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Le soufisme et la France (2/2)

L’époque contemporaine

a) Le paysage confrérique

Implantée en France depuis les années 1920, la tarîqa‘Alâwiyya, toutes branches confondues, est la voie qui a le plus marqué le soufisme français au XXe siècle. Initiée par un saint au charisme incontesté, le cheikh algérien Ahmad al-‘Alâwî (m. 1934), elle a été orientée dès ses débuts vers une ouverture au monde chrétien d’Europe, et a compté rapidement dans ses rangs des disciples français. Le cheikh ‘Adda Bentounès, successeur du cheikh ‘Alâwî, a ainsi créé l’association « Les Amis de l’Islam » en 1949 à Paris, dans le but de mieux faire connaître l’islam spirituel en Europe.

À partir des années 1970, on assiste à un développement très rapide de la présence du soufisme en Europe, et notamment en France. Plusieurs groupes soufis émanant des grandes voies – Shâdhiliyya, Naqshbandiyya, Qâdiriyya, Tijâniyya…- voient alors le jour. Cette expansion n’est pas une simple conséquence de l’émigration, car les cheikhs ‘‘orientaux’’ considèrent depuis longtemps l’Occident comme une terre providentielle.

Constatant que la pression socio-politique qui pèse dans leurs pays peut entraver le développement individuel, ils voient dans l’Occident un espace de liberté et constatent une réelle attente dans le domaine spirituel. Des musulmans de souche, étudiants ou travailleurs, découvrent ainsi en Occident un soufisme dans lequel ils ne voyaient que superstition ou routine.

Quelques maîtres ‘‘orientaux’’ s’y établissent bientôt, tandis qu’un petit nombre d’Occidentaux formés opèrent comme représentants d’un maître étranger, ou accèdent au statut de cheikh.

Ainsi, le cheikh Khaled Bentounès, maître actuel de la ‘Alâwiyya, vit en France, où il s’efforce de porter le message universaliste du soufisme. La zâwiya-mère, cependant, reste à Mostaganem, dans l’Ouest algérien. Frithjof Schuon était issu de la ‘Alâwiyya, et l’on retrouve chez lui, exprimé différemment, cet universalisme, ainsi qu’un fort impact en milieu chrétien. Il a d’ailleurs nommé sa voie « la voie de Marie », al-Maryamiyya.

Le monde confrérique français est très fluide, à l’image de ce qu’il est ou était en pays musulman. La Shâdhiliyya par exemple, fondée au XIIIe siècle en Egypte, est représentée par la ‘Alâwiyya et ses ramifications (dont la Madaniyya tunisienne), par plusieurs groupes provenant de la Darqâwiyya (Maroc – XVIIIe siècle), ou encore se rattachant à l’héritage de Michel Vâlsan. Une voie-mère peut donner naissance à des groupes très différents quant aux options et aux modalités choisies, comme cela apparaît dans la Naqshbandiyya.

Certains groupes sont volontairement discrets, tandis que d’autres s’affichent davantage. La Butchîchiyya marocaine, qui se rattache à la voie-mère Qâdiriyya, consacre beaucoup d’énergie à médiatiser le message de cheikh Hamza, par le biais de sites Internet, séminaires, et conférences assurées parfois par Faouzi Skali, représentant de la voie connu en France. Puisque désormais « c’est le maître qui cherche le disciple », il faut toucher un public large, même non musulman.

Ce monde confrérique est également fluide en raison de ses origines géographiques diverses, et l’on peut dire que l’Europe, et en particulier la France, sont en train de devenir une terre de rencontre entre les différentes traditions du soufisme existant dans le monde musulman.

Si l’Iran est quelque peu présent grâce aux Ni‘matullahis et aux Uvaysis, de la Turquie viennent plusieurs groupes naqshbandis, du Soudan les Burhânis, du Maghreb – hormis la grande famille shâdhilie – les Tijânis, et d’Afrique sub-saharienne les Tijânis et les Mourides. Ceux-ci ont des relais communautaires importants en France, car liés à un système complexe d’immigration du Sénégal vers la France.

