Alors que le Ramadan devrait débuter mercredi ou jeudi, le football anglais s’apprête une nouvelle fois à s’ajuster au temps spirituel des joueurs musulmans. Pendant près d’un mois, ces derniers jeûneront de l’aube au coucher du soleil. À Londres, l’heure de la rupture du jeûne interviendra autour de 17h22, puis 17h27 les jours suivants, un créneau qui coïncide avec certaines rencontres disputées en fin d’après-midi ou en début de soirée. Dans ce contexte, la Premier League et l’English Football League ont confirmé la reconduction d’un dispositif désormais bien installé : des interruptions très brèves de jeu permettant aux joueurs musulmans de rompre leur jeûne. Ces pauses ne concernent que certains matchs du week-end, notamment ceux programmés à 17h30 le samedi et à 16h30 le dimanche.
Loin de toute improvisation, ces arrêts sont discutés en amont entre les clubs, les capitaines et les arbitres. Ils interviennent uniquement lors d’un moment naturel du jeu — touche, coup franc ou dégagement — et ne sauraient être assimilés à une pause tactique ou collective. Le jeu ne s’arrête jamais en pleine action, et l’équilibre sportif reste pleinement préservé. Ce protocole est en place depuis 2021. La première interruption officielle avait eu lieu lors d’une rencontre entre Leicester City et Crystal Palace, permettant notamment à Wesley Fofana et Cheikhou Kouyaté de rompre leur jeûne en cours de match. Depuis, ces scènes se sont multipliées sans susciter de polémique, devenant un élément presque ordinaire du paysage footballistique anglais.
Aujourd’hui, plusieurs joueurs musulmans évoluent au plus haut niveau en Angleterre. Parmi les plus emblématiques figurent notamment Mohamed Salah (Liverpool), William Saliba (Arsenal), Rayan Aït-Nouri (Wolves) et Amad Diallo (Manchester United). Leur présence rappelle que le Ramadan n’est ni une exception ni une contrainte marginale, mais une réalité vécue par de nombreux acteurs du football professionnel.
À travers ces ajustements sobres et sans mise en scène, le football anglais envoie un message clair : le respect des convictions religieuses n’est pas incompatible avec les exigences du sport de haut niveau. Une normalisation silencieuse, mais lourde de sens, qui montre qu’il est possible d’articuler performance, diversité et dignité sans en faire un sujet de crispation.



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