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Mamadou Diallo témoigne sur l’existence brisée de sa demi-sœur, Nafissatou

Après sa mère très âgée qui faisait d’elle un portrait vertueux, le demi-frère de Nafissatou Diallo, Mamadou Diallo, s’est épanché au Journal du Dimanche, depuis Indianapolis où il est installé, donnant des nouvelles alarmantes sur l’état de santé psychologique de celle qui est devenue, à son corps défendant, le symbole des sans-grades des palaces.

Et c’est une existence brisée en mille morceaux que ce proche rapporte. « Nafissatou va très mal. Elle pleure tous les jours depuis un mois. Jamais elle ne pourra oublier ce qui s’est passé. Sa vie est détruite. Elle est finie. Il n’y a plus rien à faire pour elle. Il n’y a plus que Allah qui puisse faire quelque chose pour Nafissatou. Son honneur est sali. Comme celui de notre village », s’est ému ce dernier, ne laissant pas de place aux doutes quant au grave traumatisme subi par sa sœur, et par là même quant à la culpabilité de DSK.

Mamadou Diallo, qui a choisi d’élire domicile aux Etats-Unis en 1988, a été informé du drame seulement quatre jours après qu’il ait eu lieu, par un membre de la communauté guinéenne du Bronx : « J’avais entendu l’histoire mais le nom de ma soeur n’était pas donné. Je ne savais même pas qui était le monsieur… » indique-t-il. Depuis, il s’est forgé sa propre opinion, et elle est accablante pour le tout-puissant ancien directeur du FMI et le socialiste qui avait le vent en poupe dans les sondages :« L’homme de la chambre d’hôtel est un animal » s’indigne-t-il.

Né du même père que Nafissatou Diallo, ce chauffeur de taxi a pu rendre visite à sa demi-sœur vivant sous haute protection, à New York : « Au fond de mon coeur, je pense que ma soeur dit la vérité. C’est une femme pieuse qui est incapable de faire du mal aux autres. Elle est timide et travailleuse. C’est une bonne musulmane » , souligne-t-il.

Le père de Mamadou et de Nafissatou était fermier dans le village guinéen de Tchiakoullé où il était également marabout et imam. « Il a élevé tous ses enfants dans la religion et le respect des autres (…) Nous ne sommes pas allés à l’école. Mais il a appris le Coran à chacun d’entre nous. A Nafissatou comme aux autres. Elle fait ses prières tous les jours. Pendant le ramadan, elle donne de l’argent aux pauvres alors qu’elle est pauvre elle-même. Chaque fois que je lui téléphone pour lui demander d’envoyer de l’argent au village pour un mariage ou un malheur, elle le fait immédiatement. » renchérit ce demi-frère très éprouvé.

Alors que la prochaine audience du 18 juillet donnera le coup d’envoi procédural d’un procès au fort retentissement, le témoignage à cœur ouvert de Mamadou Diallo se termine par une interrogation existentielle : « Je ne comprends pas pourquoi ce malheur nous arrive à nous. Cet hôtel n’était pas fait pour elle. L’argent n’est pas tout dans la vie. Il y a des choses plus importantes ».

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