Le militant lyonnais Yamin Makri, 60 ans, pionnier du milieu associatif musulman, a déclaré à 20 Minutes qu’il comparaîtra le 10 décembre pour « apologie du terrorisme » et « provocation à la haine », en raison de partages Facebook datant de 2022. « Voilà ce qu’on me reproche », dit-il, abasourdi. En plus de trente ans d’engagement, il affirme n’avoir jamais eu affaire à la justice.
Figure incontournable à Lyon, Yamin Makri a fondé en 1987 l’Union des jeunes musulmans (UJM), puis cofondé et dirigé les éditions Tawhid. Porte-parole du Collectif des musulmans de France, membre fondateur de l’Union Française des Consommateurs Musulmans (UFCM), il a également siégé à la commission Islam et Laïcité initiée par la Ligue de l’enseignement à la fin des années 1990. Militant de longue date pour la cause palestinienne, il a participé en 2011, aux côtés d’Olivier Besancenot, à l’opération « Un bateau français pour Gaza ». Son engagement l’a aussi rapproché de partis de gauche et écologistes, tout en affichant constamment une ligne de non-violence, fondée sur le dialogue et la condamnation de toute forme de violence.
Il raconte à 20 Minutes avoir été placé en garde à vue en juin, découvrant qu’il lui était reproché d’avoir partagé des communiqués de la résistance palestinienne. « Je soutenais un peuple qui résiste, pas une organisation », insiste-t-il, dénonçant une « répression étatique » destinée, selon lui, à intimider les militants pro-palestiniens. Yamin Makri fait aussi état de mesures de contrôle judiciaire fluctuantes et du gel de ses comptes bancaires. Une seconde procédure le vise pour un collage d’affiches liées à Gaza.
Malgré ce qu’il décrit comme des méthodes qui « font peur », Yamin Makri affirme rester déterminé : « Mon combat ne faiblira pas. »



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