La fuite en avant militaire de Donald Trump face à l’Iran pourrait rapidement se transformer en volte-face politique. C’est l’analyse de Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), interrogé sur France Info. Selon lui, le président américain s’est lui-même enfermé dans une impasse stratégique. « Il s’est lui-même piégé dans cette affaire iranienne et il n’a pas suivi les conseils de son entourage du Pentagone. Il a voulu absolument obtenir un deal qui, à terme, n’aurait de toute façon pas pu être aussi bon que le deal de 2015 qu’il a lui-même jeté à la poubelle », explique-t-il.
Pour Romuald Sciora, l’escalade militaire répond avant tout à une logique politique intérieure. Le déploiement d’« une armada du jamais vu depuis 2003 » devait permettre à Donald Trump d’afficher une posture de fermeté auprès de sa base électorale. « Humilié à la maison, humilié à l’extérieur, il fallait qu’il prouve qu’il était le boss », analyse-t-il, évoquant notamment un revers infligé au président par la Cour suprême. Mais l’analyste estime que la guerre pourrait rapidement se révéler sans issue. « Le régime des mollahs tiendra. Pour changer la donne, il faudrait déployer des troupes au sol, ce qui n’est évidemment pas une perspective réaliste », souligne-t-il, alors que les premières pertes américaines font déjà craindre un enlisement.
Dans ces conditions, Romuald Sciora s’attend à une sortie politique rapide du président américain. « Je pense que nous allons assister à une pirouette à la vénézuélienne », affirme-t-il. Autrement dit, Donald Trump pourrait bientôt proclamer avoir obtenu ce qu’il voulait — un accord, un accès au pétrole ou un prétendu succès diplomatique — avant d’annoncer la fin des opérations militaires. Une telle manœuvre permettrait au locataire de la Maison-Blanche de tenter de limiter les dégâts à l’approche des élections de mi-mandat. D’autant que la hausse des prix de l’essence et la crainte d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient inquiètent déjà une partie de son électorat, qui l’avait soutenu précisément parce qu’il promettait d’éviter ce type de conflit.
Romuald Sciora (IRIS) : « Trump s’est lui-même piégé dans la guerre contre l’Iran » pic.twitter.com/ImkPGZogYD
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