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Réflexion autour de la “personnalité de l’invisible“

Le registre de la culture religieuse musulmane fait référence à plusieurs concepts islamiques dont celui de «Al-Ghayb» (l’invisible). Une analyse de la mauvaise compréhension de cette notion par les musulmans et de leur rapport au monde nous est livrée par le théologien Muhammed Hussein Fadlallah, notamment dans son exégèse « Min Wahyi Al-Qurân » en 24 volumes, lorsqu’il commente le verset 3 de sourate Al-Baqara, parlant des croyants « qui croient en l’invisible ». Après avoir confirmé que la croyance en l’invisible est constitutive de la foi musulmane, l’auteur de l’exégèse pose une longue question rhétorique dans une section intitulée « La religion repose-t-elle entièrement sur l’invisible ? » : « Nous devons nous arrêter sur un point très important. Lorsque la religion insiste sur la croyance en l’invisible, peut-on dire pour autant que la religion repose sur la foi en l’invisible uniquement, et que le contenu de la foi n’est constitué que d’invisible (…) au même titre que les raisons d’être des événements, des phénomènes cosmiques et sociaux, comme certains le disent, le croient et l’expliquent ; si bien qu’ils soumettent les phénomènes naturels dans leur totalité ou dans leur majorité à des explications [métaphysiques] reposant sur l’invisible ; explications inaccessibles à la pensée humaine et faisant en sorte que la raison humaine, dans certaines de ses étapes, cherche les causes des phénomènes naturels – comme la maladie, la santé, la défaite et la victoire – et les causes des problèmes économiques et politiques, en dehors du réel pratique des choses, se suffisant des facteurs invisibles, ou bien d’Allah, sans chercher les lois naturelles créées par Allah dans l’univers, lois sur lesquelles repose l’ordre divin et l’ordre biologique dans le cadre de la causalité régissant les choses ? ».

Il est en effet un phénomène structurel préoccupant au sein de la communauté musulmane, plus précisément au sein de sa mentalité. Il s’agit de la « focalisation de la prédication et de ses discours sur la dimension de l’invisible dans toutes les sphères de la vie, négligeant le rôle des lois naturelles qu’Allah a créées dans l’univers », ce qui a conduit à lier tout phénomène – qu’il soit social, économique, politique ou même naturel –à Dieu de façon directe : «C’est Allah qui l’a voulu», «c’est le maktoub», etc., en ignorant les conditions objectives qui gouvernent les phénomènes auxquels on fait face. A défaut de pouvoir expliquer les mécanismes, par ignorance ou par paresse intellectuelle, on attribue systématiquement des faits à la dimension de l’invisible.

Pourtant, la biographie du Prophète (ç) est riche en enseignements. Plusieurs récits relatifs à la Sîra nous montrent comment le Prophète (ç) et ses compagnons avaient pris des dispositions astucieusement planifiées et stratégiques pour repousser efficacement les attaques des associationnistes. Songeons à la bataille d’Uhud où de nombreux musulmans avaient péri à cause du non-respect du protocole de défense par certains musulmans eux-mêmes.
C’est ce rapport réaliste au monde sensible qui fait malheureusement défaut à la communauté musulmane.

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Certes, il est vrai qu’en islam, l’invisible a un certain rôle dans l’explication des événements, mais tous les événements ne s’expliquent pas uniquement par l’invisible, et quand ils peuvent l’être, la dimension de l’invisible n’est pas le seul facteur explicatif. « Nous ne croyons pas en l’invisible dans ce cadre très large englobant la vie privée et publique des gens. Nous croyons plutôt en l’invisible qui nous lie à Allah dans un cadre restreint. Et c’est pourquoi nous observons que l’islam est intransigeant face aux charlatans, aux astrologues, afin d’éloigner la mentalité de l’invisible de la pensée réaliste et de la vie tout entière », nous dit M. H. Fadlallah. Dans ce cadre, il n’est pas surprenant qu’Allah, exalté Soit-Il, évoque l’existence de ces lois que l’homme peut dévoiler pour une meilleure compréhension de l’univers : «Conformément aux lois établies pour ceux qui vécurent antérieurement» (Al-Ahzâb, 38). «Or, jamais tu ne trouveras de changement dans la règle d’Allah, et jamais tu ne trouveras de déviation dans la règle d’Allah» (Fâtir,43). « Et probablement, c’est cette « personnalité de l’invisible » (Ash-sharkhçiyya Al-Ghaybiyya) qui a sclérosé le musulman dans le passé jusqu’à nos jours, l’empêchant de progresser dans la compréhension de l’univers à travers la compréhension de ses lois, doté de la raison de l’invisible et des sentiments de l’invisible, qui cherche dans le passé et dans le présent les pas de l’invisible, et fait face au futur par l’invisible, donnant l’opportunité aux charlatans et voyants de manipuler les émotions des crédules », nous dit l’exégète. Nous constatons en effet qu’en France, notamment, nombreux sont les musulmans qui expliquent leur état personnel par le mauvais œil, la sorcellerie, la possession, etc., sans oublier cet étrange engouement, chez une partie de notre jeunesse, pour les questions eschatologiques comme les signes de la fin du monde, Gog et Magog, le Dajjâl, etc.

Cette « personnalité de l’invisible » doit, à notre sens, attirer toute notre vigilance afin d’y remédier tant les implications peuvent être conséquentes. En effet, ce qu’Alexandre Koyré constate à propos de la chrétienté médiévale peut, à certains égards, concerner probablement la civilisation musulmane : « La chrétienté médiévale était beaucoup plus préoccupée de l’autre monde que de celui-ci et que le développement de l’intérêt accordé à la technologie –comme semble le montrer de façon assez convaincante toute l’histoire moderne – est assez étroitement associé à la sécularisation de la civilisation occidentale et au fait que l’intérêt s’est détourné de la vie future au profit de la vie dans le monde » (Alexandre Koyré, études d’histoire de la pensée scientifique, 1966, édition 1973, p. 74). Il ne s’agit bien évidemment pas d’appeler à cette sécularisation que nous considérons néfaste pour l’islam et toute l’humanité, mais de prêter toute notre attention  au problème de la personnalité de l’invisible dont la solution se trouve, à nos yeux, dans la réconciliation du musulman avec son réel, une réconciliation qui n’implique pas forcément –en tout cas elle ne doit pas l’impliquer – la sécularisation.  