Toute cette mouvance se prévaut d’un soufisme orthodoxe, car les affiliés restent fidèles aux prescriptions de l’islam et sont parfois versés dans les sciences islamiques. La plupart des membres gardent un lien avec l’un ou l’autre pays musulman, et effectuent des visites régulières à leur zâwiya-mère respective. La question de l’adaptation au contexte occidental n’est pas résolue dans tous les cas : parmi ceux qui ont été initiés et formés en Orient, certains ont tendance à importer des coutumes arabes, africaines ou autres.

D’autres groupes se sont en revanche détachés de la forme islamique pour mieux dégager, à leurs yeux, l’universalisme de la sagesse soufie. Ouvrant la porte du syncrétisme, ces groupes appellent de leurs voeux une sorte de “mondialisation” de l’Esprit. Ils participent de ce que certains appellent le « néo-soufisme », qui désigne un courant purement occidental professant un soufisme radicalement différent de celui pratiqué en pays musulman [1].

Ses représentants sont souvent des ‘‘orientaux’’ tels qu’Idries Shah (m. 1996), en Angleterre, et Pir Vilayat Khan (m. 2004), aux USA et en France. Les adeptes du soufisme ‘‘islamique’’ les tiennent pour des charlatans, et rappellent qu’il n’y a d’initiation qu’à l’intérieur d’une forme religieuse définie. Pour eux, l’universalisme ne nécessite nul syncrétisme, car il s’énonce dans l’exploration de la révélation islamique.

D’une façon générale, le soufisme de France professe l’orthodoxie pour plusieurs raisons : – la religion musulmane est de plus en plus prégnante en France, et elle modèle aussi les comportements des soufis, – le soufisme de France est encore imprégné du fidéisme qui prévaut en pays musulman, – l’influence de Guénon, qui porte à l’intériorisation, reste très présente et censure des comportements de typeNew Age, que l’on trouve plus facilement en climat anglo-saxon.

b) Aspects sociaux et culturels

Les confréries soufies répondent à une double logique :

–  elles constituent souvent le point d’aboutissement d’une recherche individuelle, qu’il s’agisse de ‘‘convertis’’ [2] ou de musulmans natifs découvrant le soufisme, ou redécouvrant l’islam par le soufisme. « La conversion individualise les expériences, la confrérie les rassemble [3] ».

–  elles assurent le cadre protecteur de ces démarches individuelles, en prônant un esprit de groupe plus ou moins prononcé. Les voies où la méthode est sobre ou intellectualisée jouent moins sur ce sentiment d’appartenance confrérique.

Le profil social des affilés au soufisme est plus varié que celui des musulmans en général, car on y rencontre davantage de personnes atypiques, pluriculturelles par exemple, ou ayant un parcours complexe. Le nombre des ‘‘convertis’’ y est nettement supérieur : sauf dans des groupes d’immigrés repliés sur eux-mêmes, il oscille entre un quart des adeptes à …la quasi-totalité ; c’est le cas dans la Idrîsiyya du cheikh italien Abd al-Wahid Pallavicini, dont le représentant le plus connu en France est Abd al-Haqq Guiderdoni.

Les ‘‘convertis’’ se situent généralement à un niveau social et intellectuel supérieur à celui des immigrés ou descendants des immigrés, mais il faudrait observer des nuances. Un petit nombre d’entre eux a donc un rôle naturel de médiation entre islam et christianisme, cultures ‘‘orientales’’ et culture française. Les disparités peuvent être gênantes au sein même d’une confrérie ; c’est pourquoi la Butchîchiyya a opté pour la séparation entre disciples d’origine marocaine et disciples de souche européenne. Les clivages peuvent être aussi générationnels, et dus à des questions linguistiques : les anciens connaissent l’arabe mais parlent mal le français, et les jeunes l’inverse.

Une confrérie un peu élargie a en son sein des adeptes aux profils très variés, car le charisme du cheikh, ou de son représentant, est supposé estomper ces différences. Dans l’histoire des pays d’islam, les confréries traversaient le plus souvent toutes les classes sociales.

Le groupe ou la zâwiya propose d’évidence un espace de sociabilité, un réseau de solidarité, tantôt réconfortant, tantôt stimulant, et qui est assez souple pour accepter ou intégrer des êtres en recherche ou fragilisés par leurs expériences antérieures.

