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Les musulmanes voilées ne sont pas soumises à la tyrannie occidentale de la beauté

Dans notre société, pétrie de certitudes, qui vit, vibre et s’enivre sous l’emprise de l’image, le déni du diktat de la beauté est révélateur d’une aliénation qui ne dit pas son nom mais dont la tyrannie, inavouée et inavouable, s’avère d’autant plus pernicieuse.

La sacralisation des apparences a tout balayé sur son passage, l'être n'étant que peu de choses face à la suprématie du paraître. Comble de l’hypocrisie, cette dictature-là qui est particulièrement impitoyable envers la gent féminine n’indigne personne, à quelques rares féministes près… La tyrannie de la beauté se double donc d’une tyrannie intellectuelle qui pare le voile islamique de tous les maux – soumission, enfermement, angoisse -, en niant la réalité de ces mêmes maux chez nombre de femmes occidentales, jeunes et moins jeunes.

Fort de ce constat, le Dr Viren Swami de l'Université de Westminster a souhaité étudier les comportements des femmes musulmanes britanniques face à l’oppressante pression médiatique qui contribue au modelage intensif de la beauté corporelle, mais pire encore de la perception que les femmes ont de leur propre image. "L’anxiété liée à sa propre image et à la peur de ne pas répondre aux canons de beauté médiatiques est si répandue en Occident chez les femmes, qu’elle est considérée comme normale", a-t-il commenté.

Un panel représentatif de 587 Londoniennes de confession musulmane, âgées de 18 à 70 ans, dont 218 n’ont jamais porté de hijab, et 369 le revêtent régulièrement ou ponctuellement, ont répondu au questionnaire élaboré par l’équipe du Dr. Swami. Evaluer leur degré d’insatisfaction par rapport à leur propre corps, mesurer l’influence des médias sur leur apparence extérieure ainsi que leur dépendance vis-à-vis des canons de beauté standardisés, tout en sondant la profondeur de leur piété, tel était le but poursuivi par cette exploration du comportement féminin musulman au cœur d’une société qui voue un culte au paraître.

L’asservissement dénoncé à grands cris par la bien-pensance hexagonale, dont l'indignation à géométrie variable n'abuse plus personne, n’est pas celui qu’on croit… Ainsi, à la lumière des résultats de l’enquête réalisée par le Dr. Swami, il ressort clairement que le rapport des musulmanes voilées à leur corps est des plus positifs et confiants, celles-ci attachant de l’importance à d’autres valeurs qu’à leur seule enveloppe charnelle.

Pour le scientifique de l’université de Westminster, le voile a indéniablement « un effet protecteur » salvateur contre tous les matraquages médiatiques. Une vertu dont nos pasionaria anti-voile, qui vampirisent les plateaux télé et les prétoires au nom d'une dignité de la femme très partisane, se garderont bien de chanter les louanges…

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