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D’un populisme à l’autre ou phénomène des vases communicants ?

« Ce n’est pas l’intelligence stratégique ou tactique de Mrs Thatcher qui a métamorphosé l’Angleterre, mais son incroyable ténacité. (…) Les élites traditionnelles ne sont pas obstinées : leur tempérament naturel les porte à l’accommodement. » Alain Minc, Le crépuscule des petits dieux, éd. Grasset.

« Les phénomènes du retour « aux tribus » et du « retour à l’utérus », tous deux extrêmement tributaires du « retour à Hobbes » actuellement à l’œuvre, trouvent principalement leur origine dans la peur que suscite l’avenir, inhérente à un présent désespérément capricieux et incertain.»  Zygmunt Bauman, RETROTOPIA, éd. Premier Parallèle.

 

L’excellent livre sous la direction de Bertrand Badie et Dominique Vidal analyse avec force et détails Le retour des populismes (éd. La Fabrique), comme un mouvement de pendule de l’Histoire. Ce que feu Zygmunt Bauman appellait une « rétrotopie », inverse de l’Utopie, qui consiste à idéaliser le passé et à ne plus croire au futur ni au progrès ni aux élites, parce que corrompues par un ultra-libéralisme qui ne servirait pas les intérêts du peuple.

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Bien loin l’époque où l’on pouvait voir et écouter cette pub avec ce fameux slogan, « en France on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ». C’était après le choc pétrolier de 1972, époque des Etats souverains, chacun avec sa monnaie nationale, et l’idée naïve du progrès et des ressources illimitées (Le Progrès en procès, in Le Monde diplomatique, Manière de voir, Octobre-Novembre 2018, n°161). C’était encore le temps des vaches grasses.

Hélas ! C’était sans compter quelques décennies plus tard les effets de la mondialisation, la victoire de l’ultralibéralisme, et notamment l’émergence de la Chine, de l’Inde, du Brésil, la renaissance de la Russie… et les aspirations de réelles indépendances africaines : rappelons-nous des manifestations scandant « L’armée française dehors » ou encore plus récemment le gouvernement italien[1] accusant la France de maintenir le chaos en Libye pour défendre ses intérêts.

Du monde bipolaire que nous avions connu, avec une rivalité entre le bloc Est procommuniste et le bloc Ouest pro-libéral, que reste-t-il aujourd’hui ? Il nous faudra encore des décennies pour réaliser le changement de paradigme et les effets d’un monde multipolaire mondialisé. D’aucuns y voient une jungle féroce entre multinationales et actionnaires avides de dividendes, et des politiques poings et mains liées à la Finance. Alors que la réalité révèle une situation bien plus complexe (Sous la dir. Bertrand Badie et Dominique Vidal, Qui gouverne le monde ?, éd. La Fabrique).

D’autres au contraire, y voient une chance de repenser les rapports au monde via les différents flux de communications, du commerce, du tourisme et des loisirs, malgré la menace écologique qui nous attend et les conflits inhérents.

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Aux révoltes du printemps arabe qui avaient suscité un enthousiasme mondial, et aux chantres du libéralisme qui y voyaient les signes d’une victoire totale aux aspirations démocratiques, et à une volonté de culture de la consommation, de culture de masse, que reste-t-il de toutes ces illusions lorsque le marché et les multinationales reprennent le contrôle des ressources, et les dirigeants politiques revenant à leurs vieilles pratiques autoritaires et rentières ?

Or, ces mouvements populaires voire populistes à travers le monde ne sont-ils pas les résultats de l’effet papillon, ou un phénomène de vases communicants inhérent à la mondialisation ? Après tout, l’islamisme incarné par la révolution iranienne en 1979 ou celle du FIS en Algérie dans les années 90, n’était-il pas aussi porté par une forme de populisme ? Le premier aura via l’Ayatollah Khomeyni imposé une théocratie et inspiré nombre de groupes révolutionnaires voire terroristes (Cf, Kepel, Burgat), et le second échoué pour finir dans une guerre civile terrible.

Ce qui explique pourquoi le soulèvement des algériens le 22 février 2019 s’était déroulé dans le calme, le respect, tout en ayant à l’esprit de ne plus réitérer les mêmes erreurs du passé et l’espoir du renversement du régime de Bouteflika pour instaurer enfin la démocratie… et pendant ce temps, en parallèle la répression policière d’une violence inouïe contre le mouvement des gilets jaunes sur notre hexagone faisait rage.

Oui, en France où nous avions longtemps et naïvement cru être à l’abri via nos élites jurant de garantir l’intérêt commun alors qu’ils défendent plutôt celui des riches (exonération de l’ISF, GAFA qui échappent à l’impôt, dumping fiscal, etc), ce populisme des élites, ce que Macron qualifie de populisme progressiste, se portant comme défenseur du marché et des foules, une communion générale où les stratèges en communication se voient comme les interprètes et les avocats de la volonté populaire, et où les marques comme Benetton, Macintosh, Nike… garanties et chantres de la justice sociale, utopie où celles-ci remplaceraient les mouvements sociaux (Thomas Frank, Le marché défenseur des foules, in Tous populistes !, le Monde diplomatique, Manière de voir Avril-Mai 2019, n°164, lire aussi Thomas Frank, Le marché de droit divin, Capitalisme sauvage & populisme de marché, éd. Agone).

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Et on disait que l’Histoire était en train de s’écrire là-bas sous d’autres cieux comme si nous étions morts. Et pourtant ! Qui aurait cru que la crise des gilets jaunes prendrait une telle ampleur, malgré le climat et le contexte de crispation identitaire et économique, bien loin de la vague d’espérance et de volonté de changement de mai 68. Retrouver ce sentiment bien loin des réseaux sociaux nous atomisant comme des particules éparses et résignées, autour des ronds-points et autour d’un verre pour renouer le dialogue et la lutte sociale, voire des classes.

Il n’était guère surprenant de retrouver aussi cette question sur ces autres oubliés, ces autres invisibles (souvent trop visibles via le prisme médiatique et du fantasme) : Les banlieues sont-elles gilets jaunes ? Comme si l’on nous disait, ces français-là sont-ils des français à part entière ? Et d’ailleurs les journalistes (dans Le Média[2]) sont allés à la rencontre des comités gilets jaunes de la Courneuve et de Montreuil, et du comité Adama, qui avait appelé à la jonction entre les gilets jaunes et les quartiers populaires. Terme de jonction qui est lui-même critiqué, comme si la banlieue représentait un bloc monolithique, alimentant les représentations d’une zone de non-droit ou d’une France à part, un peu comme les quartiers arabes sous la colonisation française.