Quoi qu’il en soit, les cheikhs demandent à leurs disciples de poursuivre leurs études, d’acquérir des qualifications et donc une reconnaissance sociale. Ils refusent que se reproduise en France le schéma d’un confrérisme populaire qui, attaqué par les salafis et les réformistes, n’a que trop nui à l’image du soufisme en pays musulman.

A l’échelle individuelle ou collective, les soufis se disent apolitiques, et se montrent méfiants à l’égard des idéologies. Certains se refusent à tout engagement dans la cité, considérant que leur rôle est ailleurs, mais d’autres pensent que les spirituels musulmans doivent s’investir dans la vie publique, pour susciter une alternative à l’islamisme, ou à l’islam-affairisme, et aussi pour proposer à la société moderne des remèdes aux maux dont elle souffre. Cet engagement peut bien sûr, en parallèle, servir les intérêts de la confrérie et contribuer à sa promotion.

Pour l’instant, l’implication strictement politique se réduit, pour les soufis, à participer, à un niveau ou à un autre, au Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), non sans difficulté d’ailleurs [4].

Le terrain de prédilection des soufis français reste la culture. Beaucoup de groupes, déclarés en associations de type loi 1901, organisent séminaires de formation sur l’islam ou sur le soufisme, colloques, conférences et expositions, parfois à un haut niveau (Unesco, Sénat, Conseil de l’Europe, dans le cas de la ‘Alâwiyya).

La dimension interreligieuse y est souvent présente [5]. L’organe de la Idrîsiyya franco-italienne est l’Institut des Hautes Etudes Islamiques d’Embrun, qui édite des Cahiers thématiques et organise des colloques ; la ‘Alâwiyya, représentée à l’échelle internationale par A.I.S.A. [6], intervient dans le cadre de diverses associations, et constitue un projet de fondation [7] ; la Butchîchiyya a publié la revue Soufisme d’Orient et d’Occident  ; Muhammad Vâlsan, fils du cheikh Vâlsan, édite une « revue d’études traditionnelles », Science sacrée, dans un esprit très guénonien.

Les publications individuelles, provenant de divers courants du soufisme français, gardent un rythme conséquent, ainsi que les traductions de textes soufis, dont la qualité est toutefois inégale. L’émission télévisée islamique du dimanche matin avait précédemment comme animateur Abd al-Haqq Guiderdoni, déjà cité, et elle continue à s’intéresser au soufisme.

Au XIIe siècle, les soufis du Proche Orient ont été en grande partie à l’origine de la célébration du Mawlid, fête anniversaire de la naissance du Prophète, et de la même façon la ‘Alâwiyya a institué cette célébration sous forme publique, à Paris et en province, suivie désormais par d’autres groupes soufis.

Le soufisme de France, encore jeune, bénéficie d’une faculté d’adaptation susceptible de créer des formes inédites [8], et d’une liberté doctrinale qui fait défaut dans certains pays musulmans : les travaux fondamentaux accomplis sur la métaphysique d’Ibn ‘Arabî, en France notamment, n’auraient pu y voir le jour. L’Occident est aussi un terrain privilégié de rencontre entre les spiritualités, pas uniquement ‘‘monothéistes’’ [9].

L’attraction que le soufisme exerce actuellement en France, palpable chez le public féminin en particulier, dépasse le phénomène de mode. Elle correspond à un besoin réel de spiritualité et de sagesse dans ce monde en perte de valeurs et de repères intérieurs, besoin qui s’exprime également dans d’autres spiritualités représentées sur notre territoire.

En France, le soufisme peut apporter une réponse aux jeunes ‘‘issus de l’immigration’’ qui revendiquent une spiritualité universaliste puisque, à l’instar des autres membres de la société, ils sont pris dans la spirale de la mondialisation. Par sa verticalité, le soufisme peut les aider à s’ancrer dans une tradition islamique millénaire, par le biais du rattachement à l’une des grandes voies, mais aussi à se libérer des réflexes identitaires, des carcans ethniques ou familiaux.

