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L’immuable débat sur le voile (www.liberation.fr)

Soixante ans après les cérémonies de dévoilement sur le forum d’Alger organisées par les autorités coloniales, trente-et-un ans après la première affaire du «foulard islamique», le voile revient dans le débat public, où l’on renonce à la tolérance démocratique sous prétexte de cohésion républicaine.

Le fond de l’air est polémique et l’histoire, inlassablement, se répète. Alors que la reprise de l’épidémie de Covid fait à nouveau vaciller dangereusement les hôpitaux et dévoile un peu plus la lente mise à mort des services publics opérée par des décennies de néolibéralisme, l’espace médiatico-politique a été saturé par une tout autre obsession. Dans le sillage du projet de loi contre les séparatismes annoncé par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, début septembre, l’islam et avec lui «la question du voile» sont revenus au cœur d’un débat largement instrumentalisé.

Deux jeunes étudiantes, parce qu’elles étaient voilées, en ont ainsi récemment fait les frais : la blogueuse culinaire Imane Boun, qui propose des recettes à petit budget pour les étudiants, et la syndicaliste et vice-présidente de l’Unef Maryam Pougetoux, venue s’exprimer à l’Assemblée à l’occasion d’une réunion de la commission d’enquête sur la crise sanitaire et la jeunesse. La première, pour avoir fait une vidéo à l’occasion de la rentrée universitaire pour BFM TV où elle apparaît voilée, s’est vue attribuée sur Twitter un lien idéologique avec les attentats du 11 septembre 2001 et le terrorisme islamisme par la journaliste du Figaro Judith Waintraub. La seconde, pour avoir pénétré en toute légalité avec son voile dans l’enceinte de l’Assemblée, se voit reprocher de porter atteinte aux valeurs républicaines, aux droits des femmes et à la laïcité par la députée La République en marche Anne-Christine Lang qui quitte alors la commission avec plusieurs autres parlementaires. A leur suite, des éditorialistes et des personnalités politiques défendent la violence symbolique de ces attaques et pointent du doigt le voile de ces étudiantes comme une expression intolérable de la soumission des femmes et un instrument idéologique au service d’un prosélytisme islamiste.

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