Et cela renvoie aussi à tout un imaginaire et toutes les représentations que vit cette diversité avec toujours cette question : la place des français de confession musulmane en France[3] . Et ce depuis 1945 le fait d’avoir aussi participé aux Trente Glorieuses, puis vécu la tourmente des indépendances, le rapatriement des harkis, le regroupement familial des ouvriers immigrés ; cela n’a pas dissipé les enjeux d’une implantation durable[4] (intégration, assimilation) et les problématiques autour de représentations ambivalentes, soit celle du chibani qui s’est battu contre l’Allemagne ou en Indochine et a travaillé toute sa vie pour la France et qui pouvaient être aussi sympathisants et rentrer dans les rangs des « terroristes du FLN » selon la formule consacrée par la presse coloniale, qui avaient combattu pour l’indépendance de l’Algérie, cause relayée on s’en souvient par Jean-Paul Sartre ; soit aussi l’image de figures emblématiques devenues figures nationales telles que Zidane lors de la Coupe du Monde 1998 ou Jamel Debbouze avec son Jamel Comedy Club en opposition à la réalité économico-sociale dont le point culminant a été les émeutes des banlieues (2005) et de cette jeunesse exclue[5]… c’était encore l’époque « des tournantes » et des Ni Putes Ni Soumises, bien avant les attentats de Toulouse, Nice, Charlie, Bataclan : au mieux on les stigmatisait d’avoir une posture victimaire ou de voyous, et plus récemment  de complotistes voire d’ennemis intérieurs[6].

Gérard Noiriel a raison de rappeler que le tournant a eu lieu en 1983, annonçant la mort des acquis du Front Populaire : « Un printemps syndical émerge dans l’industrie automobile, sous l’impulsion des ouvriers spécialisés (OS). Mais ceux-ci ne parviennent pas à entraîner dans leur sillage les autres composantes du monde ouvrier. Sous l’influence des médias (déjà), qui multiplient les reportages montrant des musulmans faisant leurs prières dans les ateliers, Pierre Mauroy, le premier ministre socialiste, finira par déclarer en janvier 1983 : « Les principales difficultés qui demeurent sont posées par des travailleurs immigrés (…) qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec la réalité sociale française ». L’argument traditionnel de la droite, visant à discréditer les luttes sociales en présentant les grévistes comme des agitateurs à la solde de l’étranger, est avalisée par celui qui appartient au même parti et qui occupe la même fonction que Léon Blum en 1936 » (in, Gerard Noiriel, L’invention du Front Populaire, Le Monde Diplomatique, Manière de voir, Octobre-Novembre 2018, n°161)

Comme s’il y avait impossibilité de tous ces français de débattre dans le concert national comme au temps où la France nous avait donné l’habitude de débats animés entre communistes, anarchistes, situationnistes, socialistes, centristes… et libéraux, avec des citoyens d’origine italienne, espagnole, polonaise, juifs intégrés ou assimilés : ces manifestations qui faisaient la fierté de notre liberté démocratique. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Chantal Mouffe explique que nous sommes dans un instant populiste caractérisé par le post-politique et le post-démocratique. Nous ne reviendrons pas sur le débat entre populisme de gauche et populisme de droite (Cf, Chantal Mouffe et Alain de Benoist : le populisme en question, in l’émission Interdit d’Interdire sur RT France, animée par Frederic Taddeï).

Tout cela a une résonnance historique avec la situation des juifs depuis l’affaire Dreyfus qui étaient considérés comme traitres à la nation. Rappelons-nous aussi de la chape de silence qui avait recouvert pendant un certain temps ces italiens qui étaient venus sur le Territoire français en nombre[7], notamment après la seconde mondiale, et bien après le stigmate de fascisme lié à Mussolini, et bien après la réputation d’ennemis intérieurs suite au massacre d’italiens à Aigues-Mortes (16-17 août 1893) et l’assassinat du président Sadi Carnot (25 juin 1894) par un certain Geronimo Caserio, anarchiste italien. Et cela longtemps avant la guerre d’Algérie qu’on appelait pudiquement les événements. Et sans parler de l’affaire Matteotti qui avait permis de légitimer la mise en place du fascisme et de Mussolini. Il est certain que l’histoire du terrorisme et celle du populisme sont étroitement liées.

Evoquons aussi cette période d’attentats en Italie entre 1969 et 1982[8], communément appelée « années de plombs », lorsque les tensions entre l’extrême gauche et l’extrême droite étaient à leur paroxysme. Notamment l’attentat du 12 décembre 1969 lorsqu’une bombe avait explosée à Piazza di Fontana à Milan, faisant 13 morts et 85 blessés, et c’est finalement l’extrême gauche qui avait été accusée à tort par un calcul politicien des autorités soutenues par la CIA pour empêcher l’élection du parti communiste. Cela rappelle aussi quelques années plus tard, le 11 septembre 1973 bien avant Ben Laden, le putch de Augusto Pinochet avec le soutien de la CIA, qui avait bombardé le siège du palais de la Moneda alors que Salvador Allende le président élu par le peuple chilien y était. Ce dernier par fierté et esprit de dignité s’était donné la mort avant qu’on ne vienne l’arrêter. Et que dire de la situation actuelle du Venezuela, comme un remake ? (Gilles Ferragu, Histoire du terrorisme, éd. Perrin, coll. Tempus)

Comment ne pas citer les trois athlètes aux JO de Mexico en 1968, dont deux avaient levé le poing[9] en référence aux Black Panthers pour revendiquer la lutte de leurs droits dans le cadre des mouvements civiques aux Etats-Unis. Et l’affaire du Watergate quelques années plus tard ! Epoque tout aussi trouble, voire peut-être même plus violente. Et pourtant en 2019 le combat pour la liberté et pour une réelle justice sociale et égalité n’a jamais été autant d’actualité, notamment dans cette Amérique de Trump où politique rime avec populisme. Sauf qu’aujourd’hui, les ennemis ne seraient plus seulement les communistes, mais les immigrés, les musulmans, les élites, les banques, les multinationales, les pays concurrents, les femmes, les gays, etc. Un climat anxiogène à son paroxysme, nourri de ressentiment de peur du déclassement…

Pour revenir à notre échelle locale, on pourrait même affirmé que le sort des dernières vagues d’immigration et des banlieues rebaptisées Territoires perdus de la République, était déjà en soi annonciateur ou le symptôme de cette crise politique inscrite dans une lecture messianique et apocalyptique liée à un prétendu « Choc des civilisations » ou autre « Grand Remplacement », et cela afin de conforter nos élites avec la conscience tranquille dans une politique interventionniste sous couvert de guerre contre le terrorisme. Conditions idéales pour préparer le lit du populisme.

