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L’islam enseigné en espagnol aux Hispano-américains

C’est un rôle de représentation dont ils se sentent profondément investis dès lors qu’ils ont franchi le grand pas de la conversion, les nouveaux ambassadeurs de l’islam chez l’oncle Sam ont des origines latines, un accent chantant aux sonorités ensoleillées, et sont issus de la première minorité ethnique du pays, d’obédience catholique.

En recrudescence sur le sol de la bannière étoilée depuis le 11-septembre, au point de représenter un phénomène de société qui est scruté à la loupe, les Hispano-américains de confession musulmane, car il s’agit bien d’eux, sont touchés par la grâce divine, insensibles aux dénigrements pernicieux, sourds aux cacophonies haineuses, et portent inlassablement la bonne parole partout où ils passent avec un sens aigu de l’engagement.

Ils seraient plus de 200 000, selon les dernières estimations du très sérieux Pew Research Center, à s’éclairer à la lumière de l’astre radieux de la religion musulmane, parmi lesquels le nombre croissant de femmes, cultivées et faisant carrière, qui perçoivent l’islam comme un parangon de vertus, source de sérénité, de respect, de sécurité, et de traitement égalitaire, focalise l’attention de tous les observateurs. Leur inclination spirituelle brise, en effet, en beauté le mythe de l’inégalité entre les sexes, du machisme et de l’aliénation de la femme.

Devant cette quête irrépressible de sens qui se traduit par des conversions en constante augmentation, les responsables américains du culte musulman ont décidé d’élaborer des programmes de sensibilisation à l’islam en langue espagnole. Cette initiative pédagogique, louable et porteuse, fait actuellement beaucoup d’heureux et fut notamment déterminante pour l’imam Abdullah Daniel Hernandez, l’un des meilleurs enseignants et émissaires de l’islam Outre-Atlantique, dans la langue de Cervantès.

Celui-ci ne manque pas une occasion de témoigner son infinie reconnaissance aux responsables de l’islam d’Amérique du Nord pour avoir choisi de dispenser des cours coraniques dans sa langue maternelle, une méthode d’enseignement qu’il a fait sienne aujourd’hui pour la plus grande joie de son auditoire qui découvre, captivé, l’âge d’or de l’islam médiéval en Andalousie.

"Beaucoup de Latinos ignorent tout de l'Espagne andalouse, lorsque l'Islam a donné naissance à une grande partie de ce que nous connaissons de  l’actuelle culture hispanique, y compris plus de 3 000 mots espagnols. Je leur enseigne qu’être Latino et musulman est parfaitement compatible, et plus encore, que cette double appartenance prend tout son sens au regard de l’histoire millénaire", explique-t-il avec une puissante force de conviction.

Ne restant pas à la traîne, le dominicain d’origine, Shafiq Alvarado, a très vite compris l’intérêt de traduire des documents islamiques en espagnol, et ce, dès 1997, date de création de l'American Dawah Organisation Latino ou LADO, un organisme voué à la promotion de l'Islam parmi la communauté latino aux États-Unis. Dédié à l'éducation des Latinos à l'islam en tant que mode de vie, cet organisme propose un large éventail de programmes, de services et de publications, qui favorisent l’accès à la connaissance pour tous, en particulier sur l'héritage de l'Islam en Espagne et en Amérique latine. "Les Latinos, et au-delà, tous les individus qui deviennent musulmans deviennent inévitablement des ambassadeurs de l'Islam", a déclaré Shafiq Alvarado, qui accomplit cette noble mission depuis plus de 20 ans, à travers tout le pays.

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