A cet égard, à lire le Coran, force est de constater qu’il est souvent fait référence à l’univers scientifique, au réel sensible. Il ne s’agit pas de ces « vérités » scientifiques précises, mais souvent provisoires, comme l’embryologie, que d’aucuns essayent à tout prix de nous persuader de leur existence dans le Coran depuis 14 siècles. Non, il s’agit d’autre chose, bien plus importante, qu’on ne peut voir qu’en embrassant le Coran d’une vue d’ensemble, il s’agit de l’esprit scientifique dans le Coran. C’est ce lien entre la foi et la science que justement Mohammed Bâqir Assadr –un proche ami de M. H. Fadlallah pendant leurs études à Najaf – établit dans son livre épistémologique et révolutionnaire « Les fondements logiques de l’induction. Nouvelle étude de la méthode inductive ayant pour but de découvrir le fondement logique commun aux sciences de la nature et à la foi en Dieu ».

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Dans ce livre, tout en réfutant à la fois l’école aristotélicienne et l’école expérimentale moderne, l’auteur montre que « les fondements logiques sur lesquels s’appuient les démonstrations scientifiques, en tant qu’observations et expérimentations, sont les mêmes fondements logiques sur lesquels repose la démonstration qui prouve l’existence du Créateur et Organisateur de ce monde (…), et cette démonstration – comme n’importe quelle autre démonstration scientifique – est de nature inductive » (p. 419).

Il est fréquent de voir que le Coran s’adresse à la fois à l’intelligence rationnelle de ses interlocuteurs, mais aussi à notre faculté d’observer de façon empirique. Il nous est demandé en effet de voir, d’observer et de tirer par l’induction des enseignements, des lois… notre foi. Le verset suivant contient un champ lexical fondamentalement scientifique : «Nous leur montrerons Nos signes dans l’univers et en eux-mêmes, jusqu’à ce qu’il leur devienne évident que c’est cela (le Coran), la Vérité. »«Montrerons» et «l’univers» sont deux termes qui relèvent du monde sensible, du concret, de l’observable, de l’empirique, de l’expérimental, de l’induction, c’est à dire partir des faits du monde sensible et monter en généralité, jusqu’à dégager une loi… la «Vérité».

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30 commentaires

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  1. Djeser,

    Et moi depuis un moment je réponds à votre remarque : “je vais souvent à la médiathèque en espérant recroiser un nouvel Ibn rushd , ou Al soufi. Ou Ibn khaldun mais je ne les voit pas . Beaucoup de mosquée on acquis un statut universitaire tant le foisonnement culturel et intellectuel était important, autrefois.. Al azhar Baghdad Samarcande, Al Andalous..”

    Donc, encore une fois, je confirme, sans la maîtrise de la langue arabe, c’est impossible qu’une pensée musulmane rayonnante voit le jour en France. Je ne vois pas comment. Bien entendu, il s’agit d’une condition nécessaire mais non suffisante. Bien d’autres paramètres entrent en compte.

  2. Le prêche du vendredi est une belle occasion pour familiariser le public avec la langue arabe, la langue de l’accès aux sciences islamiques et avant tout aux subtilités du discours coranique. C’est bien dommage.

    Mouhib on a du mal à se comprendre , ma réponse s ‘adresse a la vôtre ci dessus . Si vous m’aviez dit que vous préconisez l’arabe surtout pour une catégorie qui veulent approfondir et s’imprégner du patrimoine la oui j’approuve. Mais on ne parle pas de la même chose.

  3. D’un point de vue théologique et canonique rien n’impose de connaître l’arabe pour une meilleur compréhension de l’islam, aucun consensus , c’est une opinion personnelle, qui n’est pas fausse, mais reste une subjectivité.

    Le moyen Orient maîtrise l’arabe , ont ils une meilleur compréhension ?

    Depuis l’apparition de l’islam la majorité des musulmans dans le monde ne maîtrise pas l’arabe (Afrique, Asie, Balkans). Il ont malgré tout appris l’islam grâce à leur langue locale et par le biais des imams.

    Cdl, qui s’est égaré dans les rues de Lyon , tu nous parles des chrétiens , connaissent ils le latin et le grec ? Le concile du Vatican ll a adapté les prières en langue locale. Je pense que tu l ‘ignores.

    Mouhib encore une fois, le maghreb s’est arabisé, n’en fait pas une généralité pour le monde musulman. Ne reprochez pas a un indonésien, a un tanzanien ou a un bosniaque de ne pas avoir autant d’engouement que vous pour les intellectuels arabes.

  4. “son insistance s’adresse à ceux qui veulent aprofondir ces choses”.

    Tout à fait. C’est pour ceux qui veulent approfondir. Il parle bien d’intellectuels et de penseurs, il cite des noms de penseurs de notoriété. Dans ce cas la langue arabe est incontournable pour pénétrer les profondeurs du Coran et de la Sunna (et des écrits scientifiques en la matière).
    Évidemment que cette maîtrise de la langue n’est pas obligatoire pour tous les musulmans, le musulman doit maîtriser ce qui doit lui permettre de lire le Coran et faire sa prière, pour accomplir ses priorités.