En effet, quelle occasion manquée en 2003, lorsque De Villepin s’était opposé à la guerre en Irak alors que Colin Powell arborait une fiole fallacieuse censée justifier l’utilisation d’armes de destruction massive de la part de Saddam Hussein !  Cela aurait pu susciter le même engouement populaire que dans les années 60 contre la guerre du Vietnam ou la guerre d’Algérie, mais nous n’étions plus dans le même contexte des trente glorieuses, de tiers-mondisme et de décolonisation, ou encore dans l’élan d’espoir suscité par l’élection de Mitterrand dans les années 80 et tous ces artistes engagés dans les mouvements antiracistes ou Resto-du-cœur.

Quel changement depuis Sarkozy et son virage à 180 degrés quelques années plus tard, dirigeant la France dans une politique interventionniste avec des débats et la création du ministère de l’identité nationale (Concomitant avec le renversement du régime de Gbagbo, lynchage de Kadhafi et les vagues d’attentats). Et récemment les pubs en boucle, et les affiches rappelant de tristes souvenirs : « engagez-vous dans l’armée ».

Il ne suffira pas non plus de l’obstination et de la ténacité d’un homme politique providentiel comme le suggérait déjà Alain Minc en 2005 dans Le crépuscule des petits Dieux, au lendemain du référendum sur le Traité Européen, puis ratifié plus tard en 2007 par le président Nicolas Sarkozy pour comprendre l’inquiétude des citoyens français en particulier, et du monde occidental en général ; posture pour le moins dépassée, et qui rappelle à bien des égards la figure du Roi Soleil ou de Napoléon, fondée sur une souveraineté et une logique de l’état-nation sur le modèle Westphalien ou centralisation héritée du modèle jacobin. Ténacité pour le moins critiquable quant au sujet des affaires judiciaires en cours (écoutes téléphoniques, affaire libyenne, affaire Balkany, Benalla, etc).

De plus, Jacques Saint de Saint Victor (in Challenges, Fortunes de France classement des « 500 », juillet-Août 2019) rappelle avec justesse que «Les années 80 changent tout. Sur le plan philosophique, ces années Reagan-Thatcher reposent sur la pensée libérale antirépublicaine de Hayek, qui, dans Droit législation et liberté, justifie l’inégalité sociale au nom du marché. Les classes populaires n’ont pas réagi immédiatement, probablement par « haine de soi ». Elles ont pu aussi nourrir un espoir de richesse facile. C’est l’époque de la gauche tendance Reagan.

(…) Le tournant (de la haine des riches) a commencé par la crise des subprimes (2008) puis, à partir de 2016, un sentiment de s’être fait berner commence à se diffuser un peu partout. On dénonce le discours « réformiste » des élites des années 1980 à 2000. C’est la victoire de Trump aux Etats-Unis, le Brexit en Angleterre en 2016, l’échec de Renzi en Italie, l’effondrement de Hollande en France. Le peuple se rebelle parce qu’il n’a pas adhéré à la mondialisation pour que Mittal ferme ses usines en France. Pressentant le pire, (…) »

De même à l’échelle internationale, cette vision classique de la politique des rapports diplomatiques et du monde est complètement dépassée, et c’est peut-être cela que le peuple reproche à ces élites qui maintiennent leurs ouailles dans une forme de rapport paternaliste à la De Gaulle. Comme si le temps s’était arrêté et que le monde n’avait pas changé ! Un monde où tout doit être appréhendé de façon multifactorielle, multi scalaire, pluridisciplinaire, tant la complexité des échanges est imbriquée dans des enjeux qui dépassent souvent la version officielle relayée par nos médias (Cf, Chomsky, les médias et la propagande). Bertrand Badie (Quand l’Histoire commence, éd. CNRS) a raison de poser comme problématique : « Et si la fin des relations internationales classiques, celle des diplomates et des soldats d’antan, était en réalité le début d’une nouvelle histoire ?

Si commençait alors l’Histoire, celle non plus seulement des Etats rivaux, mais la vraie, la totale, celle de l’humanité tout entière et des sociétés compénétrées ? »

Et ceux qui ont voyagé à travers l’Asie, et même l’Afrique, ont pu le constater, l’émergence d’une classe moyenne, les signes distinctifs de richesse quant à la construction de buildings, de villas somptueuses, une jeunesse interconnectée et consommatrice de Fashion Wear sur fond de World Music, même s’il reste encore beaucoup à faire. Et cela provoque des inégalités, des mécontentements quant aux exclus de la mondialisation, à l’instar de nos gilets jaunes. En cela, les populismes ont davantage de points communs qu’ils ne l’imaginent, au-delà de leurs différences culturelles ou religieuses.

Et d’ailleurs Bertrand Badie a raison de dire que ce qui fait l’Histoire ce n’est plus la relation entre Etats ou diplomates, réduction du monde à la vision du prince, mais plutôt la réalité sociale. Et que l’approche anthropologique et sociologique a plus de pertinence pour expliquer le monde que ne l’aurait une étude sur les rapports entre chancelleries. On le voit très bien dans les régions du Sahara et du Sahel où l’Etat n’a que peu d’emprise, face à la multiplicité des flux migratoires, culturels, commerciaux, trafics, etc.

Sur le long terme cela justifiait à l’échelle nationale une forme de démission voire de résignation du politique quant à la résolution des problèmes liées à l’immigration, l’intégration, la lutte contre les discriminations, et la lutte contre les inégalités. Pourtant la poudrière sociale et économique de ces franges de la population n’est en rien différente au sort réservé aux noirs d’Amérique (Cf, James Baldwin, Je ne suis pas votre nègre, film de Raoul Peck, in Arte).

Puis chacun arguant que de toute façon les fondamentalistes salafistes ont gagné la légitimité de la représentativité de l’islam et qu’il faille prendre au sérieux leur discours. Et que cela annonçait déjà la lame de fond de la vague populiste qui allait déferler dans le champ médiatique et politique à travers le monde, toujours en stigmatisant ces nouveaux boucs-émissaires. Mais concrètement, cela sert les intérêts de qui que de vouloir mettre tous les français de confession musulmane ou les musulmans du monde entier dans le même panier ?

