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Les protestataires anti-mosquée de Cambridge déboutés de leur action en justice

A chaque contrée, ses farouches pourfendeurs des lieux de culte musulmans qui assènent le même argument massue pour les condamner à n’être que des ébauches de projet ou des maquettes en 3D, sans jamais voir le jour  : dénoncer des pépinières du terrorisme.

Véritable douche froide pour les musulmans de Cambridge, à l’effet plus accablant que revigorant, l' hostilité des opposants au chantier de la future mosquée locale, dont le permis de construire a été accordé en 2012 et les premiers coups de pelle donnés récemment, redouble d’animosité au point de mettre tout en œuvre pour l’empêcher de sortir de terre, jusqu’à intenter une action en justice.

Pointant du doigt un creuset des extrémismes, les protestataires anti-mosquée du comté, fédérés sous la bannière qui en rappelle d’autres « Stop islamization of Europe », ont déposé une demande en injonction devant le Tribunal de Cambridge afin de geler la construction du lieu de culte, arguant de son « illégalité ». Une bien curieuse « illégalité » menée le plus légalement du monde, puisque la mosquée en forme de dôme, entourée d’un écrin de verdure, qui sera dotée d’une salle de prière spacieuse d’une capacité d’accueil de 1 000 personnes et agrémentée d’un café, de salles d’études, d’une bibliothèque, ainsi que d’une morgue, a été approuvée par le conseil municipal, sans l’ombre d’une réticence.

"Il est de notoriété publique que de nombreux organismes de bienfaisance musulmans sont des fronts pour le terrorisme islamique et que plusieurs de ceux qui sont cités sont basés au Royaume-Uni", s’époumonent les partisans galvanisés du mouvement, dont certains excités ont vandalisé les panneaux de chantier en injuriant l’islam, et ce de manière on ne peut plus illégale…

Son leader en jupon, la fulminante Sareeta Webra, fondatrice des Sikhs contre la charia (SAS), crie à la reddition de Cambridge, ce "dernier bastion du christianisme", à l’islam, tandis que son pendant masculin, Stephen Gash, lui fait écho en évoquant "la plaque tournante du terrorisme international qui se dissimule derrière une mosquée conquérante et triomphante dont on sous-évalue la nuisance". Rien de moins !

Alors que la capitulation devant la haine et le cynisme est un péril qui semble guetter Cambridge bien plus que le péril vert, son député, Julian Huppert, n’est pas prêt à rendre les armes devant le racisme primaire et l’a clamé haut et fort : "C'est une honte que ces gens qui sont si prompts à condamner ce projet ne mettent pas de côté leurs préjugés pour échanger avec les représentants de la communauté musulmane. Ont-ils peur de découvrir que leurs revendications ne sont pas fondées ? Cambridge est un lieu riche de son mélange dynamique de nationalités qui rendent nos communautés si vivantes, foisonnantes et passionnantes", a-t-il martelé devant les médias, en s’exclamant : "C'est ce genre de clichés délétères et la généralisation de l’ignorance qui attisent l'intolérance et la haine raciale. L’intolérance et la haine n’ont pas leur place dans cette cité !".

Déboutés de leur plainte le 17 janvier, les fervents anti-mosquée de Cambridge se sont vus infliger un cuisant camouflet, mais loin de faire profil bas, menacent de faire appel du jugement pour tenter de sauver la face, qu’ils ont par ailleurs très sombre…

"Notre nouvelle mosquée sera un lieu où tous les administrés, les touristes seront les bienvenus, indépendamment de leurs croyances religieuses et j'espère que nombreux sont ceux qui viendront visiter ce bel édifice qui sera une plus-value pour Cambridge", a déclaré le parlementaire Julian Huppert.

Voici, en images, la future mosquée de Cambridge, objet de toutes les divagations islamophobes.

 

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