    Mais compte tenu de votre ambition et des modèles cités, sans la langue arabe c’est IMPOSSIBLE. Regardez par exemple les conditions du Mujtahid dans les ouvrages de théologie, la langue arabe y figure systématiquement. C’est curieux, hein. Curieusement, ceux qui ont compris l’importance de la langue arabe en France, ce ne sont pas les musulmans, mais les non musulmans, plus précisément les islamophobes. Ils ont très bien compris le danger de cette langue 😉

    Et si vous me dites qu’on peut très bien produire de la pensée musulmane en ignorant ou en étant en rupture avec ce vaste patrimoine, eh bien mon cher Djeser, vous nous faites perdre notre temps dans ce cas. Il y a une célèbre phrase de Amine Al-Khouli : “Le renouvellement dans la religion commence par la compréhension et l’étude du patrimoine”. Mêmes les plus libéraux et les plus rebelles comme Arkoun ou Abou Zeid ont compris cette injonction lucide.

  5. @ Djeser, il vous suffit pas d’un “allez passes à autre chose” pour nous faire oublier l’invention de ton iman, qui serait-il Tchéchène ou Albanais, vivant à Lyon depuis des années, ne saurait ignorer la colline de Fourvière visible au loin par beau temps. Tu ne te récries pas vraiment, tu voudrais que je n’insistes pas, manque de bole, je te resservirais ta fable très très souvent, parce que pas de chance, j’ai vécu et étudié et travaillé quelques années à Lyon-Villeurbannes. Non, désolé, la page n'”est pas tournée, fais-moi confiance, sinon demandes à ton maître si je lui ai fouttu la paix depuis certaine allégation selon laquelle des Musulmans seraient peu soucieux de l’éco-système en raison d’un acharisme mal compris à leur insu, alors qu’à son insu, il laisser exhaler sa haine ou distance d’au moins une partie des gens qu’il est sensé guider.

    Ton histoire de la langue Arabe, eh bien quoi, le frère Mouhib insiste sur sa maîtrise si on veut bien lire le Coran et les commentaires, son insistance s’adresse à ceux qui veulent aprofondir ces choses, peut-être pas à toi finalement. Tiu es même libre de lander une nouvelle religion/secte, c’est quand tu veux. Maintenant on est libre de ne pas lire directement dans le texte mais on s’expose à des traductions hasardeuses et à des commentaires sur la base de ces traductions. Les Juifs en religion étudient bien l’hébreux, les Chrétiens aussi et y ajoutent le Latin et le Grec pour la patrologie.

    Je comprends pas ce que tu veux, mais peut-être ne veux-tu rien, tu as d’autres intérêts dans la vie, heureusement et je dirais comme nous, alors occupes-toi de tes autres intérêts au lieu de saturer ce malheureux forum qui est apparemment dédié au dine Musulman.

    Croissant de lune.

  6. Djeser,

    Je vous ai répondu sur l’importance de la langue arabe, mais malheureusement, le modérateur d’oumma n’a pas vu mon commentaire, il est resté “en attente” et puis a disparu, ça arrive. Je dois être trop rapide pour le modérateur lol.

    Je vais être bref. Écoutez moi bien, svp. Le Coran est révélé en langue arabe, or il est la première source de réflexion en islam. C’est à partir de ce Texte principalement que toute la pensée musulmane va se construire. Et c’est ce texte qui va stimuler la recherche du savoir dit profane dans la civilisation musulmane, au point que l’apprentissage de la langue arabe est devenu un impératif en Europe du Moyen Âge. De plus, la tradition musulmane et son patrimoine (dont les œuvres humaines) sont en langue arabe très majoritairement. Plus grave encore, ce patrimoine n’est pas révolu, ce n’est pas du passé, il est avant tout présent, pire, il est plus présent que passé (d’où la notion de “lecture” ou “relecture”), il vous accompagne comme votre ombre. Comment accéder à la lecture de ce vaste patrimoine si vous ne disposez pas de la langue arabe?

    Il ne s’agit pas d’ethniciser la science, Ibn Khaldoun a bien montré que la majorité des savants musulmans ne sont pas d’origine arabe. J’irai plus loin, les plus grands linguistes qui nous servent de référence en langue arabe ne sont pas d’origine arabe. Qui ose aujourd’hui écrire un livre qui surpasse celui de Sibawayhe en grammaire?! Il s’appelle “Al-Kitab”. Le livre. On le surnomme le “Coran de la grammaire”. On a même dit que “celui qui souhaite écrire un livre comme le sien s’abstienne par pudeur”. (Et il est d’origine perse), et Kissaï aussi me semble-t-il. Les deux chef de fil des 2 écoles de grammaire arabe. Et je peux vous faire la même chose pour les écoles de Fiqh, etc.

    Bref, maîtriser la langue des sciences islamiques est une chose, ethniciser cette science c’en est une autre.

  7. Bonjour mouhib, tout le monde ne cherche pas forcement a approfondir les sciences religieuses , et c’est mieux comme ça. Vous êtes arabophile , il ne faut pas essayer d’imposer cette sensibilité aux autres. J’ai rencontré des musulmans kényans , albanais , tchétchène. Turcs, bosniaques , très attachés à leur langue maternelle , et leur demander de ” penser” dans une autre langue est compliqué je pense. C’est une démarche volontaire.

    Mais dire au musulmans qu’ils n’auront pas un bonne islam tant qu’il ne comprendrons pas l’arabe est assez dure et faux.

    La langue arabe est ambivalente à mes yeux, c’est autant une richesse , mais a aussi tendance à s’imposer et effacer les spécificités de chacun. J’ai une culture arabe mais j’aurais aimé connaitre aussi le berbère, car je suis sure que la majorité de nos ancêtres étaient de cet origine.

    Mais la question fondamentale qui nous divise mouhib, c’est que je ne réduit pas mon identité a la religion, mon environnement , mon parcours , mes origines, ma spécificité ont aussi leur mot à dire…

  8. Cdl, tu est ennuyant à la fin. Avec tes topographies , qui ennuie tout le monde.

    La colline de Fourvière n’est qu un exemple , celle ci est révélateur , pour une chose..