La preuve, qui aurait l’idée de réduire la complexité de la réalité politique française à seulement quelques casseurs lors des manifestations des gilets jaunes, et faisant l’impasse sur la « dissolution » de tous les partis politiques en France, ou plutôt leur mutisme face à répression d’une violence inouïe de la part des CRS ? Peut-être Fox News, ou ceux qui avaient osé affirmer que le mouvement était dirigé par l’extrême gauche, puis l’extrême droite, et même infiltré par les frères musulmans ! Alors que les partis traditionnels représentaient jusqu’ici la pluralité et la diversité du champ des idées agglomérées autour de l’opposition gauche droite. Et bizarrement, ce fait qui est un événement capital de la crise démocratique en France, n’a pas fait couler autant d’encre que l’approche de l’instantanéité des événements via la violence toujours alimentée par le scoop et la recherche de toujours plus d’émotions et de sang, pour justifier des lois liberticides et la criminalisation de la contestation politique. (Vanessa Codaccioni, Répression, L’Etat face aux contestations politiques, éd. Textuel)

Michel Onfray aura beau rappeler dans l’émission « C à vous »[10] face à Patrick Cohen, comme nombre de journalistes dans un autre registre qui prêtent à la nostalgie d’une certaine France (Zemmour, Finkielkrault), en reparlant de cette époque où les ouvriers quelles que soit leurs origines et leurs confessions unis dans la lutte du prolétariat contre les abus du patronat, ce peuple comme le qualifie Onfray « Old school » du parti communiste français, de gens qui étaient syndiqués, qui distribuaient le journal L’Huma, qui avaient une culture populaire commune et pour intellectuels Aragon, Triolet, Pignon, Léger, des peintres, des musiciens, etc. Il  a raison de rappeler qu’il y avait une langue politique et une bibliothèque partagée, un fonds commun de discours, les attentes propres à une génération qui dessinait les Internationales politiques, idéologiques, culturelles, sociales.

En effet, qu’en est-il des mouvements avant-gardistes et de la contre-culture[11] qui étaient des indicateurs de la richesse et de la bonne santé de notre démocratie ? Et cette sympathie pour tous ces mouvements contestataires que l’on considérait comme des fièvres juvéniles passagères, voire nécessaires ? Alors que de nos jours la moindre critique du système ou de tel ou tel sujet, est passée en boucle pour alimenter les polémiques, voire finir devant les tribunaux. Que reste-t-il de l’influence intellectuelle de figures telles qu’Adorno, Marcuse, Castoriadis, Lefort, Debord, pour solidariser les générations et redécouvrir les théories de l’aliénation et de l’exploitation[12] ? Que reste-t-il de ces étudiants du baby-boom qui ont fait mai 68 ? La plupart sont devenus les élites dirigeantes de notre pays. Ce bel héritage n’aura au final accouché que d’un système politique et financier à mille lieues d’une Europe sociale et de la diversité des cultures qu’imaginait Victor Hugo ou Romain Roland…

Mais ce qui est intéressant, ce n’est pas tant de répéter comme une litanie ce que tout le monde constate, mais plutôt, qu’y a-t-il derrière par exemple la crise des gilets jaunes à l’instar des indignés de Podemos et la montée de l’extrême droite depuis des décennies partout en Occident ? Une colère générale et diffuse touchant toutes les couches sociales, et la faillite de nos élites à représenter les intérêts du peuple ou le bien commun.

Et pour se faire, il faut changer de lunette et sortir de cette grille de lecture occidentalo-centrée (Cf, sous la direction de Bertrand Badie & Dominique Vidal, Qui gouverne le monde ?, éd. La Fabrique). Oui, il faut le dire, les citoyens de l’Europe et des Etats-Unis d’Amérique se retrouvent pour la première fois depuis longtemps dans la même perspective que les ottomans au lendemain du basculement géopolitique et économique qui aura vu l’effondrement de leur hégémonie et de leur Empire. (La grande histoire du monde arabe, François Reynaert, éd. Poche)

Pourtant, malgré les apparences, jamais théorie n’aura été aussi critiquée, voire contredite par les faits que celle de Samuel Huntington, à savoir le choc des civilisations. Vision éculée de blocs hermétiquement séparés, et inspirée de la tectonique des plaques, approche épistémologique pour le moins datée et dépassée face à la réalité plus complexe et plus proche de la théorie des rhizomes de Derrida. En effet, Youssef Courbage et Emmanuel Todd dans un excellent livre Le rendez-vous des civilisations (éd. Seuil), chiffres à l’appui, ont démontré que toute une majeur partie du monde musulman se trouve être en pleine transition démographique, et les indicateurs sociaux n’ont de cesse de montrer un progrès manifeste, ce qui explique en partie le « printemps arabe ».

De même en France à la veille de l’élection présidentielle de 2017 dans l’émission C’est dans l’air, Michel Wieviorka suite aux chiffres d’un sondage effectué sur la pratique de l’islam en France, a permis d’expliquer la complexité et la diversité sociologique des français de culture ou de confession musulmane. Pourtant, le cliché via nos médias et les chaînes satellitaires de la propagande wahhabito-salafiste, réduisant toutes les sociétés musulmanes à la théocratie du Golfe jusqu’à nos banlieues, sous l’influence de ce « Vatican de l’islam » à savoir l’Arabie Saoudite, à défaut d’un pape, est à proprement parlé une déformation voulue par nos élites et qui ne sortent pas du registre d’une vision binaire du monde. Même si elle sert en réalité à justifier l’interventionnisme militaire au Moyen Orient et en Afrique subsaharienne, dans le jeu des influences et des contrats économiques entre multinationales et grandes puissances (à ce propos, lire l’excellent livre sous la direction de Bertrand Badie et Dominique Vidal, Nouvelles guerres, comprendre les conflits du XXIème siècle, éd. La Découverte).

