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Arrêté contre les femmes voilées : le maire de Lorette condamné à verser 2 100 euros

La période estivale n’inspire décidément pas de bons sentiments à certains maires de droite de nos villes et nos villages, mais plutôt des lois d’exception, farouchement anti-voile, sorties soudainement de leur chapeau dès que le soleil darde ses rayons, que les parasols fleurissent dans le paysage et que les plages artificielles municipales ouvrent grand leurs portes.

On ignore si Gérard Tardy, le premier magistrat de Lorette, une bourgade de 4 000 âmes nichée en plein cœur de la Loire, souhaitait marcher sur les traces de Richard Trinquier, le maire UMP de Wissous (Essonne), en livrant à son tour, sur le plan d’eau de sa commune, une chasse aux sorcières contre ses administrées voilées, toujours est-il qu’il vient de subir le même cuisant désaveu de la part de la justice…

Celui-ci, aveuglé par sa croisade anti-voile, n’a manifestement pas tiré les enseignements du camouflet infligé à son collègue par le tribunal administratif de Versailles en juillet 2014, qui n’a pas vu d’un bon œil l’interdiction faite aux femmes revêtues d’un hijab de profiter des joies de la baignade sur le sable fin de « Wissous Plage ».

L’arrêté liberticide et discriminatoire, pris alors par Richard Trinquier, avait été suspendu, révélant au grand public un maire, arc-bouté sur ses positions indéfendables, qui invoquait la loi du 15 mars 2004 contre le port du voile à l’école pour l’étendre à sa plage éphémère de manière arbitraire.

Trois ans plus tard, Gérard Tardy, tenant, lui aussi, d’une laïcité dogmatique et répressive, a fait des femmes voilées les nouvelles pestiférées de sa commune, en leur interdisant non seulement l’accès au plan d’eau local mais aussi d’y faire trempette.

Bien mal en a pris l’édile de Lorette qui, loin de se voir décerner une médaille pour cet ostracisme inacceptable, a été condamné lundi à verser 2 100 euros à trois associations, en dédommagement de leurs frais d’avocat, lesquelles s’étaient aussitôt tournées vers le tribunal de Lyon pour faire reconnaître le caractère discriminatoire de cette interdiction.

Bien que la justice ait tranché en sa défaveur, Gérard Tardy, qui a retiré son arrêté la mort dans l’âme, promet de ne pas en rester là et, pire encore, de raviver le brasier incandescent de la polémique lors du prochain conseil municipal, le 12 juillet prochain, soit à la veille du 14 juillet. Une bien curieuse manière de renforcer la cohésion sociale et de célébrer la devise républicaine au beau milieu des flonflons de la fête !

Mais le contraire eût été surprenant de la part de ce maire qui ne reconnaît pas tous ses administrés et a une fâcheuse tendance à stigmatiser ceux qui sont de confession musulmane, comme il s’y est employé dernièrement en leur demandant de faire moins de bruit pendant le Ramadan, à grand renfort de messages humiliants exposés aux yeux de tous, sur les panneaux publicitaires de la ville.

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