Au-delà d’un apport proprement initiatique qui ne peut concerner qu’un nombre restreint de personnes, la culture soufie contribue à restaurer la primordialité spirituelle du message islamique, trop souvent étouffée par le juridisme, et à briser les facteurs d’instrumentalisation de la religion. S’il offre une voie spirituelle à certains Européens, le soufisme sert plus largement de médiateur entre l’islam et l’Occident.

 


[1] C. Keller, « Le soufisme en Europe occidentale », Scholarly Approaches to Religion Interreligious Perceptions, and Islam (éd. par J. Waardenburg), Berne, 1995, p. 381 et sq. ; M. Sedgwick, « European Neo-Sufi Movements in the Interwar Period », ?

[2] Nous plaçons ce mot entre guillemets car les personnes concernées ne l’aiment guère. Guénon disait que toute personne consciente de l’unité des traditions spirituelles était nécessairement « inconvertissable à quoi que ce soit » ; Etudes traditionnelles n° 270, sept. 1948, p. 237.

[3] L. Le Pape, « Engagement religieux, engagements politiques : Sociologie de la conversion dans une confrérie musulmane », in : n° spécial de la revue Archives des Sciences Sociales des Religions (éditions de l’EHESS), à paraître prochainement. Cette publication fait suite à une table ronde organisée en juin 2004 par H. Elboudrari, M. Haddad et M. Nabti à l’IISMM (EHESS), Paris.

[4] Cela concerne principalement la ‘Alâwiyya, la Idrîsiyya et la Butchîchiyya.

[5] Voir à ce sujet E. Geoffroy, « Le soufisme et l’ouverture interreligieuse », chapitre V de Initiation au soufisme, Paris, 2003.

[6] Association Internationale Soufie ‘Alâwiyya.

[7] Par ailleurs, le cheikh Bentounès est le fondateur des Scouts Musulmans de France et leur guide spirituel.

[8] C. Hamès, « L’Europe occidentale contemporaine », dans Les Voies d’Allah, Paris, 1996, p. 447.

[9] Cf. le séminaire annuel « Islam-Dharma » (Dharma étant le véritable nom de la voie bouddhiste).

20 commentaires

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  1. Rappelons que les soufistes ne sont rien d’autres que des musulmans sunnites (et chiites mais quasi inexistant en France voire inexistant à vérifier). Ce sont des musulmans sunnites d’abord dont le courant est le soufisme. Un soufiste est un abus de langage, ça ne veut rien dire.
    Ensuite, on peut avoir la certitude que Dieu existe comme tant de grands scientifiques et grands littéraires qui nourrissent encore nos pensées. C’est même salvateur. Si les certitudes borgnes, aveugles ou ignorantes sont dangereuses, heureusement que nous avons des certitudes saines et constructives. Par exemple, la certitude que le doute permet d’aboutir à une critique n’enlève pas la certitude que celle-ci doit être cartésienne. Sinon, on peut être certain que la pensée est faussée et imprégnée d’un imaginaire construit de manière plus ou moins chaotique et bigote.
    Par exemple, la certitude d’avoir une bonne logique est trompeuse. Celui qui n’a jamais douté de sa logique est forcément borgne ou finit le bigot de quelque chose. Seul un travail cartésien permet de corriger sa logique. La philosophie et les mathématiques font bon ménage par exemple.
    Si on peut être certain que Dieu existe, les soufis doivent tout de même faire travailler leur raison convenablement avec les bons outils. Leur dérive sectaire est reconnue et doit être évité.
    Enfin, si il y a une autre certitude, c’est que l’Homme peut toujours évoluer.

    • Bonjour Malik. Toujours autant de plaisir à vous lire:)
      Le soufisme c’est l’autre nom du” ihsen” qui est la station ultime après ” islam” et ” imen”. “ihsen” que je peux traduire par l’excellence dans l’adoration de Dieu comme si on Le voyait. L’adoration pas seulement en pratiquant les actes cultuels mais aussi en faisant le bien envers autrui. C’est la “Commanderie du Bien”