En effet, rien n’est plus faux que d’assimiler les exactions de DAESH ou autre Al Qaïda à la geste des premiers musulmans inscrits dans un contexte historique du VIème siècle complètement différent. Cela est plus comparable aux exactions de mouvements de guérilla ou maffieux ou des fameux Hachichines. De plus, comme le rappelle Gabriel Martinez-Gros via la théorie khaldunienne, l’islam a été très tôt une religion impériale voire dynastique assise sur la légitimité du calife ou du sultan et des vizirs, reprenant la succession de l’Empire byzantin, perse, et de toute leur administration quant au prélèvement des impôts (in, Brève histoire des empires, éd. Points). Et que, en grands gagnants de l’époque ils n’avaient pas cette obsession de convertir ou de coercition par la force, bien au contraire.

Gabriel Martinez-Gros a raison d’expliquer que « Il ne s’agit pas de balayer ce discours identitaire, mais de constater qu’il doit davantage au tiers-mondisme et à la modernité qu’à la tradition (in L’Islam, l’islamisme et l’Occident, genèse d’un affrontement, éd. Points). Tout comme Pascal Buresi chercheur à l’EHESS lors d’une conférence à l’IREMMO, qui a expliqué la voie originale des empires médiévaux de l’occident musulman (pays du Maghreb et de l’Andalousie) dont le pouvoir était partagé entre chiites et sunnites (IREMMO, sur youtube), et qui montre que la vision liée au conflit Iran Arabie saoudite, est non seulement lié au contexte géopolitique actuel et à l’influence des puissances extérieures, mais qu’il ne relève en rien aux rapports entre chiites et sunnites durant l’histoire et dans la réalité sociale et politique de l’islam classique qui avait vu couramment et de façon banale des vizirs ou des sultans d’obédience chiite gouverner avec leur coreligionnaires d’obédience sunnite.

Et que cela s’inscrit plutôt dans un jeu politique de rivalité entre Etats-Nations dans une logique Hobbesienne. Souvent, l’inculture de la réalité historique sur le sujet est manifeste. De la même façon que les exactions que vivent les chrétiens d’orient, ou les revendications kurdes ou sahraouies, elles sont le fruit d’une histoire coloniale suite à des tracés de frontières qui déjà avaient suscité des mécontentements, voire un sentiment de trahison et de promesses non tenues de la part des puissances mandataires françaises et anglaises. (François Reynaert, La grande histoire du monde arabe, éd. Poche).

Somme toute, la grande nouveauté est la crise du modèle Etat-Nation, du moins dans la représentation multiséculaire et éternelle qu’on en avait jusqu’ici, celle d’un Etat Providence ou encore garant de la souveraineté des peuples face à cette mondialisation multipolaire et interconnectée. Pourtant, s’imbriquent par habitude dans nos esprits plusieurs représentations, celle de la Francophonie ou encore la Françafrique, tout comme les anglais nostalgiques de leur ancien empire, alliant l’aspect culturel et économique d’une puissance toujours influente mais en déclin du fait de la mondialisation et de la multiplicité des acteurs, notamment la Chine, la Russie, l’Inde. Et surtout, la capacité, à l’instar de ces français intégrés à la mondialisation, capables de vendre leurs compétences à Dubaï, à Londres, à New-York, à Singapour… ces citadins cosmopolites qu’exècre un certain Zemmour.

Cependant Jacques de Saint Victor (in Challenges, juillet-1019) a raison de tirer la sonnette d’alarme, et de dire que « Les élites devraient renouer avec le projet républicain.

La crispation et la cristallisation autour de la figure du musulman dans nos sociétés démocratiques est révélatrice de ce mal-être existentiel, de ce crépuscule des idoles qu’étaient le progrès, l’Etat-providence, la démocratie, surtout lorsque celui-ci ne se fait pas à l’idée illusoire de ne plus être en possession et maître de privilèges qui lui étaient octroyés par l’évolution du capitalisme et des marchés.

Et que comme le disait Ibn Khaldun tout système de pouvoir est cyclique et n’a de cesse de passer par des périodes d’apogée et de déclin. Et que ce déclinisme ressenti au final, n’en est peut-être pas un, mais seulement la nécessité de l’urgence de s’inscrire à nouveau dans le politique, comme l’affirme Chantal Mouffe, de retrouver de la conflictualité dans le débat. Et la crise des gilets jaunes est révélatrice de cette crise existentielle, ce quelque chose en mouvement que les politiques qui ne le sont plus que de nom, comme des clercs de l’ultra-libéralisme prêchant leur messe, et qui regardent avec condescendance et  le regard hagard et apeuré tel la posture du roi face à son peuple en guenille. Et on sait comment dans l’Histoire cela s’est terminé, par la Révolution et la Terreur.

Enfin, la solution ne viendrait-elle pas de l’union des peuples, même si cette expression a des relents d’Internationale socialiste, et des sociétés à trouver une solution globale quant aux défis du réchauffement climatique et des changements irréversibles qui nous guettent, et sortir de ce modèle Hobbesien éculé du Nous contre Eux ? Du mal contre le bien, alors que, pour reprendre une pensée Spinoziste, l’enfer et le paradis est en chacun de nous.

 

 

 

[1] Lucien Petit-Felici, Violences en Libye ; L’Italie accuse la France, Le Parisien, le 05/09/18.

[2] Enquête de Rémi-Kenzo Pagès et Arnold Nguenti, « Les banlieues sont-elles gilets jaunes ? », in YouTube, 15/01/19.

[3] Mohammed Arkoun, Histoire de l’islam et des musulmans en France, du Moyen-Age à nos jours, éd. Albin Michel.

[4] Notamment depuis la carte de séjour de 10 ans depuis Mitterrand, et l’attribution de la nationalité française par double naissance en France (droit du sol).

[5] Lire aussi ma lettre ouverte, https://oumma.com/lettre-ouverte-djihadistes/

[6] Lire mon article, https://oumma.com/lassignation-communautaire-identitaire-fabrique-de-lennemi-interieur/

[7] Stéphane Mourlane, Céline Regnard, Invisibility and memory immigration in France during the second half of the 20th century, Bruxelles, Peter Lang 2014.

[8] France culture, Italie 1969-1982 : la bande son des années de plombs, 26/01/19.

[9] https://www.franceinter.fr/emissions/l-oeil-du-tigre/l-oeil-du-tigre-06-janvier-2019

[10] Michel Onfray interviewé dans l’émission « C à vous », du 23/01/19.

[11] Sous la Dir. Christophe Bourseiller, Olivier Penot-Lacassagne, Contre-Cultures, CNRS éditions.

[12] Emmanuelle Loyer, Une brève histoire culturelle de l’Europe, éd. Champs histoire, Flammarion, 2017.

