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L’Observatoire de la laïcité juge “inutile” de légiférer sur le port du voile à l’université

La neutralité de l’espace public, aux confins illimités pour notre classe politique de tous bords, recroquevillée dans son laïcisme primaire à défaut de remédier aux vraix maux de la France, ne doit pas s’étendre jusque dans les universités françaises pour l’Observatoire de la laïcité. Son avis très attendu, rendu public mardi,  risque fort de faire grincer bien des dents en jugeant cette volonté de légiférer à tout prix « ni utile ni opportune ».

Cette prétendue volonté d’interdire les signes religieux dans les amphithéâtres masque mal la volonté, toujours aussi farouche et démagogique, de proscrire essentiellement le port du voile en tous lieux et, en l’occurrence, pour les étudiantes. Il faut dire que la tentation d’élargir la loi du 15 mars 2004 en chatouille plus d’un, à droite, à la droite de la droite, à gauche et jusqu’au sommet de l’Etat…

Dans son avis, cette commission d'experts qui dépend de Matignon fait une vingtaine de recommandations, après avoir procédé à de « nombreuses auditions ». Contrairement au noir tableau brossé par les ténors de notre sinistre pantalonnade politicienne, son état des lieux révèle « une situation globale respectueuse de la laïcité », seulement 130 cas de « désaccord ou (de) conflit ponctuel » lui ayant été remontés, pour un total de 130 universités et établissements, rassemblant environ 2 millions d'étudiants.

Les situations conflictuelles ne concernent pas que le port du voile, mais la question de l'adaptation du calendrier universitaire à l'observance du shabbat ou de fêtes, la contestation d'enseignements pour des motivations religieuses ou encore la présence ostensible de bibles sur des tables de candidats à des examens, a précisé le rapporteur général de l'Observatoire, Nicolas Cadène.

L'observatoire rappelle que « le principe de laïcité ne fait pas obstacle à ce que des étudiants portent des signes et tenues manifestant leur appartenance religieuse », dès lors que « leur comportement n'est pas prosélyte et ne perturbe pas le bon fonctionnement de l'établissement ». Parmis ses conseils avisés, il recommande notamment aux établissements d'enseignement supérieur de se doter d'un « règlement intérieur rappelant avec fermeté et clarté les règles applicables », souhaitant également que ces structures élaborent une « charte d'établissement » à remettre à « chaque étudiant » et « chaque nouvel enseignant » pour « informer sur les droits et obligations de chacun ». En outre, est préconisée l'instauration d'un « référent laïcité dans chaque université », qui devra « dresser un état des lieux objectif de la situation au sein de son établissement » et « participera à la résolution des éventuels conflits ».

L'avis a été adopté à l'unanimité de ses membres, à l'exception de trois d'entre eux qui se sont abstenus : le député et ancien ministre socialiste Jean Glavany, la sénatrice PRG Françoise Laborde et Patrick Kessel, président du Comité Laïcité République. Ces trois opposants irréductibles à la ligne défendue par le président de l'observatoire Jean-Louis Bianco déplorent que cet avis « contribue à éluder les problèmes ». « Le déni n'est pas la réponse appropriée face à la nouvelle poussée de l'extrême droite qui se nourrit des dégâts occasionnés par les communautarismes, dégâts que ressentent les citoyens sur le terrain avec le sentiment d'être abandonnés », ont-ils écrit dans leur communiqué, lançant un « appel » au Premier ministre Manuel Valls « afin que s'ouvrent les vrais débats » et que cette instance « propose des réponses à la gravité des questions posées ».

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