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Un footballeur allemand l’assure : jeûner et dribbler, c’est possible !

Y a-t-il une vie sportive pendant le Ramadan ? Avec l’arrivée du mois Saint, une petite question lancinante resurgit immanquablement, chatouillant et  turlupinant les neurones d’autant plus que des polémiques passionnelles en ont fait un sujet brûlant qui les met en ébullition : jeûner et dribbler font-ils bon ménage, et au-delà jeûner dans une société de consommation qui ne se met à la diète que pour chasser les kilos superflus avant l’été, n’est-ce pas une gageure ?

Difficile d’échapper à cette interrogation pleine d’à priori négatifs, qui est désormais dans tous les esprits et sur toutes les lèvres sous l’effet dévastateur de la diabolisation de l’islam. Que l’on soit un sportif français ou en l’occurrence allemand de confession musulmane, elle revient, chaque année, comme un boomerang en pleine face.

Süleyman Baysal, un jeune footballeur prometteur de 21 ans, qui joue dans le club YEG Hassel, dans le Land de Basse-Saxe, en a fait l’amère expérience, ne cachant pas son exaspération d’entendre les sempiternelles phrases qui peinent à masquer les jugements de valeur qui les sous-tendent. "J'entends toujours la même chose, du style, mais comment faites-vous ? Vous n’avez pas besoin d'un verre ?", a-t-il déclaré à la presse locale, ce à quoi il a indiqué répondre invariablement: "Non, je n'ai pas besoin de boire dès maintenant. Vraiment, je n'ai pas besoin".

Ce sportif accompli qui se double d’un étudiant studieux en anglais et en philosophie observe scrupuleusement le jeûne du Ramadan, et qu’il ait chaussé ses crampons pour jouer ou entraîner une équipe de petits footballeurs en herbe, rien ne le fera déroger à ce rituel qui le nourrit avant tout spirituellement.

Quand on lui oppose la décision prise, en 2010, par la Fédération allemande de football (DFB), la Ligue allemande de football (DFL) et le Conseil central des musulmans d’exempter de jeûne les joueurs de football professionnels pendant le Ramadan, Süleyman Baysal préfère citer en exemple Franck Ribéry, la star musulmane du Bäyern de Münich, qu’il admire non seulement pour sa virtuosité sur le terrain mais aussi pour sa pratique rigoureuse du jeûne et sa fidélité aux préceptes coraniques.

"Franck Ribéry, comme d’autres joueurs musulmans, qui sont des idoles pour moi, jouent dans les meilleurs clubs, gagnent beaucoup d'argent, et tiennent quand même à concilier la pratique de leur religion et le sport de haut niveau, en s'entraînant trois fois par jour comme tous les autres joueurs professionnels. Leur comportement exemplaire est une vraie source d’inspiration pour moi", s’est-il exclamé, avant de confier le sentiment de plénitude que lui procure cette abstinence alimentaire : "Le jeûne c’est une sorte de prière, et vous le faites pendant 15-16 heures. Donc, vous êtes connecté à Dieu pendant 15 à 16 heures, et quand j’y pense, cela me donne la chair de poule. C'est un sentiment unique et indicible qui vous envahit et vous comble pleinement".

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