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26 commentaires

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  1. Eh si maroc.I je suis bien fils d’immigré pourtant et 100% français dans la tête comme dans le cœur. Je sais ça ne cadre pas avec vos cases bien délimitées et n’arrange pas vos affaires. Mais c’est comme ça. Et le pire c’est que je ne suis pas le seul.

  2. zarathoustra, on peut discuter, je dis simplement que le racisme et le fait de chercher un bouc émissaire dans l’étranger comme vous le faites montre votre faiblesse et aussi votre vulnérabilité dans la société française d’aujourd’hui.

    J’espère que vous trouverez une solution à votre précarité, mais les responsabilités ne sont pas à chercher du côté des étrangers.
    concernant les médecins je n’ai pas trouvé votre article. Par contre voici un article qui confirme l’utilisation de médecins dans les hôpitaux français:
    https://www.lemonde.fr/sante/article/2017/10/12/le-nombre-de-medecins-a-diplome-etranger-en-france-a-double-en-dix-ans_5199881_1651302.html

    Quant à votre pseudo réflexion sur la culture, chacun a le droit de s’intéresser à ce qu’il veut.
    Pour être français, je ne suis pas obligé d’aimer la musique classique ou le bon vin.
    J’ai le droit d’aimer le foot, la musique arabe, voir américaine sans que ça fasse de moi un mauvais français.

    je n’ai aucun problème avec les français de souche, vous délirez complètement.

    Tout les français de souche ne sont pas racistes et islamophobes et heureusement pour la France. Vous représentez une faible partie des français et sûrement à cause de votre précarité sociale.

    • Y faut pas dire ça par ce que moi je suis pas du tout raciste ni anti Arabe ni anti Africain et les joueurs de foot mange de tout, ça leur arrivent de manger au resto champagne, y mange du cochon y sont comme tout l monde et vrément dans le moul. Moi je suis pour que Chacun est sa chance. Je n’approuve pas Zarathoustra.

    • @karim.

      Je ne vous permets pas de dire que je suis raciste, islamophobe ou xénophobe en prenant les étrangers comme bouc émissaire. Vous ne me connaissez pas et m’essentialisez finalement, au lieu de vous borner à argumenter contre mes propos. C’est de la pure calomnie.
      1 le racisme fait appel à la race. Ce n’est pas le fond de mon discours
      2 l’islamophobie fait référence à la peur voire à la haine de l’islam. En ce qui me concerne je critique sa dimension politique qui relève du tribalisme et qui s’oppose pour moi aux valeurs républicaines. J’interroge sa dimension spirituelle que je trouve bien moins voire pas exprimée par les croyants.
      3. Je critique la politique migratoire complètement inique prônée par des instances internationales voire nationales qui ne va pas dans le sens des intérêts des français.

      Personnellement je suis particulièrement choqué non pas qu’on critique la France, sa politique intérieure ou extérieure mais qu’on le fasse au nom soit de son pays d’origine soit de son identité arabo musulmane notamment en tordant, voire en dénigrant la culture de mon pays. J’y vois de la déloyauté, voire de la gallophobie et finalement beaucoup de complaisance pour certaines thèses islamistes. Dans des pays comme la Chine ou la Russie, de tels propos seraient sévèrement réprimés. Comme quoi la démocratie amène inéluctablement les gens à faire passer leur intérêt particulier (y compris communautariste), au détriment de l’intérêt général, notamment de la cohésion nationale.

      Bref vous devriez penser à vous remettre en question au lieu d’accuser les autres de tous les maux.

      • T’es raciste abérante, t’es pas immigrée. Mais là je vois pas, t’insulte tout l’monde memme les juifs, dénoncer des choses qui n’existe pas. Ce que tu dit c’est avoir des problèmes à n’en plus finir.

  3. @karim.

    Je pensais que l’on pouvait discuter avec vous sans être méprisé. J’avais tort. A l’évidence vous ne m’avez pas lu. Je suis non seulement descendant d’immigré mais aussi issu de la colonisation. Peur des immigrés ? Immigrés meilleurs que moi ? Ça n’a donc aucun sens. Meilleurs en quoi ? Et par quel miracle les miséreux qui débarquent en France seraient donc la crème de l’humanité ? Voilà une position de principe qui reflète une idéologie nauséabonde.

    Le patronat qui aime l’immigration ? Ne généralisons pas. C’est vrai que le Medef s’est plus ou moins réjoui de l’immigration. C’est vrai aussi que certains petits patrons comme les GAFA n’hésitent pas à exploiter les migrants et ce faisant à faire baisser les salaires des natifs. Raison de plus pour stopper l’immigration. Soyez cohérent. Si l’immigration est de la traite d’êtres humains déguisée comment pouvez-vous la cautionner ?!

    Main d’œuvre instruite vous rêvez. Il s’agit plutôt de l’exception qui confirme la règle. Des médecins étrangers qui me soignent à l’hôpital ? Vous rêvez également. Mes médecins sont tout ce qu’il y a de français. Tous comme ceux de mon père ou de mère dans leur âge plus avancé. Vous parlez surtout des « petites mains » à l’hôpital ou en EHPAD. Je tiens pour ma part à être soigné par des médecins qui ont suivi le processus de sélection français, même s’il y a une réflexion à avoir sur le numerus clausus à l’issue de la PACES et la répartition des médecins sur le territoire pour lutter contre les déserts médicaux. Je suis sûr qu’il en est de même pour vous : vous devez être plus rassuré par des diplômes français qu’étrangers pas vrai ? Arrêtez donc l’hypocrisie 😉
    Lisez aussi cet article sur la solution que pourraient représenter les médecins étrangers que vous présentez comme les sauveurs qu’ils ne sont pas :
    https://www.pourquoidocteur.fr/
    Vous sortirez peut être de cette bonne vieille dichotomie que vous affectionnez tant à l’évidence : français de souche / « racisés ».

