- Pour comprendre la critique de Claude Malhuret sur la présidence de Trump.
- Pour découvrir les accusations de conflits d'intérêts et de dégradation des institutions.
- Pour analyser la position unique d'un sénateur français face à la politique américaine.
Le ton est monté d’un cran au Sénat, mercredi 25 mars. Lors d’un débat sur le Moyen-Orient, Claude Malhuret, président du groupe Les Indépendants, a livré un discours d’une rare virulence à l’encontre de Donald Trump, dressant le portrait d’une Amérique où, selon lui, les institutions vacillent sous le poids des intérêts privés (voir vidéo ci-dessous).
« Je me trompais, c’est la cour des miracles »
Dès les premières phrases, le sénateur corrige lui-même une comparaison passée :« Il y a un an ici même, je comparais la présidence de Trump à la cour de Néron. Je me trompais, c’est la cour des miracles. » Une formule cinglante, qui donne le ton d’un discours où l’ironie sert une critique politique radicale.
Une équipe gouvernementale tournée en dérision
Claude Malhuret s’attaque ensuite frontalement à l’entourage de Donald Trump, qu’il décrit comme une succession de contradictions : « Un antivax, ancien héroïnomane et ministre de la santé, un climatosceptique ministre de l’écologie, un animateur télé alcoolique ministre des armées, une ancienne agent du Qatar, ministre de la justice, une groupie de Poutine, ministre de la sécurité nationale. »
Derrière la charge, une accusation claire : celle d’un pouvoir qui, selon lui, tourne le dos à toute exigence de compétence et de cohérence.
« Le palais devient un cirque »
Pour illustrer ce qu’il considère comme une dégradation du pouvoir, il convoque un proverbe turc :« Quand un clown s’installe dans un palais, il ne devient pas roi. C’est le palais qui devient un cirque. » Une image qui résume, dans son esprit, la transformation des institutions américaines sous l’ère Trump.
Une stratégie militaire accusée de diversion
Le sénateur va plus loin en dénonçant une politique étrangère qu’il juge opportuniste : « Depuis que son conseil de la paix existe, Trump a déclenché plus de frappes militaires que Biden durant tout son mandat. » Et d’ajouter :« Chaque fois que l’affaire Epstein ressurgit, les bombes explosent quelque part dans le monde et font diversion. Bombarder plus pour gagner plus. »
Une accusation grave, qui suggère une instrumentalisation des conflits à des fins politiques internes.
Des intérêts privés au cœur du pouvoir
Claude Malhuret met également en cause ce qu’il décrit comme des conflits d’intérêts répétés : « Il n’y a pas un pays où Trump n’a profité de la situation pour s’enrichir sans jamais oublier sa famille. » Il évoque notamment :« Boeing personnel offert par le Qatar, investissement dans tous les projets du Golfe ou d’ailleurs, manipulation des cours de bourse dont bénéficient quelques initiés. »
Avant de trancher : « Un seul de ces conflits d’intérêt aurait provoqué ici une procédure immédiate de destitution. »
« Nous sommes dans l’Amérique MAGA »
La conclusion du sénateur est sans appel : « Mais nous ne sommes pas ici. Nous sommes dans l’Amérique MAGA. La conduite des affaires publiques au service des intérêts privés. » Un réquisitoire frontal contre Donald Trump, mais aussi, au-delà, contre un modèle politique que Claude Malhuret juge profondément dévoyé.
Une parole rare dans un paysage politique timoré
Au-delà du fond, la portée de cette intervention tient aussi à sa singularité. Dans un contexte où une partie de la classe politique française se montre souvent prudente, voire complaisante, à l’égard de Donald Trump, entendre une voix aussi directe tranche nettement avec l’habituelle retenue diplomatique. Cette prise de parole apparaît dès lors comme rare et, à bien des égards, courageuse : celle d’un responsable politique qui assume de nommer frontalement ce qu’il perçoit comme des dérives, là où d’autres préfèrent s’en tenir à des formules plus consensuelles. Un contraste qui interroge sur le rapport de la politique française aux rapports de force internationaux — et sur sa capacité à parler d’égal à égal avec Washington.
Au Sénat, Claude Malhuret étrille Donald Trump et dénonce « l’Amérique MAGA »
Quand un clown s’installe dans un palais, il ne devient pas roi. C’est le palais qui devient un cirque. ». A voir absolument § pic.twitter.com/Z0AEgVY2Ve
— Oumma.com (@oumma) March 27, 2026
Discours dans son intégralité:



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