      je ne sais pas s’il faut diviser entre sunnite et chiite car les confrérie tiennent notre Prophète Bien-aimée en grande estime ainsi que sa famille ” ahl el bayt” en particulier Ali et Hussein. Par exemple, le Safavisme qui a donné par la suite la dynastie qui a régné en Iran de 1501 à 1736. Les Safavides sont issus d’un ordre religieux sunnite soufi militant , fondé au xive siècle. Ils se convertissent au chiisme duodécimain sous l’autorité de leur premier souverain, Ismaïl Ier (1487-1524). Cette conversion résulte d’une volonté de s’affirmer face à la domination des Ottomans sunnites. https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9f%C3%A9vides

      autre chose : les Ottomans sont connus pour être sunnite. Leur armée de janissaires est sous la protection d’un ordre soufi “chiite” : les bektachis. Ali Ibn Abi Taleb est très aimée par les soldats . c’est aussi le maître de la chevalerie( magnanimité, courage, intelligence etc). c’est aussi le cas pour Hussein.https://fr.wikipedia.org/wiki/Bektachi

      Bien à vous.

      • Merci Yasmina, je vous renvoie le compliment. Vous faites de judicieux rappels historiques et donnez des définitions précises. Merci pour vos commentaires instructifs.

        Bien sûr que la division sunnite-chiite n’existe que dans l’imaginaire de certains corrupteurs apporteurs de discorde. Je me retrouve malheureusement à utiliser dans mon langage ces erreurs absurdes.
        Pour être clair, tout musulman est sunnite, c’est-à-dire de la tradition prophétique, la sunna. Ce qui peut être différent est la pratique, c’est pour cela qu’on fait la différence entre chiisme, soufisme etc etc. Islam = Sunna = Tous unis dans nos différences.
        Le vrai musulman est surtout sunnite et accepte tous ces courants comme étant l’expression d’une diversité. C’est pour cela qu’on trouve des soufistes, des chiites, des hanafites, des malékites etc etc qui s’entendent depuis toujours très bien.

        D’autres objecteront que je fantasme la réalité en disant ce que je dis ci-dessus. Néanmoins, ils ne s’aperçoivent pas qu’ils parlent de l’Islamisme. C’est-à-dire, le pendant politique de l’Islam qui n’est absolument pas coranique. Là la distinction est bien réelle et propre aux hommes de pouvoir. C’est encore plus complexe car dans l’Islamisme, il y a encore différents courants. Par exemple, l’inspiration malékite donne naissance à plusieurs courants politiques autant que le chiisme en donne une multitude également. On n’est pas ici dans la religion mais dans la politique. En fait, il s’agit surtout de politiques musulmans aussi divers et variés que n’importe quel politique des autres pays. Leurs références en politique n’est simplement pas machiavel ou le traité de manipulation (ce sont les livres de chevet de nos politiques en France, leur bible politique en somme) mais d’autres auteurs simplement.

        Pour terminer, personne ne remet en cause les 5 piliers de l’Islam. C’est ça un muslman sunnite, c’est un musulman qui a fait sa chahada, qui prie, qui fait l’aumône, qui jeûne le mois sacré et qui fait le pélerinage dans la mesure du possible. La sunna, tous les musulmans la pratiquent tous les jours !

        Cordialement

    • Tout d’abord, Descartes est l’inventeur de l’éther, ou de théories vaseuses genre “La nature a horreur du vide”. Il a aussi posé une mur de Berlin entre l’homme et l’animal, contre toute logique.
      Bref.
      Descartes était un con, et je déplore l’assimilation entre cartésianisme et rigueur intellectuelle. Il serait temps de cesser d’inventer des génies du passé.
      Mais je lui concède l’invention de la logique infantile.
      A oublier, mais c’est en effet historique.
      Amen.

      • Hey, je sens que pour vous faire plaisir il faudrait parler de la logique inductive et la faire remonter à Aristote. C’est tout un art l’induction et la déduction tout de même. L’esprit cartésien est splendide, j’y rajouterais la fierté du devoir de Kant sans finir paumé et acariâtre comme fut sa triste vie. Cela lui apprendra à faire croire qu’on peut être raison pure et se couper de son coeur.
        Amine

        • Malik

          En fait si vous aviez pris le temps de lire Kant, vous sauriez que sa philosophie est imprégnée de protestantisme luthérien (notamment sous l’influence de sa mère dominatrice et dévote). Ce que l’on pourrait reprocher à Kant n’est pas de vouloir s’en remettre à la Raison, qui demeure un instrument divin de connaissance pour lui, mais d’avoir eu une vision européo-centrée de la culture.

