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Pétition: Hakim Madi risque 5 ans de prison pour avoir dénoncé un « climat raciste et islamophobe”

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Une semaine après l’attaque odieuse de la Préfecture de Police de Paris par un agent administratif de la Direction du renseignement, qui a coûté la vie à 4 personnes, les déclarations successives du Président de la République Emmanuel Macron et de son Ministre de l’intérieur Christophe Castaner ont été perçues par de nombreux français comme ouvrant la voie à la suspicion du français musulman, et comme une incitation à la délation sur la base de critères qui correspondent à la pratique normale d’un islam par ailleurs parfaitement intégré à la vie républicaine.
Pour les français de confession musulmane, c’est la consternation car ce climat contribue à maintenir dans certains esprits l’amalgame entre musulmans et terroristes, et prouve encore l’ignorance d’une partie de la classe politique sur la pratique rituelle des français musulmans.
Pour Médiapart, cela « laisse présager le pire en matière de paix civile et d’unité civile. Le ‘vivre ensemble’ est sur le point d’exploser » (édition du 19 octobre). Les réactions sur les réseaux sociaux ne se sont pas faites attendre, notamment sur Twitter, avec le hashtag #SignaleTonMusulman, tournant en dérision les propos du Ministre de l’intérieur et sa méconnaissance des pratiques normales de l’islam.
À Valence, dans la Drôme, Hakim Madi, un consultant en Informatique également engagé au sein du mouvement Action Citoyenne en faveur du débat public, est sous le choc et vivement inquiété par les propos du gouvernement, comme le sont de nombreux citoyens de toutes confessions. Dans une démarche citoyenne, l’ancien candidat aux élections législatives 2017 interpelle sur Facebook Mireille Clapot, députée la République en Marche dans la 1ère circonscription de la Drôme. M. Madi exprime alors ses inquiétudes et souhaite entendre la réaction de la députée face à l’insupportable amalgame qui est fait sur les français musulmans. Des critiques parfois dures, à la hauteur des mots employés par le Ministre de l’intérieur : pour M. Madi, le gouvernement français entretient « un climat islamophobe et raciste » et mène « une politique de chasse aux musulmans ». Il met aussi en garde, comme le signale Médiapart (édition du 11 Octobre), contre des dérives qui pourraient nous mener sur la pente de « la France de Vichy ».
La suite est totalement absurde puisque le Préfet de la Drôme, Hugues Moutouh, adresse un courrier au Procureur de la République de Valence lui indiquant qu’il souhaite, au nom de l’Etat, porter plainte contre M. Madi, prétextant que ses propos « conduisent à dresser les Français les uns contre les autres, et à créer, dans notre pays, un climat dangereux de haine et de violence, susceptible d’influencer les esprits les plus faibles et les plus vulnérables, sous couvert de prendre la défense de Français de confession musulmane ». Ces accusations inappropriées, visant à faire passer un citoyen responsable et engagé dans le débat public, pour un fauteur de trouble, sont insoutenables. Cette démarche du Préfet a été accueillie avec stupéfaction chez un grand nombre de citoyens de toute confession, car beaucoup se sont reconnus dans les inquiétudes ressenties par M. Madi.
Les déclarations de M. Madi n’avaient d’autres buts que de dénoncer avec ferveur les raccourcis et amalgames et d’ouvrir un débat public, invitant au dialogue toutes les forces politiques locales en vue du rétablissement d’un climat plus fraternel et sain parmi les français. Il est plus qu’évident qu’à aucun moment, il n’a poursuivi l’objectif d’un conflit et encore moins celui de troubler l’ordre public.
Mais comment peut-on œuvrer pour le rétablissement de la fraternité entre les français de toutes confessions si l’expression même des inquiétudes est muselée par des poursuites judiciaires ? Comment s’abstenir d’y voir un dangereux parallèle avec les régimes totalitaires qui ont terni l’Histoire quand le Ministre de l’intérieur, garant de l’ordre public, appelle lui-même ouvertement au signalement délatoire d’une partie des français parce qu’ils auraient une pratique régulière du culte musulman ?
Que fait-on, par ailleurs, de la liberté d’expression quant aux critiques qui doivent pouvoir librement interpeller des responsables politiques sur les sujets qui mettent à mal le vivre ensemble ? Comme l’affirme Jean-Yves Dupriez, l’avocat de M. Madi, « la jurisprudence dit que la critique est plus largement admise quand elle est portée à l’endroit d’une personnalité publique, et si elle fait suite à des propos qui peuvent être sujets à critique. On est exactement dans ce cas. Dans ce cadre-là, la qualification de diffamation ne peut pas être retenue pour de simples critiques, certes qui peuvent être considérées désagréables par les personnes qui les reçoivent mais qui ne dépassent absolument pas la critique légitime dans une société démocratique (CEDH 1er juillet 1997, Oberchilck c/ Australie ; CEDH 25 juin 2002, Colombani c/France ; CEDH 20 octobre 2009, Alves Da Silva c/Portugal ; CEDH 14 mars 2013 Eon c/ France) ».
Aujourd’hui, le Préfet de la Drôme s’acharne de manière incompréhensible contre M. Madi et change son fusil d’épaule, juste après la diffusion par M. Madi et son avocat d’un communiqué et d’une vidéo dans le Dauphiné Libéré (20 octobre). Après l’accusation de diffamation publique, passible de 45 000 euros d’amendes, le Préfet de la Drôme accuse désormais M. Madi d’avoir tenu des propos constitutifs de provocation à commettre un crime ou un délit, faisant passer la peine encourue à 5 années d’emprisonnement et autorise un placement en garde à vue.
Néanmoins, M. Madi a toute confiance dans la Justice française pour garantir la protection de la liberté d’expression d’un citoyen engagé pour la démocratie.
Hakim Madi demande aujourd’hui un soutien populaire pour dénoncer avec ferveur ce procès d’intention et la privation de la liberté d’expression dont il est victime. Ce citoyen pacifique, qui milite depuis des années pour replacer le citoyen au cœur de l’action publique, a besoin de votre mobilisation. En soutenant cette pétition :

  • vous défendez la liberté d’expression, dont la démocratie se nourrit, conformément aux articles 10 et 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, ainsi que l’article 10 de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales,
  • vous contribuez à faire en sorte que chaque citoyen français soit considéré comme tel, sans distinction de sexe, de race ou de religion,
  • vous dénoncez le « lawfare » qui est une « tactique d’instrumentalisation de la justice» qui « enferme les débats politiques dans les cours de justice » (https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/10/02/la-strategie-du-lawfare_6013861_3232.html).

Cliquez ici pour signer la pétition 

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