulés derrière leurs tours de verre s'émurent à observer son envol furieux et ne purent s'empêcher de laisser échapper un soupir à la vue du brasier dont l'image indélébile semblait se refléter dans tous les regards, longtemps après que les nuages de cendres et de larmes ne soient dissipés par les brises de l'oubli.

Néanmoins, tous le savent : la moindre étincelle peut encore tout embraser, et à chaque instant, le monde danse sur un volcan. Du côté du Couchant, on vit désormais avec cette peur du spectre islamiste qui hante les consciences éclairées et agite les entrailles des masses alimentées, empoisonnées jusqu'à la nausée, par le tube cathodique. La menace est d'autant plus grande qu'elle gît à présent au fond des sociétés européennes et va jusqu'à contaminer sa propre progéniture.

Au fond, au fil des siècles, depuis si longtemps et après tant de conflits, rien n'a vraiment changé. La même silhouette obscure et diffuse se dessine vaguement mais infailliblement sur les mêmes visages et toujours les mêmes expressions : haines, peurs, colères, douleurs, frustrations… C'est entre chiens et loups que la ténébreuse apparition resurgit et le crépuscule annonce toujours son retour. Quel est donc ce Démon qui ne veut pas mourir ? Comment en finir avec lui ? Quelles incantations nous en libèrera ?

Ces interrogations, paradoxalement, sont partagées car elles se nourrissent des mêmes racines et prennent naissance du même terreau : haines, peurs, colères, douleurs, frustrations… Le monde de l'Islam, dans sa funeste pente engagé, est blessé et le sang de l'impuissance coule sur son corps. Sa furie n'est que le énième cri d'une créature enragée dont la plaie ancienne, profonde, vivace et tenace ne s'est jamais vraiment refermée.

En croisant le regard de son vis-à-vis, de ce voisin familier, de cet ennemi intime, une redoutable angoisse le posséda : dans le miroir cristallin, un autre visage que le sien, difforme, lui faisait face. L'hallucination, cruelle, achevée, réciproque, ne cessa plus de s'abreuver et de croître de ce breuvage fielleux. La même sinistre et prévisible histoire est donc appelée à être réécrite sans cesse. Pourtant, l'espoir n'est-il pas ce qui définit la foi ?

Certes. Aussi, c'est aux musulmans, croyons-nous, qu'il appartient collectivement de mettre un terme définitif à cette entité terrifiante, construction macabre et criminelle que l'Occident osa prénommer dans sa folle imagination créatrice «Islam», en prenant le soin de rédiger le chapitre final, sans doute le plus audacieux qu'il leur ait été donné de composer, de ce lointain récit d'une profanation symbolique à laquelle eux-aussi, par leurs déviations courantes, prirent toute leur part.

Qu'on se rassure, les ressorts de la littérature ne leur seront, hélas, d'aucune utilité dans cette âpre tâche à laquelle d'autres vertus sont exigées d'eux. Les héritiers du Prophète doivent changer et redevenir eux-mêmes. Le monde n'attend pas autre chose d'eux sinon qu'ils vivent et incarnent les nobles valeurs et les principes prophétiques qu'un Messager leur transmit fidèlement il y a quinze siècles.

Fidélité et transmission sont les deux mots clés de ce dépôt universel qu'ils n'ont pas su, encore, toujours, protéger et restituer à ses ayants droits. Cette seule conversion, ce changement de regard qu'ils porteront sur le monde, sur leurs mondes, mettra fin à n'en pas douter à cette lugubre et redoutable idole qui a mené tant de fois nos destins au bord de l'abyme sans jamais se résoudre à nous y précipiter. Cette idole faite de craintes, de fantasmes, de ressentiments, n'a plus lieu d'être.  A l'instar du Golem hébraïque, sa finalité sera de disparaître dans la poussière fangeuse qui l'a vu naître.

 

 

 

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