    Je le redis et je le pense vraiment , un bon imam doit connaître son environnement social, historique et culturel. Étant un guide spirituel et temporel.. et non un guide touristique… Afin d’être pertinent dans son discours.
    Tous les prophètes ont été envoyé par dieu auprès de leur peuple , car il en avait une connaissance étroite. C’est en effet ridicule d’envoyer un guide ou prophète dans un pays qu’il ne connaissent pas . Et je le répète , il ne s’exprimait pas forcément en arabe mais avec la langue de leur peuple…

    Je sais que c’est une utopie , mais idéalement c’est cela qu’il faut, des imams issue de leur région. A défaut de pouvoir le faire , il faut au moins ne pas l’oublier.

    Envoyer des imams de Tombouctou ou de los Angeles ou de navarre ou de je ne sais d’où , est le résultat de cette mondialisation sauvage, qui consiste à expédier tout et n’importe quoi .

    Allez passe a autre chose , au lieu de prêcher dans le désert..

  9. @ Djeser, c’est pas encore fini, j’en rajoute une couche. Donc il faudrait que tu croises des Ibnou-Rouschd à la médiath_èque, des Ibnou-Khaldoun, rien que ça! Si tu veux lire la traduction de leurs livres ou des commentaires de leurs livres tu a des chances de trouver ça dans les médiathèques. Si tu veux croiser des gens semblables à eux, c’abord tu ignore si tu en croises dans ton quotidien. Mais moi j’aimerais croiser des gens de cette étoffe sur ce forum plutôt que toi, tu vois pas ta pauvre personne, tu ferais tâche parmi ces hauts noms. Au lieu de les chercher, efforces-toi de les égaler en savoir et en production de savoir, parce qu’à te lire on n’a pas l’impression d’un grand lettré. Si c’est pour suggérer que des Musulmans qu’on croise y compris dans les médiathèques sont des gens ordinaires, eh bien ma foi, sors toi-même de l’ordinaire pour que les gens te reconnaissent et en gardent souvenir. Et si les khotbas des mosquées t’ennuient, écoutes les cérémonies catholiques, les sermons sont répétitifs je t’assures et l’assistance vieillissante au point que ça arrive que certains s’y endorment quand ce n’est pas pire et qu’il faut appeler le Samu. Et dans les médiathèques on ne trouves pas beaucoup de Bossuet. Mais Bossuet aujourd’hui serait-il pertinent? Probablement pas à cause de la longueur de ses sermons, des dames de la cour emportaient ce qu’il faut pour se soulager discrètement lorsqu’un besoin pressant les prenait. Ah mais ti vvoudrais des khotbas de qualité en langue Française, qu’à cela ne tienne, donnes-en toi-même un exemple, peut-être nous en prendrons de la graine.

    Maintenant, si c’est l’aspect répétitif du culte qui te gêne, il en va de même dans les autres cultes, la répétition apparente suggère de l’harmonie, favorise de la contemplation, trouves en toi-èmême ce qui manque dans les khotbas.

    Conclusion générale, Djeser, ton hostilité est trop systématique pour n’être pas du trollage, qu’en pensent les correspondants?

    Croissant de lune.

  10. @ Dkjeser, bon, je vais être plus clair, l’homme libre doit la vérité. J’ignore comment un Lyonais ne connaîtrait pas Fourvière, bon pour mieux dire, tiu as forgé une fable. Si des gens de ce forum connaissent Lyon, y sont passés ou y ont séjourné, qu’ils viennent témoigner si ton affaire n’est pas d’un vil menteur.

    Fourvière est une colline sous laquelle passe un célèbre tunnel dont on parle à la radio quand il boiuchonne. Cette est un bel endroit, il y a une grande cathédrale, Notre-Dame de Fourvière, il y a des espaces verts et je crois me souvenir que tout en haut il y a les vestiges d’un théâtre Grec, le clocher de la cathédrale est visible de loin. Non, c’est pas comme la tour Eifel, c’est plus grand et à mon avis plus beau. Je ne sais plus maintenant si c’est desservi par métro, prolongé de finiculaires comme à La Croix-Rousse. Il est plus plausible qu’un Parisien ignore la Tour Eifel qu’un Lyonais ne sachant pas ce qu’est Fourvière. Tu nous présente sans rentrer dans les détails, un iman à Lyon qui ne connaît pas du tout Fourvière, moi je pense que tu mens, comme le confirmeraient des correspondants qui connaissent un peu Lyo,n. Et tu le présente pour son manque exemplaire de curiosité urbaine alors que je répète c’est pratiquement exclu, rien que sur les cartes de la ville la colline figure. Et si tu nous présentes pour son manque proverbial de curiosité, dans le contexte de ton commentaire, c’est bien pour suggérer que les imans, voire les Musulmans manquent de curiosité, sont indifférents aux choses belles et grandes, sinon on ne voit pas pourquoi tu te donnerai la peine de nous le présenter. Vas essayer ça chez des Zémouriens, savoir si ça marche, mais moi je ne crois pas, donc je pense que tu ne débats pas sainement mais que tu traulles, j’invites les correspondants à t’ignorer daurénavant.

    Croissant de lune.

  11. @ Djeser, mais ton iman Lyonais qui connaissait pas Fourvières, tout est possible, qu’il interroge ses voisins, les fidèles, qu’il s’y fasse conduire. Je vois pas comment un Lyonais pourrait ne pas connaître la colline de Fourvière, s’il conduit une voiture, ça lui arrive de passer par le tunnel Sous-Fourvière. C’est sans importance mais ça défie ma créance à moi qui a vécu à Lyon, donc même sur les cartes urbaines et tout ça, moi, ça me laisse dubitatif ton truc excuses-moi ou n’excuses pas. En supposant que cet iman existe, ce dont je doute, tu ne cites cette ocurrence presqu’invraissemblable pour suggérer, eh bien, qu’il est très peu curieux de sa région, normal c’est un iman. Alors vas troller ailleurs, parce que ou bien tu affabules et c’est ce que j’ai tendance le plus à croire, ou bien tu cites un cas étrange pour suggérer le peu de curiosité et donc de vitalité des imans, donc quelle que soit la bonne hypothèse il y a malveillance, alors stop!