          Personnellement je choisis Kant, notamment sa critique de la morale, contre n’importe quel de ces poseurs soufis qui avilissent l’islam avec leur “spiritualité” de supermarché et leur mépris des fondements de la foi.

  2. La gnose de René Guénon, est le fruit d’un parcours initiatique, amorcé en occident; au travers de son initiation dans une certaine école philosophique, à laquelle avait également appartenu l’émir Abdelkader.
    Elle est avant tout centrée sur le travail intérieur, le chemin des vertus, le retour à une certaine forme de pureté initiale.
    J’avoue avoir eu du mal a le suivre, notamment dans son évocation (dans le Roi du Monde) de l’existence très ancienne d’un centre spirituel qu’il nomme “agarttha” vestige d’une civilisation disparue avec le déluge.
    néanmoins une large part de sa pensée, produite en début de 20ème siècle (a partir de 1928) reste d’une grande pertinence au 21 ème
    bien à vous
    ps : quand aux rapprochés de Dieu dont vous faites état, je partage votre réticence
    “c’est ma foi, c’est ma certitude” ne me dit rien de bon.
    c’est dangereux un homme qui a des certitudes, toute l’histoire humaine le montre !!!

  3. La tendance actuelle est qu’on est en train de substituer l’islam au profit du soufisme, et ce à cause notamment du vide spirituel qui règne au sein des sociétés sécularisées.

    Personnellement, je ne crois plus en la purification du cœur (de l’âme ou de l’ego comme vous voulez). Je crois en revanche que l’être humain possède un mauvais penchant et un bon penchant, c’est tout, sans aller dans des détails et autres classifications propres au soufisme ; et que ces deux penchants se livrent une guerre sans merci. Rumi n’a-t-il pas dit qu’il y a du Moïse et du Pharaon chez l’homme ? Ce dernier possède intrinsèquement l’intuition et la force nécessaires pour faire face à cette double nature qui l’habite. A lui de faire pencher la balance du bon côté en optimisant sa nature saine tout en ne permettant pas que sa nature malsaine prenne le dessus. Combat titanesque qui est un combat de chaque instant !

    Je crois par contre à la force de l’amour, à la vertu, à la véritable connaissance qui est gnose… une gnose dans le sens guénonien qui s’oppose au soufisme qui n’est que le pendant mystique de l’islam et non son cœur comme d’aucuns l’affirment.

    Le cœur de l’islam, selon moi, c’est l’objectivation du dogme (‘aqida) ou, autrement dit, c’est vivre les commandements divins dans le sens de leur donner une forme concrète après avoir défini ses composantes. C’est aussi « être présent au monde », avoir la capacité de s’émerveiller.

    Je crois par contre à la force de l’amour, à la vertu, à la véritable connaissance qui est gnose… une gnose dans le sens guénonien qui s’oppose au soufisme qui n’est que le pendant mystique de l’islam et non son cœur comme d’aucuns l’affirment. J

    Je crois en la Vie dans ce qu’elle renferme de plus beau et de plus noble : la joie d’une rencontre, la beauté de la nature, le partage, le sens de la justice et de l’équité.

    Je suis également choqué par le terme « Amis d’Allah » que je remarque sans cesse dans les écrits soufis (et dont certains soufis s’affublent). Qui peut se prétendre ainsi hormis Ibrahim (Abraham) qui de source sûre fut surnommé « Khalil Allah » ? Je les vois les « amis de Dieu » autour de moi, dans mon quotidien, qui n’ont aucune miséricorde, qui traitent les autres de mécréants quand ces derniers ne partagent pas leurs points de vue… Je connais personnellement des personnes qui se déclarent athées et qui sont plus vertueuses, plus respectueuses de l’être humain que ces soi-disant «rapprochés de Dieu».