    Signé : quelqu’un qui n’est rien d’après quelqu’un qui est « positif ». 😉

  4. @pierre. Dernier point. Où avez vous vu qu’il y avait 5% d’immigrés en France ?! On serait plutôt autour du double pour les immigrés de première génération, 20% si on y inclut la 2eme génération, 30% si on y inclut la 3ème génération. Si encore tous s’intégraient et s’assimilaient il n’y aurait pas de problème. Mais la 2nde voire la 3ème génération issues de l’Afrique en viennent à rejeter le modèle français. Leur meilleur symbole : le parti des Indigènes de la république qui s’alimente de la thèse de l’intersectionnalité promue par la gauche américaine. Et devinez d’où viennent les flux migratoires les plus importants ? L’Afrique. Le taux de fécondité des immigrées africaines est par ailleurs supérieur à celui des françaises même s’il tend à diminuer de génération en génération. Je vous recommande donc de lire quelques études démographiques. Les nations unis ont débattu notamment de différents scénarios démographiques avant la signature du pacte de Marrakech : l’un d’eux s’appelle Replacement migration. Tout un programme n’est-ce pas ? Le rapport des nations unis sur le sujet n’est pas a priori accessible. Il l’était à un moment donné. Un avant goût : https://www.un.org/press/fr/2000/20000320.pop713.doc.html
    Il est aussi beaucoup cité. Tenez un exemple avec cette étude insane qui promeut le scénario cité : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/jopp.12161
    Avant de faire vos procès à tout le monde sur la base visiblement d’une idéologie antiraciste aussi dépassée que dangereuse mettez vous à la page. Avec un peu de chance vous raccrocherez les wagons avec le XXIeme siècle.

    • @zarathoustra, un peu d’ondes positives svp.

      Tous ces étrangers ne pourront rien contre vous, vous êtes au-dessus d’eux “intellectuellement” et “spirituellement” , non ?
      Pourquoi donc vous vous indiquez ?
      Ils représentent une menace pour vous ?

      • @Karim.

        Je ne veux pas que mon pays s’appauvrisse et s’acculture au profit de populations dont la culture n’est pas compatible avec les valeurs françaises.

        Et ne mettez pas tous les immigrés dans le même sac. Je suis moi même un fils d’immigré. Les immigrés qui s’intègrent et mieux s’assimilent (et ça inclut les “arabes” ou les musulmans) ne posent aucun problème en tout cas de mon point de vue. Pour vous, ça serait plutôt une trahison à vos origines. Voilà pourquoi vous allez inventer une France multiculturaliste. Ne vous étonnez pas dès lors qu’on ne vous considère comme pleinement français puisque vous même ne vous sentez pas pleinement français.

        Et je ne vois pas non plus comme un mal que les français de souche, blancs, chrétiens soient majoritaires et le restent, au sens propre comme au figuré. Ce sont eux qui sont d’abord chez eux. Il faut plutôt les remercier de leur accueil, au lieu de leur cracher dessus en méconnaissant, voire en dénigrant leur culture. Je vous citerais bien un certain Romain Gary, un immigré, qui aimait la France.

        • @zarathoustra, je connais Dugarry pas Romain Gary.

          vous n’êtes rien, et les immigrés vous effraient car ils sont meilleurs que vous voilà tout.

          C’est la peur de toute personne faible. Soyez plus forte.

          pourquoi le patronat aime l’immigration ? car ça leur permet d’avoir une main d’oeuvre souvent instruite et bon marché.

          Qui vous soignent dans les hôpitaux français ? souvent des médecins venus de l’étranger et payés pas cher en France.

    • Vous délirez complètement, peut être vu de Tel Aviv on voit le monde de cette façon, à la façon de Zemmour ou de Netanyahou et de Trump qui saluent et applaudissent la victoire de l’extrême droite partout en Europe et au Brésil (critique qu’avaient fait Rony Brauman intellectuel et ancien Médecin sans frontière et Zeev Sternhell professeur émérite de l’Université de Jérusalem)… et quand bien même… Oui le monde change, mais ce n’est pas avec vos amis Trump et Netanyahou potes du prince Salman d’Arabie saoudite, en leur vendant des armes (Dassault) ou en leur livrant du ciment (Lafarge), que les choses vont allées en mieux… tous pareils avec leur vision messianique de l’Apocalypse ou de la fin du monde… Ils attisent la haine via leurs agents Bat Eyor ou Zemmour et font peur à tout le monde en leur disant repliez-vous sur vos frontières, soyez nationalistes et racistes comme nous, érigez des murs de séparation, des checkpoints, et pourquoi pas tirez sur les foules comme à Gaza… voilà le plan ou le scénario que vous nous proposez???…. Une libanisation ou une balkanisation à l’échelle mondiale, le rêve de Netanyahou afin de justifier son Apartheid…. ça on l’a bien compris…

      • @pierre. Pourquoi vous me parlez d’Israel ?! Il serait temps d’arrêter avec le complotisme sioniste que vous mettez à toutes les sauces. Ça vous bouffe le cerveau et vous finissez par vous appauvrir intellectuellement en tournant toujours dans le même cercle. Aucun rapport avec mon post si ce n’est me discréditer, j’imagine. Je ne suis pas sioniste pour la enieme fois. Mais si c’est tout ce que vous avez à m’opposer, la messe est donc dite. Raté pour la diversion j’en ai bien peur. Je vous cite des études sur la démographie qui n’ont pas non plus été élaborées par l’extrême-droite. Arrêtez de tordre la réalité avec votre idéologie. C’est flippant franchement. On dirait un robot.

  5. Depuis quand citer un tel ou un tel est interdit?? Ne serait-ce pas le début de la police de la pensée, avec la censure… Onfray à propos des musulmans, voire même de l’islam, dit tout et son contraire. Souvent des approximations, ou des interprétations personnelles, comme lorsqu’il fait son historien des philosophes… mais parfois il dit des choses justes ou qui ont une résonance avec le débat ou les craintes ou la nostalgie des français, comme c’est le cas ici…

  6. Mohammed. Michel Onfray a dit tout et son contraire sur les musulmans, notamment qu’il comprenait leur résistance en Irak en Syrie et en Libye face à l’impérialisme occidental… Certes il a écrit un traité d’athéologie plein d’erreurs notamment sur sa compréhension de l’islam…
    Mais le propos n’est pas là, dans cet article il fait référence à cette France de gauche et à la pluralité des idées socialistes qui ont disparu au profit d’un ordre ultra-libéral et oligarchique…
    Je pense que l’on peut citer quelqu’un même si on n’est pas d’accord avec lui, ou même s’il a été critique à l’égard des musulmans… c’est ce qui fait parti du débat… Il ne manquerait plus qu’une Fatwa ou une censure des penseurs que l’on peut citer ou non…

  7. Votre raisonnement est insensé. Vous reconnaissez que le monde est multipolaire mais renouez comme vous le dites avec l’idée de l’internationale socialiste. Bref vous vous plantez comme la gauche (qui n’existe d’ailleurs plus pour cette raison) car vous n’avez toujours pas compris d’où vient et où va le populisme. Sûrement pas vers des peuples qui vont se tenir par la main à mon avis.