    Croissant de lune.

  12. Djeser,

    En quelle langue est révélé le CORAN? Et quelle a été la première source du savoir musulman? Quelle la première source des fondements de la foi et du droit musulman? Quelle la première source à l’origine de la recherche assoiffée de savoir “profane” de la civilisation musulmane? Quelle est la langue principale de ce vaste patrimoine musulman qui vous accompagne malgré vous comme votre ombre quotidiennement? Je vous laisse deviner…devinez.
    N’ethnicisez pas tout comme le font hélas la majorité des Français. Lisez votre histoire, la majorité des savants musulmans sont d’origine non arabe, dont bcp de philosophes, mais écrivaient en langue arabe, sans aucun complexe. Bon nombre de grammairiens arabes eux mêmes ne sont pas d’origine arabe (songeons à Sibawayh et Alkisaï pour ne citer que les plus connus). Ceci pour vous dire que la langue arabe est incontournable pour pénétrer les textes et la littérature musulmane, non pas pour ethniciser la science ou je ne sais quoi.

  13. Mouhib , je pense que nous n’avons pas la même vision des choses , tant pis . De nombreux savants en terre d islam , musulman ou non , ont exelé dans leur domaine par le biais de la langue arabe .pourquoi ? Parcque leur zone géographique était sous influence arabe…

    Quel est notre zone géographique aujourd hui ?
    Je vous laisse trouver la réponse .
    Et bien je vous souhaite bonne chance dans votre arabisation de la oumma de France,. Je trouve ça très compliqués de demander à des citoyens d origines divers ( berbères, Turcs, convertis, pakistanais,) d’apprendre une langue qui ne leur est pas forcément familière.

    De plus nombreux jeunes et adultes sont parti dans les pays arabes pour suivre un enseignement , on ne pas dire qu’ils ont créé une révolution a leur retour en France.

    Des efforts sont fait oui mais les conférences ne sont pas très originales, le mariage, le hadj, le ramadan…
    Moi je vous parle d’aborder la logique , un peu de philosophie , d histoire, de question identitaire,..l’art de la rhétorique., Et du débat… Avec toutes ces attaques anti islam ne pensez vous que cela coule de sens ? Avoir des outils de débat, historique , philosophique pour se défendre ?

    Et cela, à toutes les tranches d’âges… Voila certaines conditions qui ont abouti à l’âge d’or de l’islam… Mais bon je pense que ce n’est pas ce que vous recherchez.

  14. Écoutez, il ne s’agit pas de sacraliser à outrance la mosquée, il est d’ailleurs prioritaire de construire des écoles que des mosquées. Mais chacun a une fonction à remplir. On parlait d’imam avant tout, or un imam ne doit pas être forcément un professeur ou un spécialiste de sciences islamiques ou profanes.

    Quant aux lacunes dont vous parlez, elles sont effectives, elles existent bien. Mais encore une fois les solutions doivent être adéquates. Nombreuses sont les mosquées qui systématiquement construisent des salles de cours ou des salles de conférence en même temps qu’elles construisent les lieux de prière. La volonté est donc présente. Justement car elles ont conscience que le savoir n’est pas à négliger. Il y a des cours d’arabe, Coran et éducation islamique qui sont dispensés dans ces salles de cours qui appartiennent à la mosquée.
    Donc pour les enfants, il y a un travail intéressant qui est fait.
    Le problème se pose pour les adultes, dans les instituts islamiques, c’est qu’il n’y en a pas assez à mes yeux, et quand il y en a, on n’y enseigne que les fondamentaux (ce qui est déjà bien), mais ce n’est pas avec ça que les étudiants pourront produire de la connaissance ou innover dans la pensée ou même participer activement aux débats publics.
    Le niveau d’arabe en France est pathétique, du coup à mes yeux (je le pense très sincèrement) l’écrasante majorité des discours islamiques produits par les musulmans sont des discours orientalistes ou dont les fondements scientifiques sont absents. Il est pour moi impossible qu’une pensée musulmane digne de ce nom émerge en France avec un tel niveau en langue arabe. Impossible. Impossible. Impossible. Il faut que cette langue soit davantage enseignée au collège et lycée. Et quand on voit le nombre de postes d’arabe au Capes et Agrégation, on peut toujours rêver. Les centres de savoir et mosquées historiques évoqués dans votre commentaire maîtrisaient la langue arabe et étaient ouverts sur le monde, il y avait un énorme travail de traduction. En France ce travail de traduction et d’ouverture sur la pensée musulmane hors de France est très insuffisant. Je parle d’une vraie traduction, pas les traductions du genre “les signes de la fin du temps”, “le mariage selon la Sunna”, “les grands péchés”, commercialisés pas loin de chez vous, à la place du pont, à la librairie Sana, rue Paul Bert 😉.
    Vous voyez, il s’agit avant tout du champ religieux et intellectuel plus large que la seule fonction de l’imam. Changez si vous voulez les imams ou leur khotba, vous pouvez même la leur dicter, vous ne changerez pas ce qui rend possible votre frustration.

  15. Mouhib, j’entends bien que la mosquée est d’abord un lieu d’adoration et doit le rester.
    Cependant tout part d’un constat et de nos besoins.
    Quel sont les lacunes des musulmans de France ?

    Elle sont intellectuelles , culturelles , identitaires, philosophiques , et spirituels !

    Ou donc les musulmans peuvent ils renforcer cela ?

