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“Sauver une vie, c’est sauver l’humanité tout entière”, le cri du cœur des musulmans de Chicago

Véritable lave en fusion, les tumultes désastreux du Moyen-Orient détruisent et ensevelissent tout sur leur passage, anéantissant en une seule éruption volcanique toutes les passerelles, certes fragiles, de compréhension et de respect mutuels que des années d’efforts avaient réussi à construire Outre-Atlantique, au-dessus de l’ignorance et des torrents de calomnie.

"Sauver une vie, c’est sauver l’humanité tout entière", clament haut et fort, en se réclamant du Saint Coran, des musulmans de Chicago, à la fois très critiques envers l’impérialisme américain et épouvantés par la cruauté des « djihadistes » du mal absolu, à qui ils dénient le droit de légitimer l’innommable sous l’étendard du dévoiement de l’islam.

Depuis le cataclysme du 11 septembre, dont on ne rappellera jamais assez son long cortège de victimes musulmanes et les terribles répercussions sur la vie quotidienne des Américains de confession musulmane, l’association « Gain peace », chapeautée par le Dr Sabeel Ahmed et soutenue par le Cercle islamique d’Amérique du Nord, a débordé de créativité et redoublé de pédagogie pour répandre le vrai message de l’islam en tous lieux et à tout moment, à la lumière des versets qui en font la richesse et l’universalité.

Sur des bus, des panneaux d’affichage, dans des spots publicitaires pour la presse écrite, la radio et la télévision, dans les rues et dans les métros, les campagnes éclairées de sensibilisation, expurgées des caricatures odieuses et des amalgames délétères, se sont multipliées au cours de la décennie écoulée, à l’instar de l’action de communication « My Jihad », ambitieuse et courageuse, qui a tenté en 2012 de réhabiliter un terme honni en Occident, car source d’effroi. A mille lieues du bellicisme qui lui est accolé, le Jihad du coeur, symbole d’une lutte humaine tournée vers l'excellence sur le chemin de Dieu, avait alors habillé de sa grandeur d'âme les transports en commun de Chicago.  

"Chaque crise au Moyen-Orient exacerbe les tensions islamophobes ici", a déclaré récemment Sabeel Ahmed, qui observe, en le déplorant vivement, une nouvelle montée en flèche des intimidations et insultes anti-musulmans dans l’espace public, aux cris rageurs de « Retournez chez vous, sales… ! »

"En tant qu’Américain musulman, d’origine syrienne, je condamne l’ISIS. J’ai du mal à contenir ma colère envers ces combattants qui prétendent représenter ma religion et qui en réalité ne font que la trahir de la pire des manières", a confié Mahdi Sahloul, un jeune militant qui a œuvré avec dévouement, pendant deux ans, en tant que bénévole au sein de l'American Medical Society syrien dans des camps de réfugiés en Turquie et en Jordanie.

"Mes deux parents sont nés et ont grandi en Syrie, et bien évidemment la tragédie syrienne me touche personnellement", a-t-il précisé, en constatant avec inquiétude que le racisme, tapi dans l’ombre, a ressurgi avec une extrême violence sur le sol de la bannière étoilée depuis les atrocités commises par Daesh, utilisant un autre acronyme funeste pour désigner une organisation aux appellations pléthoriques, ce qui, comme si cela ne suffisait pas, ajoute de la confusion à l’horreur de ses actes.

Le visuel de la campagne "My Jihad" sur des bus

  

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