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Une mère d’élève voilée a-t-elle été interdite de sortie scolaire à Gagny ?

Nul n'ignore que la tentation est grande de légiférer à tout prix contre tous les voiles, et qu’il n’y a qu’un petit pas à franchir ou en l’occurrence une petite circulaire à diffuser pour s'autoriser à interdire ce qu’aucun texte de loi ne proscrit, pas encore du moins…

Que s’est-il véritablement passé à l’école primaire Emile-Cote de Gagny, en Seine-Saint-Denis, la semaine dernière, alors que le Parisien se faisait l’écho lundi du refoulement sans autre forme de procès d’une maman voilée d’une écolière de CM1, privée de sortie scolaire par un laïcisme sectaire et illégal ? Une version des faits aujourd’hui contestée par le directeur de l’établissement scolaire, Patrice Pignolet, qui affirme avoir été dépassé par l’ampleur médiatique de l’affaire, évoquant un "malentendu lié à la charte de la laïcité instituée par Vincent Peillon", et qu’après avoir reçu  la mère de famille concernée et l’inspecteur académique, cette dernière a bien rejoint l’encadrement parental chargé de superviser l’excursion des enfants dans l’Yonne.

Pour ce directeur du temple du savoir et du savoir-être, cette nouvelle affaire de voile, qui n’en est pas une, a été hâtivement montée en épingle, aussi est-il intéressant de se reporter aux témoignages des principaux protagonistes de l’histoire qui avaient confié au Parisien leur incompréhension et consternation.

La maman voilée victime d'un ostracisme humiliant, à la fois pour elle et son enfant, relatait un jeudi matin de l’arbitraire :"Depuis la maternelle, j'accompagnais fréquemment mes filles pour les excursions", a-t-elle expliqué au Parisien. "Mais cette fois, c'est différent : Jeudi dernier, l'institutrice m'a expliqué que l'école avait des directives et que je ne pouvais pas participer à la sortie scolaire", s'indignait-elle.

Toujours selon le Parisien, le sursaut véritablement laïc et citoyen est venu des parents d’élèves et notamment de la Fédération des parents d’élèves (FCPE) qui appelait à manifester son désaccord contre cette injustice flagrante avant le départ de la sortie scolaire lundi matin :  "Aucun texte de loi n'interdit aux mamans voilées de participer à des excursions scolaires.  De fait, la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques ne s'applique qu'aux élèves et ne donne aucune directive concernant les parents", dénonçait la FCPE, en précisant au Parisien que ce genre d'interdiction pousse au communautarisme en interdisant aux parents d'être "acteurs de la scolarité de leur enfant". 

Muré dans le mutisme, le directeur de l’école primaire éludait alors les questions qui fâchent, aussi légitimes soient-elles, la FCPE ayant indiqué que ce dernier se retranchait derrière de nouvelles directives. Prudente, l’Inspection académique commençait à battre sa coulpe en parlant d'une maladresse : "Si une erreur a été commise, elle sera réparée dès la première heure". Un repentir qui est arrivé un peu tard, car le mal était déjà fait et la loi de 1905 un peu plus dévoyée…

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