    Ils n’y pas beaucoup d’endroits , je vais souvent à la médiathèque en espérant recroiser un nouvel Ibn rushd , ou Al soufi. Ou Ibn khaldun mais je ne les voit pas . Beaucoup de mosquée on acquis un statut universitaire tant le foisonnement culturel et intellectuel était important, autrefois.. Al azhar Baghdad Samarcande, Al Andalous..

    Le prêche peut être un moyen de développer cela, Une base , oui j’aimerais que les mosquées de france ai un rayonnement.

    Un peu de sérieux svp ! Notre situation a l’air de vous convenir ! Nous sommes plus bas que terre , et vous dîtes de ne pas s’alarmer ?

  16. Djeser,

    “Pour le 3ème âge”, c’est un peu abusé. Il y a bcp de khotba qui parlent de l’actualité et des enjeux de la communauté, de la Palestine par exemple. D’ailleurs, bientôt les imams ne pourront plus parler de la Palestine. Ça deviendra un délit!!

    Comme je l’ai déjà dit, puisque le public est hétérogène, il faut un discours qui ratisse large et donc qui rassemble, et des khotba pas trop longues pour ne pas dissuader les gens de venir.
    Que voulez vous? Des imams pour niveau bac d’une part et imams pour bac+8 d’autre part? Des mosquées pour intellos et mosquées pour ouvriers? Un peu de sérieux svp.
    Et puis franchement moi ça ne m’intéresse pas d’écouter une khotba avec de la technicité et des concepts. Si je veux ce genre de choses, il y a d’autres lieux pour ça, mais pas la khotba. Ça peut se faire pendant des cours à la mosquée, dans les instituts, universités, livres, mais la khotba n’est pas le lieu pour se la péter, il s’agit de la maison de Dieu voyons. C’est un acte d’adoration obligatoire, où les gens viennent par contrainte religieuse…alors je ne vais pas accabler des personnes (qui ne sont pas venues pour moi) de points de vus strictement personnels. Et puis un imam diplômé d’université n’est pas forcément qualifié pour traiter tous les sujets d’actualité. Par exemple cet été j’allais prier à la mosquée de Villeneuve D’asq dans le nord, l’imam (Hassan Iquioussen) maudissait le président égyptien Sissi sur le minbar. Je ne le porte pas non plus dans mon cœur, mais on ne maudit pas les gens sur le minbar, voyons! Lisez les discours du Prophète (ç) et des hommes pieux et très intellegents, vous verrez la simplicité de leurs discours.

    Quant aux mesquineries de ces instances, elles ne constituent que des faits divers qui font diversion, elles sont sans aucune importance à mes yeux.

  17. Bonjour mouhib, merci pour cette réponse argumenté. Vous n’avez cependant toujours pas répondu à ma question , pourquoi être plus souple à l’égard des imams , et plus dur à l’égard des instances , bien qu’il ai le même rôle ? L’un au niveau nationale , l’autre au niveau locale ?

    La question est complexe ok , il y a differentes tranches d’âges, c’est bien pour cette raison qu’il en faut pour tout le monde, mais actuellement nous avons seulement des prêches pour 3e âge…

    Cela fait 20 ans que j’entends la même chose, le bon voisinage , surveiller sa langue… J’attend mieux que cela pour la communauté. C’est finalement une question d’exigence et de rigueur’intellectuel, pas une question de foi ou de paresse…

    J’ai croisé un imam a Lyon, un jour, ou j’habite et m’a dit fièrement qu il a officié pendant 30 ans, tout le monde me connait. Mais quand je lui parlé de Fourvière , connais pas…

    Fourvière est l’équivalent de la tour Eiffel a paris.
    Alors , je suis désolé ,mais un imam qui ne connait sa place ni dans le temps , ni dans l’espace , alors ce n’est pas un imam à mes yeux,

    Ils sont nombreux dans ce cas ,

    Cordialement…

  18. Tiens Djeser en parlant du rôle de l’imam, j’ai pensé à un livre que j’ai lu il y a un peu plus de trois ans, il est sorti en 2017. Il s’appelle “La voix de l’imam”, c’est en arabe, “Sawtu al-imam”. Avec pour sous titre, “le discours religieux, du contexte au récepteur”. Alors c’est un sociologue égyptien ultra-laïque, anti-salaf, anti-frères, anti-islamisme, bref, je vous laisse imaginer l’idéologie du personnage (Ahmed Zâyd). Mais c’est un sociologue de notoriété en Égypte et spécialiste du “renouveau du discours religieux”. Il a fait une enquête de terrain sur les discours religieux des imam pour l’essentiel et des prédicateurs télé. Une enquête avec analyse précise des discours enregistrés, retranscris par thèmes, le livre est plein de statistiques et tableaux, pourcentagede sujets traités, etc. Il a étudié près de 500 prêches en mosquée. Bref, malgré son hostilité à toute cette caste de religieux (c’est flagrant vu le ton), il écrit à la page 257 : “Et ce résultat nous appelle à bcp réfléchir avant de dire que le changement de discours nécessite le changement de ses messages, y compris l’émetteur du message. Le discours est lié à la structure sociale, et à un champ religieux en perpetuel élargissement. C’est ce champ religieux qu’il faut changer avant de penser au contenu du discours…” (p257). Je suis d’accord avec lui sur au moins l’idée qu’il faille s’éloigner des visions parcellaires.

    Tout n’est pas mauvais dans ce livre, par exemple j’ai bcp aimé la diversité parfois contradictoire des critiques des interviewés. Il a fait une typologie intéressante des fidèles : “le prêcheur” (ou le moraliste), “le quasi-precheur”, “le critique”, “le sélectif”, “le passif”. Ça c’est de la page 249 à 256. Il distingue aussi l’habitus religieux des jeunes et habitus religieux des plus âgés. Et il a recueilli aussi les avis des fidèles par prédicateur (sur plusieurs prêcheurs), et curieusement les avis se contredisent souvent, c’est à dire que les uns peuvent apprécier un prédicateur et d’autres bcp moins. Bref, tout ça pour vous dire que les choses sont bcp plus complexes mon cher Djeser.

