Le Synode général de l’Église d’Angleterre a adopté, le 13 juillet, une motion appelant à « entendre » les voix des chrétiens palestiniens et à dialoguer avec elles. Ces derniers dénoncent, dans le document Kairos II, une situation marquée par le génocide, le nettoyage ethnique et les déplacements forcés.
Lors des débats, l’archevêque de Canterbury, Sarah Mullally, a déclaré que « la Palestine est en train de disparaître ». Elle a appelé à une « solidarité nouvelle et active » envers tous les peuples de Terre sainte, rappelant que les Palestiniens comme les Israéliens ont le droit de vivre libres de la guerre, du terrorisme, de l’occupation et de l’oppression.
« Quand je dis que le peuple palestinien mérite sa liberté, il ne s’agit pas d’une prise de position politique, mais morale et spirituelle », a-t-elle affirmé. Elle a également insisté sur la nécessité de respecter le droit international humanitaire en Israël et en Palestine. La motion exprime par ailleurs le repentir de l’Église pour sa contribution historique à l’antisémitisme et à la situation actuelle du peuple palestinien. Le Synode a réaffirmé son rejet de l’antisémitisme comme de l’hostilité envers les musulmans, alors que les actes visant les communautés juives et musulmanes ont atteint des niveaux records au Royaume-Uni ces dernières années.
Plusieurs responsables religieux ont enfin appelé l’Église à jouer un rôle dans la reconstruction du dialogue et de l’unité, dans un climat marqué par la peur, les tensions communautaires et la montée des discours hostiles à l’immigration.
Cette prise de position marque une évolution importante dans le discours de l’Église d’Angleterre. En choisissant d’« entendre » la parole des Palestiniens, tout en réaffirmant son rejet de l’antisémitisme et de l’hostilité antimusulmane, elle tente de tenir une ligne d’équilibre. Le débat autour du mot « entendre », préféré à « recevoir », montre cependant les fortes tensions qui entourent encore toute reconnaissance publique de la souffrance palestinienne. Malgré ces précautions, le message reste clair : défendre la liberté et la dignité du peuple palestinien relève, selon l’archevêque de Canterbury, d’une exigence morale et spirituelle.



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