in

“Bruxelloises et voilées”, la page Facebook libératrice à plus d’un titre (vidéos)

Métissée, multicolore et riche de sa diversité, Bruxelles, la cité phare de la proche Belgique, renvoie les reflets chatoyants de sa pluralité à travers une page Facebook qui fait passer de l’ombre à la lumière, depuis la date symbolique du 8 mars 2015 dédiée à la célébration de la Journée mondiale de la Femme, des Bruxelloises ayant décidé contre vents et marées d’arborer le voile qui fâche ou fait tomber en disgrâce.

"Bruxelloise et voilée", la page libératrice à plus d’un titre, a ainsi fait son apparition sur le géant des réseaux sociaux afin de tordre le cou aux stéréotypes qui empoignent le voile en repoussoir absolu, grâce à une série de vidéos-témoignages qui humanisent des jeunes femmes par trop réduites à des symboles ambulants dérangeants et montrent la variété de leurs profils.  

Tous les 8 de chaque mois, une vidéo met des visages sur des noms et sous des hijabs, révélant l’hétérogénéité des intervenantes qui, contrairement aux idées reçues, ne forment pas un bloc monolithique, mais aussi leur personnalité, leur singularité, leurs aspirations profondes, leurs centres d'intérêt ou véritables passions, et le large éventail de leurs compétences et talents.

"On avait envie de donner la voix à ces filles qui portent le hijab et qui sont assez stigmatisées pour le moment", explique la tête pensante du projet lors d'un entretien à RTBF,  la multi-casquettes Ihsane Haouach, 30 ans, diplômée de Solvay, auteur de pièces de théâtre sur la condition sociale des minorités pour l'association Ras El Hanout et présidente de l'asbl TYN, Talented Youth Network, passée derrière et devant la caméra avec la même aisance.

"On voulait utiliser l'art et la culture pour lutter contre ces stéréotypes et montrer que les femmes qui portent le voile ne sont pas différentes des autres. Parmi elles, il y a une importante diversité également et il ne faut pas les mettre dans une case", précise-t-elle, en se disant très agréablement surprise par l’accueil plus que favorable réservé à ses vidéos, récompensant  le tandem de choc qu’elle forme avec Mohamed Ouachen, réalisateur et comédien de profession.

Evitant de tomber dans le piège de la justification à tout prix face à une société que le port du voile interpelle grandement, Ihsane Haouach insiste sur le fait que la finalité du projet est ailleurs. "Il n'est pas nécessaire de connaître les raisons de ce choix pour les respecter. Nous voulons montrer qui elles sont. Elles ont certes un dénominateur commun mais au-delà de ça, elles sont toutes différentes", souligne-t-elle, ajoutant : "Nous voulons permettre à nos témoins, majoritairement jeunes, de s'assumer. Puisqu'elles vont être vues trois à quatre mille fois, cela a en quelque sorte un effet curateur. C'est très intéressant en terme d'émancipation."

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Violence policière contre une lycéenne américaine : les 15 secondes qui scandalisent l’Amérique

Maroc: une femme voilée agressée par des jeunes (vidéo)