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Le voile intégral sur la sellette en Grande-Bretagne

Le voile intégral au cœur de joutes oratoires enflammées et bientôt thématique centrale d’un grand débat national, la scène ne se passe pas en France qui a déjà tranché dans le vif en criminalisant les citoyennes qui l’arborent, mais chez nos proches voisins insulaires, sujets de Sa gracieuse Majesté, dont certains députés et magistrats ne cachent plus leur trouble, voire leur franche hostilité à leur vue.

Jérémy Browne, ministre des Affaires Etrangères, appelle de ses vœux la tenue d’une vaste concertation pour déterminer si l’Etat doit interdire le port du niqab, au risque de violer la liberté de conscience et de culte, mais au nom de la défense de la dignité des jeunes filles et femmes voilées de la tête aux pieds, en partant du postulat classique qu'elles le sont toutes sous la contrainte… Celui-ci est doublement conforté dans sa volonté de marcher sur les pas liberticides de la France et de la Belgique suite au refus du lycée de Birmingham d’obliger une lycéenne à le retirer et à la récente décision du juge Murphy qui a accepté, après moult tergiversations, qu’une femme, dont seul le regard filtrait, témoigne dans son tribunal londonien.

Ce dernier a d’ailleurs commenté son propre revirement en ces termes : "Étant donné la diversité croissante de la société en Angleterre et au Pays de Galles, c'est une question dont on peut attendre qu'elle se pose de plus en plus souvent et à laquelle une réponse doit être apportée urgemment. Le niqab a fait l’effet d’un phénomène de foire dans la salle d'audience."

Députée conservatrice, Sarah Woollaston ne cesse d’exhorter le gouvernement à proscrire le voile intégral dans toutes les écoles et les collèges, son dernier tweet donnant le ton de sa croisade : "Le niqab devrait être interdit dans les écoles et les collèges. Comment diable peuvent-ils favoriser l'égalité quand ils sont confrontés à des femmes invisibles ?"

Alors que le Premier ministre, David Cameron, a cautionné la décision prise par la direction de l’établissement scolaire de Birmingham de ne pas contraindre une étudiante au dévoilement, soutenue en cela par 9 000 pétitionnaires qui ont poussé à agir dans le respect de la liberté de culte et de la personne, Nick Clegg, le leader des libéraux-démocrates et numéro deux du gouvernement britannique, s'est dit pour sa part  « mal à l’aise » à l’égard de cet arbitrage, tant sur le fond que sur la forme.

Dans un communiqué, le collège a indiqué : "Nous allons modifier notre règlement interne afin d'autoriser nos étudiants à s’habiller selon leurs choix personnels et même s’ils reflètent leurs valeurs culturelles."

Côté chrétien, tout en étant favorable à l’idée de débattre du port du voile intégral, à condition que la passion ne l’emporte pas sur la raison, Julian Bond, le directeur du Forum interreligieux islamo-chrétien, a déclaré : "Le défi pour notre société est  d'être assez mature pour faire face à la différence, plutôt que de voir le monde à travers le prisme de « nous » et « eux ». C’est aussi intéressant d’observer que nombre de femmes qui portent le niqab au Royaume-Uni sont nées ici".

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