    Il n’y a pour moi de bonheur que dans l’accomplissement des Lois divines, dans la présence au monde, avec Dieu, pour Dieu, avec l’Homme, pour l’Homme…

  4. “Il y a mille embarcations sur la mer qui cherchent le même port”
    Le soufisme est une voie, parmi d’autres.
    qu’il reprenne corps et vie en occident ne me parait pas une mauvaise nouvelle.
    Les passerelles interconfessionnelles en seront très certainement facilitées.
    L’oeuvre de René Guenon est quasiment inconnue en occident.
    c’est normal, car elle est essentiellement spirituelle, symbolique, ésotérique, et d’un accès compliqué pour les profanes.
    Néanmoins quand il parle de l’occident, et de la perte de ses repères spirituels,il me parait être pertinent. ( à l’égard de l’occident, son ouvrage :” l’homme moderne” est sans concession.
    en évoquant le triomphe de l’intelligence, au détriment de l’intuition intellectuelle, il pose assez justement me semble-t-il le problème de nos élites ( nos énarques occidentaux)
    quand il parle d’une connaissance, ancestrale, relevant de la sagesse “non humaine” antérieure à tous les ages, il définit un fond commun partagé par toutes les les écoles initiatiques (hindouisme, bouddhisme, taoïsme, judaïsme, christianisme, islam, etc) que l’époque moderne ne souhaite plus prendre en compte.
    On peut ne pas être d’accord, sur certaines de ses analyses, mais néanmoins son oeuvre, totalement a-dogmatique mérite qu’on la prenne en considération me semble-t-il

  5. L’auteur a commencé par un joli rappel des échanges et richesses interculturelles avec l’Islam en faisant un zoom sur le soufisme. Il montre que la spiritualité musulmane permet l’intégration. Nos élites semblent l’apprécier et ils ont bien raison.
    Couper le soufisme de sa tradition millénaire dans une tentative de sécularisation ne pourra pas être engagée puisque ce n’est ni l’objectif du soufisme ni l’objectif de l’Islam tout court. C’est bien vrai. L’Islam reste en effet une affaire individuelle dont les imams n’ont comme seul but que de diriger la prière et d’étudier les textes pour ensuite les rapporter aux musulmans. Ce sont des guides qui produisent matière à penser et pas du prêt-à-penser.
    C’est un faux problème et un faux débat que de croire en une organisation type églises de l’Islam. On parle en terme d’écoles. Chaque école fournit une manière de pensée et de vivre l’Islam et chaque école est depuis toujours en consensus concernant le textes coraniques qui définit strictement les bases même de l’Islam : les 5 piliers de l’Islam dit-on. Ces 5 piliers ne sortent pas de nul part et aboutissent bel et bien à une diversité de pensée propre à l’Homme. Une pensée par la raison, d’où les écoles, à La Lumière coranique. Il a un seul Islam et différentes cultures.
    Ce qui est marrant c’est que l’article appel à un retour aux fondamentaux et par conséquent est fondamentaliste. On peut être d’accord que le retour aux textes et leur étude permet une ouverture très prometteuse.
    Que certains soufis se transforment en sortes de moines ascètes vivant reclus de la société aboutissant à une sorte de confrérie sectaire a toujours été critiqué en Islam car ils se doivent de participer et de rester intégrés à la société. La vie religieuse doit être en accord avec la société et s’épanouir avec ses différentes composantes. C’est ici que l’effort de certains soufistes sectaires doit se faire.
    L’auteur voit juste à bien des égards.

  6. quel soufisme?! on est musulmans et tolérons je veux rien savoir de vos sectes! vous jouer à la division des musulmans? pour moi ni soufisme ni wahabisme ni salafisme ni malekisme ni hanafisme chafaisme et je sais lire le coran et personne ne peut me tromper avec ses fantasme!

    • Ibn

      Vous avez de la chance de voir vos messages affichés! Mes réponses contradictoires concernant l’imposture soufi et son charabia new age sont systématiquement censurées. De quoi Oumma.com a-t-il donc peur?

        • patrice

          Cela fait près de 15 ans que je fréquente ce site, je ne vais pas me laisser entraîner dans des débats de cours de récré par le premier ignorant venu.

          Apprenez l’islam, réfléchissez sur ses fondements tels que [tawhid], sur l’exemple du noble Prophète (saw), ou sur la valeur de la prière comme à la fois preuve d’amour et dialogue… Seulement ensuite revenez nous voir pour débattre de cette arnaque qu’est le soufisme contemporain avec par exemple la multiplication des sectes/confréries, ou des con..ries du genre la “mondialisation de l’Esprit”.

