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Polémique Burkini : pour la députée belge, Mahinur Özdemir, “les libertés fondamentales ne sont pas négociables”

Comment la polémique franco-française paroxystique qui s’est cristallisée autour du burkini, au cours d’un été houleux, répressif et liberticide, a-t-elle été perçue chez nos proches voisins belges ?

C’est à un tour d’horizon édifiant de la vision que portent les élus francophones de Belgique sur cette hystérie hexagonale que nous invite une émission de télévision, en l’élargissant à la question du voile et du vivre-ensemble.

Parmi les interventions marquantes, on retiendra notamment le questionnement pertinent de la première invitée, Alda Greoli, ministre de la Culture et de la Petite Enfance, issue des rangs du Centre démocrate humaniste (Cdh), sur ce qui contribue véritablement à l’émancipation de la femme, pour mieux affirmer que c’est moins ce qu’elle porte sur elle que ce qu’elle a dans la tête, grâce à la scolarisation et à l’éducation.

Les plus émancipées, entre celles qui dissimulent leurs formes sous le burkini et celle qui ne dissimulent rien dans leur bikini, ne sont pas forcément celles qu’on croit…

N’en déplaise à nos esprits éclairés, prétendument épris de liberté à coup d’interdits infligés aux femmes musulmanes, la ministre belge leur renvoie le pâle reflet des dérives décadentes de notre société si attachée à la dignité de la femme, à travers l’ultra-sexualisation des petites filles, tout en assénant au sujet de la France recroquevillée dans un laïcisme peu glorieux : « La question du burkini en France montre les dérives d’un Etat qui ne sait plus comment il s’appelle parce qu’il a mis la laïcité au rang de religion d’Etat ».

Parmi les députées belges qui se prononcent en faveur du respect de la liberté individuelle fondamentale que représente le choix de porter le voile à l’âge adulte dans l’enseignement supérieur, la seule et unique parlementaire voilée de cette belle brochette d’élus, la turco-belge, Mahinur Özdemir, 34 ans, a clamé : « les libertés fondamentales ne sont pas négociables ».

Animée de l'esprit Voltairien, elle se battra jusqu’au bout pour que les femmes musulmanes aient autant le droit de porter le voile que de ne pas le porter, mais aussi pour que toutes les femmes, musulmanes comme non musulmanes, soient traitées avec le même respect, indifféremment de leur choix vestimentaire. En retour, elle demande légitimement à ce que celles et ceux qui s’érigent en défenseurs de la dignité de la femme fassent preuve de la même hauteur de vue qu'elle.

Découvrez l'intervention de la ministre Alda Greoli au tout début de la vidéo, et l'intervention de la députée Mahinur Özdemir à partir de 15’36

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