    Quant à mon avis personnel, je répète, l’imam d’une mosquée n’est pas un superman, c’est un homme comme vous et moi. Il doit faire de son mieux pour assurer le prêche en faisant le rappel et en faisant le lien autant que possible entre les textes et l’actualité (locale, nationale et internationale). J’insiste, quand cela est possible, car l’imam ne peut pas non plus avoir forcément un avis éclairé sur tout. Par exemple, si un imam traite de l’importance des voisins, j’estime que son job est fait. Après, les moyens sont appréciables et critiquables, est-ce qu’il sait maintenir le public en éveil ou pas, etc, cela relève de la personnalité de l’imam, de son expérience en tant que conférencier, etc, de sa voix, de son éloquence. Mais vous voyez bien que ces caractéristiques ne concernent en rien les pouvoirs publics.

    Après, si le prêche du vendredi vous “ennuie” trop, peut-être vous ne dormez pas assez la nuit, ou peut-être il faut questionner votre foi, je n’en sais rien, tout est possible.
    En revanche là où je peux décevoir bcp, c’est que je suis scandalisé de voir que de plus en plus de mosquées abandonnent le prêche en arabe pour justement s’adapter à cette jeunesse tellement exigente. Le prêche du vendredi est une belle occasion pour familiariser le public avec la langue arabe, la langue de l’accès aux sciences islamiques et avant tout aux subtilités du discours coranique. C’est bien dommage.

  19. Cdl, tu fait semblant d avoir suivi mais tu n a rien compris, mouhib reproches à Hakim l idée que les imams doivent retravailler leur prêches , simplement pour être plus pertinent,

    1 , ni Hakim , ni moi n’ on parlé de valider cette charte, il n y a que vous deux qui en parlez.

    2- je demande simplement , pourquoi il considère que les instances ont une vision “etroite” et que les imams en revanche doivent conserver cette vision “etroite “, sans révision possible.

    Leur rôle est assez similaire , organiser le culte et construire une “pensée “.
    Si je me trompe alors , explique moi t a vison cdl, qu on rigole un coup , a moins que se soit encore la faute des Danois ….

  20. Bonjour Hakim , nous ne demandons pas aux imams , d être des portes paroles du gouvernement , mais d avoir un rôle un peu plus mystique et spirituel, un rôle social et intellectuel aussi , c est aussi ce que Hakim a avancé. Pour ma part les prêches du vendredi m’ennui a mourir , et beaucoup de gens aussi je pense , mais la pudeur créé un sujet tabou.
    C ‘est aussi le rôles des instances , au lieu de les voir disparaître .

  21. @ Djeser, tu importunes le frère Mouhib par ta question dépourvue de pertinence, fondée sur une mauvaise compréhension de ce qu’il venait d’écrire, autrement dit tu ne sais pas lire alors tu poses des questions auxquelles répondre est de longue patience ou perte de temps. Le frère Mouhib que je salues écrut en substance son hostilité à des institution supposées représentatives qui réduisent l’adoration à peu de choses, et toi tu comprends stupidement qu’il est hostile à l’élargissement de l’activité des imans. D’abord, il n’y a pas forcément de lien entre l’un et l’autre, mais, du moment que les imans ont sans le vouloir signé une charte limitative, eh bien oui, ils contraignent leur propre activité et la restreignent, tu comprends vraiment pas ou tu fais l’âne pour avoir du foin? Non en fait tu as bien saisi, l’article étant dédié aux Musulmans de France, que le frère Mouhib fait allusion ben, ben, ben au CFCM banane!

    N’empêcjhe que la republication de l’article tombe à point pour ton affaire de mektoub puisque ça te chagrinait tant, donc non, il y a une providence mais pas de destin ni de hasard. Sans cette providence et donc liberté de l’homme, pourquoi invoquerions-nous le secours d’Allah dans nos entreprises? Nous déployons nos efforts pour accomplir une tâche, nous invoquons le secours Divin pour ce qui ne dépend pas toujours de notre conscience, de notre force, parce que non, nous ne sommes pas totalement maîtres de nos oeuvres, personne ne l’est, sinon pourquoi tant d’échecs?

    Plaise à Allah nous guider dans nos questions, plaise à Allah que notre parole soit pertinente.

    Croissant de lune.

  22. Cher Djeser,

    Ce qui est demandé à l’imam ces derniers temps c’est d’assujettir sa fonction d’imam à l’agenda politique des différents gouvernements, non pas d’élargir ses compétences.
    A ma connaissance, on n’a pas demandé à l’imam de siéger à l’assemblée nationale ou au sénat…
    Ce procédé strictement politique n’est pas nouveau, dans les pays musulmans depuis longue date, on oblige les imam sur le minbar à faire des invocations pour le “commandeur des croyants”.

    Quant à ces fondations, ces instances musulmanes et ces conseils du “culte”, ce n’est que de la poudre aux yeux pour falsifier la vocation de l’islam. On a hélas d’une part des instances du “culte” (stricto sensu) qui n’ont quasiment aucune influence sur le réel vécu et d’autre part un champ politique qui s’immisce dans toutes les sphères de la vie…jusqu’à assujettir le champ religieux.
    Il ne faut pas se contenter du reste ou de la curée mais exiger du champ politique de partager son pouvoir…c’est là la ligne à ne pas franchir, c’est là où réside toute mon hérésie! 😉

  23. ” ces institutions représentatives du “culte” qui ont par conséquent une vision réductrice de l’adoration et qui jouent le jeu du cantonnement des musulmans dans une sphère que Dieu veut beaucoup plus large. ”

    Mouhib je ne comprend pas , vous êtes hostile à élargir le rôle des imams qui est très réduit aujourd hui, comme vous l’avez affirmé dans l article précédent, et la vous affirmez le contraire ?

