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Le député marocain Mohamed Yatim en est persuadé : le poker est halal !

Faut-il voir là un vrai coup de poker tenté par le député marocain du parti de la Justice et du Développement (PJD), Mohamed Yatim, pour rendre licite le fameux jeu de stratégie où le bluff est permis et l’argent misé sur le tapis vert ?

En tout cas, le parlementaire islamiste semble avoir abattu toutes ses cartes pour réussir ce tour de passe-passe, et surtout pour sauver de l’opprobre son fils qui vient de faire sensation au World Poker Tour National de Marrakech, où il s’est classé 3èmeSans doute a-t-il eu la main heureuse, ce qui n’a pas mis en liesse les membres du PJD, qui voient d’un mauvais œil la participation du rejeton de l’un de leurs représentants à un jeu d'argent par définition haram, ainsi que les 500 000 dirhams de récompense qui sont tombés dans son escarcelle.

Pour désamorcer la polémique théologique naissante, le fils, champion de poker, a demandé à son député de père, issu des rangs du parti le plus à cheval sur les règles islamiques, de se livrer à un périlleux numéro d’équilibriste entre haram et halal

Pour ce faire, il a suffi à Mohamed Yatim d’estimer que le poker relève davantage d’une discipline sportive que d’un jeu d’argent, tandis que son fils  a décrit un jeu d’intelligence qui requiert une "réelle capacité d’analyse mathématique", et le tour était joué… enfin en théorie seulement, la couleuvre semblant un peu grosse à avaler pour les têtes pensantes et les militants du PJD.

La notion francophone de « jeu de hasard » mise en avant par Mohamed Yatim pour faire du poker un jeu « sharia compatible » n’a pas convaincu l’un de ses pairs du secrétariat général du PJD, Abdelali Hami-Eddine, lequel n’a guère goûté la subtilité de la nuance et a d’ailleurs répliqué en jouant cartes sur table : "Le PJD ne peut pas légitimer les jeux de hasard, poker compris", a rétorqué ce dernier, en appelant cependant à ne pas envenimer les choses, se voulant respectueux de la liberté individuelle du fils, majeur et vacciné, de son collègue :  "Il s’agit là d’une personne de 34 ans, extérieure au parti, cela le regarde".

Une manière de calmer le jeu au sujet d'un jeu où tous les coups sont permis, même les plus pendables, ce qui n'a rien de très islamiquement correct…

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