          Sans parler du racisme latent de la part de l’auteur selon qui les convertis sont “intellectuellement supérieurs aux descendants d’immigrés”. Déjà rien que là vous auriez dû ouvrir les yeux sur cette posture consternante de la part d’un soi-disant musulman (converti bien entendu). Mais bon passons.

          • Voilà! Vous ne pouvez pas vous empêcher. votre agressivité transparaît encore une fois. Il y a 15 ans vous avez fait fuir tout le monde. Le site était différent justement par la diversité des contributeurs aussi bien parmi les auteurs que parmi les commentateurs. Cette diversité a disparu et je le regrette.

            Patrice apporte un bol d’air frais au site. il a de l’humour et beaucoup de bon sens. Il n’a jamais prétendu connaitre l’islam. Il pose les bonnes questions. il veut comprendre . Où est le mal à ça? Il est Peut être superficiel mais c’est tout un art que de l’être. Mais je crois que c’est une posture pour cacher un désarroi…. Bref, J’aimerais écrire comme lui.

            Par ailleurs, commencez à appliquer votre judicieux conseil à vous m^me car vous donnez de l’islam et des musulmans l’image repoussante que les ennemis veulent lui donner.
            “N’agressez pas. Si vous êtes agressés, ripostez de la même manière dont vous avez été agressés et, toutefois, restez pieux envers Dieu. » C’est ça la règle dans le Coran.

            Je ne retiens comme hadith vrai que celui qui concorde avec le Coran. Par exemple, ce hadith : « Le musulman est celui qui ne porte aucun préjudice aux autres ni par sa langue ni par sa main. » C’est un propos qui définit exactement le Prophète, homme pacifique s’il en est. Et qui est en parfaite adéquation avec le Livre, lequel dit, en quelque sorte : « Foutez-vous la paix mutuellement. »

          • Tout d’abord, merci pour votre réponse, et merci à Yasmina pour son indulgence. Il faut dire que nos débats ne remontent pas à hier…
            J’ai d’ailleurs beaucoup appris en débattant avec des musulmans. Entre autres, le fait que le mur qui nous séparait d’eux était aussi facile à détruire que celui de Berlin.
            L’important est juste de garder le contact, et discuter, vu que, comme disait Hegel (de mémoire) “De la discussion naît la lumière”.
            A part ça, vous avez raison: Je connais mal l’Islam. Mieux que la plupart des autres anciens chrétiens, mais moins bien que les spécialistes. Par contre, je suis un humaniste, avec des connaissances philosophiques ou surtout scientifiques non négligeables. (même si j’a débuté littéraire).
            A ce propos, un autre grand merci à Yasmina, au sujet de ses compliments sur mon style. Mais vous écrivez aussi passablement bien, donc c’est sans doute l’éloge d’une égale. Je prends quand même.
            Bref.
            A part ça, je ne vois pas en quoi le soufisme constituerait une arnaque. Parce qu’ils ne tuent personne?
            Accessoirement, j’aimerais que vous définissiez plus clairement ce que vous appelez “ignorance”. La compréhension de la Relativité Générale, ça compte? Ou on se contente juste de livres rédigés au septième siècle?
            Perso, je touche à tout.
            Et j’essaie d’apporter à ce site des données récentes, comme la défense du darwinisme, qui, soi dit en passant contredit le Coran.
            Faut faire avec, hombre. Les savants dont vous parlez ne sont pas savants.
            Le révéler est la mission que le diable m’a confiée sur Terre.
            Eh, je déconne!
            Mes amitiés, Yasmina.

        • yasmina

          La vérité et les faits vous dérangent: c’est votre problème, n’en rejetez pas la cause sur les autres. En outre, l’islam ce n’est pas comme des boîtes de céréales qui vous pouvez choisir à votre guise au supermarché… Surtout, si vous vous essayez à énoncer des hadiths ou à faire référence au noble Quran, citez vos sources exactes, c’est une question de crédibilité argumentative, et j’oserais dire, d’honnêteté intellectuelle.

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