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New York : un homme interpellé et inculpé pour le double meurtre d’un imam et de son assistant

« Nous voulons la justice ». A la fois scandée et mise en exergue sur des bannières, cette exigence clamée avec émotion par une communauté musulmane de Brooklyn qui pleure, depuis ce samedi 13 août funeste, la disparition tragique d’un honnête homme, l’imam Maulana Alauddin Akonjee, 55 ans, et celle de son assistant, Thara Uddin, 64 ans – tous deux revêtus de tenues traditionnelles et abattus froidement, d’une balle dans la tête, à proximité de leur mosquée – a résonné très largement au cours d’un week-end rythmé par les hommages posthumes poignants et une cérémonie de prières qui a rassemblé une foule massive, traumatisée et bouleversée.

Le regretté imam Maulana Alauddin Akonjee

La profonde tristesse et l’anxiété grandissante se lisaient sur les visages dans le quartier de Ozone Park, l’un des plus métissés et bigarrés de la mégapole new-yorkaise la plus diversifiée qui soit, à l’heure de saluer la mémoire d’un imam originaire du Bangladesh, loué unanimement pour sa capacité de travail, son dévouement sans compter auprès des siens, et son sens inné de la pédagogie qui savait apporter aux fidèles des éclaircissements précieux sur les enseignements à tirer du Coran.

« Il nous manque. Nous savons que nous ne pourrons jamais le remplacer », a confié M. Khan, l’un de ses fidèles disciples, les yeux embués de larmes, tandis que Kash Reti, arrivé de son Népal natal il y a dix ans de cela, n’a pas caché la peur paralysante qui l’habite depuis l’annonce de ce double meurtre atroce, au point d’envisager, comme nombre d’autres familles, de quitter New York, son rêve américain étant brisé en mille morceaux.

Alors que la clameur d’indignation, teintée de chagrin, montait des rangs de centaines de musulmans qui marchèrent dimanche jusqu’au lieu du drame, brandissant haut des pancartes qui proclamaient à la face de l’Amérique « La vie des musulmans compte », tout en pointant du doigt le pyromane de la paix sociale Donald Trump, l’interpellation dimanche soir d’un homme de 35 ans, répondant au nom de Oscar Morel et résidant à Brooklyn, suivie de son inculpation, ont procuré un certain soulagement parmi les cœurs en berne, mais sans pour autant avoir dissipé le sentiment de peur généralisé.

  

Cette arrestation rondement menée a été rendue possible grâce à un cycliste qui, heurté violemment par le criminel au moment où il s’enfuyait au volant de sa voiture, a eu toutefois le temps de lire et mémoriser sa plaque d’immatriculation. De son côté, la police new- yorkaise avait divulgué dimanche matin le portrait-robot d’un suspect d’origine hispanique dans le cadre d’un appel à témoins relayé largement.

Sensible aux cris de colère et de détresse de la communauté musulmane de Brooklyn, dont plusieurs de ses membres ont émis la demande pressante que des caméras de surveillance soient installées à l’extérieur de toutes les mosquées, Bill de Blasio, le maire de New York, s’est engagé à ce que des policiers supplémentaires soient affectés à la sécurité des lieux de culte et des fidèles, tout en réaffirmant sa volonté que le coupable soit puni à la hauteur de son terrible crime.

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