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Plus d’une cinquantaine d’actes islamophobes recensés en France, “du jamais-vu” déplore le CFCM

C’est ce que l’on aurait souhaité ne jamais voir sur le territoire national, mais, hélas, c’est ce à quoi les musulmans de France et de Navarre ont assisté, médusés et effrayés, en seulement cinq petits jours consécutifs, pendant et après les  attentats de Paris : plus d’une cinquantaine d’actes anti-musulmans ont été comptabilisés dans nos villes et nos villages, notamment contre des mosquées, depuis ce mercredi noir du 7 janvier. Du « jamais-vu », a commenté Abdallah Zekri, président de l’Observatoire contre l’islamophobie rattaché au Conseil français du culte musulman (CFCM).

Les mains criminelles, qui se cachent derrière ces représailles immédiates, ont eu recours à un large éventail d’actions, les modes opératoires allant des tirs de pistolet à grenaille dans l’Aude, des grenades à plâtre au Mans, à l’explosion dans un kebab jouxtant une mosquée dans le Rhône, en passant par un début d’incendie sur le chantier de la mosquée de Poitiers…, sans oublier les 33 «menaces» injurieuses taguées ou proférées ici et là, l’ensemble constituant une longue liste non exhaustive d’une soif de vengeance inassouvie qu’il serait irresponsable de minorer, tout comme il est inacceptable de voir l’ampleur de islamophobie être minimisée par des autorités qui refusent obstinément d’en prononcer l’appellation.

"Je suis scandalisé par cette montée de l’islamophobie alors que nous avons marché hier (dimanche) dans le calme et la sérénité, tous côte à côte, dans la diversité des manifestants, et que nous avons clairement condamné le terrorisme", s’est indigné Abdallah Zekri auprès de l’AFP, renchérissant : "Il faut renforcer la surveillance" des lieux de culte musulman, des sites internet et des réseaux sociaux, "contre la haine et la vengeance qui s’exercent actuellement." "Même la Grande mosquée de Paris (GMP), symbole de l’islam en France, ne fait pas l’objet d’une garde particulière", constate-t-il amèrement.

Les paroles de réassurance du Premier ministre, Manuel Valls, qui a affirmé, lundi, à l’issue de l’audience solennelle de la Cour de Cassation "Il y a eu ces derniers jours, et ce n’est pas nouveau, des lieux de culte, des mosquées, qui ont subi des dégradations, même des tirs de balles. Et nous nous préoccupons de cela, et le ministre de l’Intérieur l’a déjà assuré, nous faisons en sorte de protéger également ces lieux de culte", semblent avoir pris conscience de la gravité des faits. Leur traduction sur le terrain en actes forts et dissuasifs n'en sera attendue que plus fébrilement. 

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