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Une étudiante saoudienne, prise pour une “terroriste”, porte plainte contre la ville de Chicago

Une année s’est écoulée depuis ce 4 juillet 2015 qui ne cesse de hanter Itemid Al-Matar, au cours duquel cette étudiante saoudienne, revêtue d’un hijab et le visage dissimulé sous un deuxième voile qui ne laissait filtrer que son regard, a été interpellée sans ménagement par cinq officiers de police de Chicago. Ceux-ci se sont littéralement jetés sur elle par-derrière, alors qu’elle montait les marches d’un escalator de métro à son rythme, paisiblement.

Itemid Al-Matar soutenue dans sa démarche judiciaire par le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR)

Bousculée, brutalisée, ses deux voiles arrachés, la jeune femme, qui réside aux Etats-Unis depuis deux ans pour y parfaire son anglais, s’est retrouvée très vite plaquée au sol, sur l’escalier en panne, devant les autres passagers médusés à qui la police a demandé de reculer, puis de partir, sans rien comprendre à son arrestation musclée, son cœur s’emballant et son angoisse augmentant.

Douze longs mois plus tard et après avoir été prise pour ce qu’elle n’est pas, une « terroriste potentielle », et suspectée d’être une bombe humaine, ce qui a ajouté à son accablement, Itemid Al-Matar, confortée par le premier arbitrage en sa faveur de la justice américaine qui a balayé, en juin dernier, les allégations de « comportement louche et d’entraves à l’enquête policière », a porté plainte contre la ville de Chicago et six de ses dirigeants pour « violation de ses droits civils et de sa liberté religieuse ».

Estimant que l’on a porté gravement atteinte à son intégrité, physique et morale, la plaignante, qui n’en revient toujours pas que son sac à dos et sa manière de gravir les marches de l’escalator, jugée « déterminée » et par conséquent éminemment « suspecte », aient déclenché cet excès de zèle lourd de conséquences, se tourne aujourd’hui vers la justice pour que soient reconnus l’humiliation et la violence infligées, mais aussi les profonds troubles psychologiques qui en découlent et la tourmentent désormais.

"Il est regrettable que ce nouvel incident survenu à Chicago reflète les préjugés tenaces qui sont enracinés chez certaines personnes localement", a vivement déploré Gregory Kulis, l'un des avocats de Itemid Al-Matar, dans un entretien accordé au Chicago Tribune, tandis que sa cliente a épinglé, sans mots couverts, l’omerta qui règne au sein de la police et empêche la vérité d’éclater sur les abus de pouvoir policiers à répétition.

Une loi du silence des plus préjudiciables que le maire démocrate de Chicago, l’ex-bras droit de Barack Obama à la Maison Blanche, Rahm Emmanuel en personne, a dénoncée en décembre dernier.

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