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Grande-Bretagne : deux lycéens musulmans placés à l’isolement pour avoir refusé de se raser la barbe

C’est une mise au piquet on ne peut plus répressive et guère charitable pour un lycée privé catholique, deux adolescents musulmans qui poursuivent leur scolarité au sein de l’école Mont Carmel, dans le comté du Lancashire, sont maintenus à l’isolement six heures et demie par jour pour avoir refusé de se raser la barbe.

Sauf à considérer que la vue de cette pilosité masculine constitue un trouble manifeste à la paix de l’établissement, la sanction disciplinaire qui met en quarantaine deux lycéens au seul et unique motif que leur apparence extérieure se conforme à une prescription religieuse, sans que leur comportement avec autrui et leurs résultats scolaires ne soient mis en cause, paraît disproportionnée et peu pédagogique.

Bannis de leur classe, les deux élèves, déjà à part, ressentent douloureusement leur singularité en étant marqués au fer rouge de l’infréquentabilité, alors qu’ils avaient fait le choix d’intégrer cette école catholique, où ils avaient été admis en connaissance de cause, pour son éthique, ses valeurs et son excellente réputation.

Xavier Bowers, le chef d’établissement, n’est pas disposé à infléchir sa décision, qu’il assure ne pas avoir prise à la légère et à l’issue d’une concertation menée auprès de musulmans afin de savoir si le port de la barbe était une obligation coranique incontournable. Balayant d’un revers de main l’accusation de « discrimination pure » qui scandalise les familles des deux jeunes garçons, la communauté musulmane locale mais aussi certains camarades de classe catholiques, le directeur de l’école Mont Carmel affirme que cette mise à l’écart ne relève nullement de l’intolérance religieuse, mais applique à la lettre le règlement interne lié au code vestimentaire. Reste à savoir si cet ostracisme éducatif était prévu dans les alinéas du règlement, à moins qu’il n’y apparaisse qu’en filigrane…

"Ils ont choisi cette école parce que c'est dans leur domaine et qu’elle est connue pour ses très bons résultats. L'école doit avoir une politique d'ouverture et elle doit accepter des élèves de toutes les religions", clame l’un des proches des deux jeunes gens, déplorant vivement devant la presse du comté qu’ils ne "soient  pas autorisés à se mélanger avec n'importe qui ou parler à des amis. C'est de la discrimination pure".

Des négociations sont actuellement en cours entre les familles et la direction de l’école afin de lever cette punition plus traumatisante que formatrice, à un âge où la personnalité se forge, et de privilégier le dialogue à toute forme d'exclusion, source d'un ressentiment qui peut poursuivre toute la vie.

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