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Une famille pakistanaise quitte les Etats-Unis, après l’agression de trop commise à l’école contre son plus jeune fils

L’islamophobie galopante qui court et se propage jusque dans les cours d’école, transformant en meute sauvage cinq écoliers à bord d’un bus scolaire, n'est pas une vue de l'esprit mais bien la douloureuse expérience vécue, vendredi 7 octobre, par un petit Américain de 7 ans, d’origine pakistanaise, résidant à Cary, en Caroline du Nord, dont les nombreuses ecchymoses sur le corps attestèrent de la brutalité de son agression.

Cette agression odieuse, frisant le lynchage, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour ses parents bouleversés et scandalisés. Le père de famille, Zeeshan-ul-hassan Usmani (photo ci-dessus), un brillant chercheur en informatique, titulaire d'un doctorat et reconnu pour la qualité de ses travaux, a en effet décidé la mort dans l’âme de quitter cette Amérique devenue si hostile pour retourner au Pakistan, à Islamabad, jugé « plus sûr », comme il l’a confié à l’édition américaine du Huffington Post.

Ce déchaînement de haine à l'encontre de son plus jeune enfant, en raison de sa religion, a été celui de trop, Zeeshan-ul-hassan Usmani ne supportant pas de voir à nouveau l’un de ses fils revenir de l’école en pleurs, couvert de bleus, meurtri dans sa chair et son âme, ni de l’entendre faire le récit de son calvaire.

Forcé d’ingérer de la nourriture non halal sous les quolibets et les injures de ses camarades de classe qui l’encerclaient, le garçonnet a été roué de coups pour avoir refusé de se plier à leurs exigences, vacillant sous les coups de pied assénés à l’estomac, tandis que l’un de ses bourreaux s’acharnait à lui tordre le bras en s’écriant « Il est musulman ».

Le petit garçon pris en photo par son père, le bras endolori en écharpe

« Mon fils est né et a été élevé aux Etats-Unis. Il est né en Floride. Et est aussi Américain que n’importe qui. Il aime Captain America. Il veut devenir président des Etats-Unis », s’est insurgé l'informaticien pakistanais de renom, avant de préciser, submergé par l’émotion : « Cela me brise le cœur, et c’est triste de voir ça. Ce n’est pas l’Amérique que l’on connaît, que l’on aime et dans laquelle on veut vivre ».

Loin de partir sur un coup de tête, la décision des Usmani de dire « Stop » à cette islamophobie violente qui frappe en plein cœur de l’Amérique et derrière les murs du temple scolaire intervient après les précédentes attaques et injustices subies par leurs deux fils aînés.

Devenu le souffre-douleur de sa classe, le cadet de 8 ans, qui était l’objet des moqueries blessantes de ses camarades, a été très choqué que son père soit traité de « terroriste » à cause de sa barbe, au point que ce bon élève aille à l’école à reculons et l’estomac noué.  De son côté, son aîné, un adolescent de 14 ans, s’est attiré les foudres d’un collégien qui avait exhibé en classe un couteau ramené par son père de Colombie pour l'avoir simplement imité, en empruntant à son père un couteau typique du Pakistan. Traité de « terroriste », suspecté d’être lié à Daesch et suspendu six mois, il a été fortement ébranlé par l’hystérie collective qui s’est emparée de l’ensemble de son établissement scolaire, souffrant désormais de crises d’angoisse relatives à une dépression.

Saisi de ce cas qui est loin d’être isolé, l'influent Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR) a immédiatement écrit au Superintendant du comté de Wake, en Caroline du Nord, afin qu’une enquête soit diligentée. "Cette agression a lieu alors que le pays connaît actuellement une hausse des brutalités envers les élèves de confession musulmane. Nous vous demandons expressément d’enquêter sur cet incident très dérangeant et de prendre les mesures qui s’imposeront en fonction des conclusions de cette enquête. Tout élève, peu importe sa religion, doit pouvoir se sentir en sécurité dans son environnement scolaire", pouvait-on lire sous la plume, inquiète et indignée, du directeur général du CAIR.

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