    Il n’y a aucune trajectoire commune à l’ensemble de l’humanité. Voilà la bonne conclusion d’un monde multipolaire. L’Occident n’imposera ni la démocratie, ni les droits de l’homme, ni la nouvelle foutaise écologiste qu’on nous prépare. La Chine, la Russie, les États Unis ont des agendas bien différents. Quant à l’Europe, elle décline, ça vous avez raison. Enfin celle de l’UE, cette jolie mécanique libérale sans âme, qui a justement oublié que les peuples n’aspirent pas à vivre dans le grand village mondial s’ils doivent en pâtir, entre rééquilibrage Est Ouest qui va pénaliser les pays les plus développés et immigration Sud Nord qui va appauvrir l’ensemble et les acculturer. Voilà pourquoi il faut nous vendre systématiquement que l’immigration est une « chance » ou un « enrichissement ». Oui pour les migrants qui fuient la misère et on les comprend. Mais ce n’est pas en assistant des peuples qu’on les aide à se développer. On les berce juste d’illusions pour organiser leur servilité … ailleurs.

    • Zarathoustra. Bizarrement, l’acculturation qui nous a le plus fait de mal à savoir l’américanisation et la société de consommation ou culture de masse, ça vous n’en parlez pas. Vous préférez parler de l’immigré qui ne représente que 5% de la population…. Et ça c’est typiquement le discours populiste qui regarde le problème non pas par la grande fenêtre mais par le trou de la serrure… Et si immigrés il y a aussi faut voir le bordel que fou la France dans ce qu’elle considère comme son pré-carré la Françafrique…
      Enfin, l’auteur parle de relents d’Internationale socialiste en suggérant l’union des peuples. Du moins, dans la convergence ou la lutte contre les oligarchies et les tentations identitaires… ce afin que tous les peuples qu’ils sont dans la même galère, et que souvent que ce soit les extrémistes islamistes ou les populistes-nationalistes voire d’extrême droite, la faute est toujours imputée à l’autre l’immigré ou l’étranger… et qu’en réalité le problème est systémique…

      • Détrompez vous Pierre je considère que l’américanisation favorise l’entrisme islamiste avec sa vision libérale. Je ne suis pas atlantiste pour 2 sous contrairement aux chantres du multiculturalisme qui est une propagande purement américaine. Le modèle américain détricote ainsi le modèle français. Si vous ne comprenez pas que l’Europe n’a pas vocation à accueillir l’Afrique c’est que vous nagez en pleine idéologie et n’avez aucun pragmatisme. Si vous êtes incapable d’être solidaire de votre peuple c’est que vous avez perdu votre culture et êtes américanisé. Souveraineté des nations voilà ce qui importe dans un monde multipolaire et pas uniformisation des pays. Quant à l’étranger bouc émissaire vous êtes en retard de quelques décennies. Informez vous un peu et vous verrez que les africains en tout cas les plus pauvres désirent migrer massivement en Europe. La situation est inédite et vous l’abordez avec un vieux logiciel. Ce qui vous rend myope à ce qui se passe. Pourquoi croyez vous que l’on ait abouti au pacte de Marrakech ? Si vous souhaitez leur laisser la place, libre à vous. Laissez aux autres français le choix de continuer à se sentir chez eux. 80% ne veulent plus d’immigration. C’est aussi ça la démocratie.

  8. Un truc d’abruti en faite. Propos pas aimé, traité d’ Africain éxtrème ( les cotes ) ou de mafio naze.
    Memme les vilains mots du début, ça donne pas envi d l’achter.
    A tabasser les livres, morfalle de litéraure , aprés chacun ses gouts mais bon..

  9. stupide créature,,mou du bulbe.Exemple type d’humain à désespérer de l’humanité.Incitation à la haine.En France, pour cette incitation à la haine,il aurait été sanctionné.Encore que….

  10. Le logo de la photo y m fait pensé au logo i coeur Allah, es que ça vaut l coup d’allé à la rate? Vous devriez fermez avec ce fameu logo, oui nous avons tous aimez la période du ramadan, l’islam et le café.

  11. Citer Onfray comme référence sans indiquer qu’à l’instar de Zemmour il participe au “lynchage médiatique” des musulman, c’est assez fort.
    Comme quoi ce n’est pas la quantité (longueur du laïus qui compte) !

    • Les personnes que vous citez ne participe pas au “lynchage médiatique” des musulmans, ce qui serait répréhensible par la loi, mais plutôt à une critique très sévère de l’islam, ce qui est totalement autorisé en France (comme pour toutes les autres religions).

      • Zemmour a été condamné par la justice pour ces insultes répétées.

        D’autre part, pourquoi ne critique-t-il pas la religion juive de ses parents et qu’il connait très bien plutôt que de critiquer l’Islam ?

        Rien à dire sur la religion juive ? mdr 🙂

        L’Islam n’est pas responsable de l’holocauste et le monde musulman a protégé ses parents.
        Quel ingrat ce rat…

        Et Onfray, ne m’effraie pas. ces analyses d’athées à 2 balles.
        il a sentit le filon (un peu comme fillon, sarko et tout les autres qui en font leur fond de commerce): critiquer l’Islam ça peut rapporter gros.

  12. Aaahhh la belle journée !
    Jean Mimi la peipeine alias jean Marie la gégène a saisi l’Etat pour qu’il ponctionne 4.5 millions d’euros que lui doigt dans le nez l’affront national de fifille directement sur les aides destinées au parti (5.1 Millions), ce qui ne laisserait que 600 keuros auxdits bons aryens pour louer une salle ou deux (chacun militant apportera son sandwich évidemment) et pouvoir ainsi y dire tout le bien du mal qu’ils pensent des sarrasins.
    https://www.lejdd.fr/Politique/querelle-dargent-entre-marine-et-jean-marie-le-pen-3908431
    Pourquoi maintenant ? Chépasmoi en voila une question, probablement que le borgne a vu en rêve St Pierre qu’icelui lui a confirmé qu’il ne vivrait pas autant qu’il a déjà vécu –un euphémisme oui- et que vus ses états de service, il avait intérêt à ramener avec lui de quoi essayer de soudoyer tous ceux qui l’attendent … impatiemment.

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