  24. Ce savant avait l’habitude de poser de longues questions pour pousser le lecteur à réfléchir et participer à la production du savoir.

    Tenez par exemple un autre verset emblématique, “Je n’ai créé les Djine et les humains que pour qu’ils m’adorent”. Mohammed Hussein Fadlallah écrit dans son exégèse ceci en donnant un sens plus large, plus subtile et plus profond de l’adoration et du culte :
    Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent ». Lorsqu’il s’agit de la notion d’adoration dans le Coran, s’agit-il uniquement des injonctions sacrées, conventionnellement restreintes par les gens aux actes de prière, jeûne, pèlerinage, invocations, etc. ? Ou bien s’agit-il d’une acception plus large englobant toutes les activités agrées et aimées par Allah, en sorte que le serviteur les accomplit en ayant à l’esprit la présence perpétuelle d’Allah dans l’ensemble des éléments de la vie privée et publique, et avec le sentiment que l’adorateur fond totalement dans l’existence d’Allah, auquel il est lié et source de satisfaction de tous ses besoins ?
    Manifestement, c’est la deuxième acception qui l’emporte, englobant la première, car l’adoration en tant qu’injonctions sacrées n’épuise pas toute l’existence de l’être humain, mais occupe seulement une parcelle de son domaine d’existence. Et c’est ce que le hadith rapporté signifie lorsqu’il nous confirme que l’adoration prend forme dans la chasteté, dans le travail pour subvenir à ses propres besoins et à ceux d’autres sous sa responsabilité, la recherche de la science, la méditation, satisfaire les besoins des gens et toute action qui élève leur dignité.
    C’est ainsi que la notion d’adoration prend un sens qui interagit avec la doctrine de l’unicité, car elle inscrit, en profondeur de la conscience, l’adoration d’Allah en toute chose, sans exception aucune. Elle constitue aussi l’action dans la réalité qui confirme la soumission à Lui dans tous Ses ordres, Ses interdictions, Ses agréments, en sorte que l’adorateur vit la vie entière avec piété devant Allah, que ce soit dans sa pensée, ses sentiments et ses émotions, et en se protégeant de toute identification à un quelconque groupe ou personne qui se prétend meilleure dans ses relations avec les gens, loin d’Allah. C’est ainsi que lorsque l’adoration comprend toutes les activités de l’être humain en tout lieu sur terre, l’univers devient entier adorateur d’Allah, exalté-Soit-Il. Fin de traduction.

    Vous comprendrez facilement pourquoi je suis farouchement hostile à ces institutions représentatives du “culte” qui ont par conséquent une vision réductrice de l’adoration et qui jouent le jeu du cantonnement des musulmans dans une sphère que Dieu veut beaucoup plus large.

  25. Salam,
    Les avancées scientifiques sont souvent provisoires, y compris l’embryologie. Donc il faut faire attention à ne pas faire dire au Coran – la
    vérité absolue et infaillible – des “vérités” provisoires.
    N’avez vous pas remarqué que beaucoup de découvertes ont remis en cause les précédentes?
    Salam
    Mouhib

    • Salam,
      Entièrement d’accord avec vous. Il ne faut surtout pas aller dans les détails ni voir le Noble Coran comme un traité scientifique (surtout pas), j’indiquais simplement la puissance des “paraboles” (je ne trouve pas d’autres mots pour mieux l’exprimer) et j’adhère entièrement à votre raisonnement.
      Mais je pense avoir compris désormais que vous critiquiez à juste titre les débordements concernant ce sujet qui sont très nombreux. Ce n’était pas très clair quand je vous avais lu.
      Un exemple de commentaires tous azimuts qu’on peut lire sur : “Et c’est Lui qui donne libre cours aux deux mers: l’une douce, rafraîchissante, l’autre salée, amère. Et Il assigne entre les deux une barrière et un barrage infranchissable.” (Coran, 25:53) Une autre traduction permet de dire en français : “C’est Lui qui a fixé les domaines des deux eaux, de
      l’eau douce et comestible et de l’eau de mer saumâtre. Entre elles, Il a
      établi une démarcation et une zone infranchissable” S25v53
      On ne parle ici que de la manière dont Dieu swt nous a comblé de bienfaits pour avoir de l’eau douce qui ne se mélange pas à l’eau de mer salée (estuaire). Ceci n’est pas à prouver et il n’y a rien de provisoire. Pourtant, beaucoup partent dans des extravagances hurluberlues.
      Concernant l’embryologie, c’est tout de même très fort :
      Sourate 23 “Nous avons extrait l’homme de l’essence de la terre v12 Nous en avons fait ensuite une goutte de sperme déposée dans un organe bien
      protégé. v13 (ici l’organe est l’utérus) Nous avons transformé le sperme en un caillot de sang, le sang en un morceau de chair, la chair en os, puis nous avons garni le squellette de chair, enfin nous lui avons donné sa forme définitive. Béni soit Allah, le plus merveilleux des créateurs. v14” On pensait à l’époque de Muhammed sws que l’Homme était fait tout minuscule et qu’il grandissait dans le ventre de sa mère. Seules les techniques microscopiques ont validé cela. Remarquez le terme “goutte de sperme” qui individualiserait le spermatozoïde plus de 1000 ans avant la découverte de la cellule. On parle de tissus osseux (même le sang est un tissu). Il dit bien, on a transformé le sang en chair etc. Ceci n’est plus à démontré et seul le microscope électronique du XXème siècle a permis de comprendre cela. Ces versets sont IRREFUTABLES et permettent de casser les dents par upercute à tous les scientologues.
      On ne doit pas en tirer des connaissances scientifiques certes mais tout de même Dieu swt nous explique de manière claire et limpide Sa Création si bien qu’un musulman du fin fond du désert ne fera jamais partie des 30% d’américains qui ne savent pas comment on fait des bébés.
      Cordialement
      Lahibarkfik
      Dieu sait mieux

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