in

Nadia Saleh, la première conseillère municipale voilée d’Australie

Dans une Australie où sévit Pauline Hanson, la sénatrice anti-halal dont l’islamophobie pathologique prêterait à sourire si elle ne flattait pas les plus bas instincts, l’accession de Nadia Saleh, 31 ans, au conseil municipal de Canterbury-Bankstown, le plus grand de la Nouvelle-Galles du Sud, constitue une victoire éclatante sur l’instrumentalisation de la haine.

A la tête du centre communautaire Riverwood Community Center pendant 8 ans, cette mère de famille qui débarqua de son Liban natal il y a 28 ans de cela, après avoir subi les affres de la guerre civile, vient de réaliser son rêve australien en étant la première femme voilée à siéger dans le saint des saints du pouvoir local, au terme d’une campagne menée tambour battant.

Marchant allègrement sur les pas de son mari, Khider Saleh, qui s’était illustré, avant elle, aux élections municipales en tant que premier candidat musulman à conquérir les suffrages, Nadia Saleh est l’une des trois heureux postulants de confession musulmane à avoir été plébiscités par les urnes et, de toute évidence, la plus célèbre d’entre eux à l’échelle nationale.

Nadia Saleh aux côtés de son mari (à gauche)

En effet, forte d’une notoriété fulgurante qui a largement dépassé les frontières de son quartier situé à l’ouest de Sydney, bigarré, multiethnique et pluriconfessionnel, la première conseillère municipale en hijab d’Australie mesure pleinement l’importance que revêt son entrée dans l’arène politique et les attentes qui se cristallisent autour d’elle.

Des attentes d’autant plus pressantes que la populiste Pauline Hanson, qui a récemment fait sensation en se dissimulant sous une burqa au Parlement, à la consternation de ses pairs, continue de s’enfoncer dans une démagogie de caniveau dont on ne connaît que trop, hélas, les ravages causés dans l’opinion publique.

Il fut son mentor en politique, avant d’être son plus fervent soutien, Khider Saleh, gagné par une liesse communicative, laisse aujourd’hui éclater sa joie devant la victoire retentissante de son épouse, convaincu qu’elle envoie un signal fort aux sinistres artisans de la désunion nationale.

« Les campagnes calomnieuses visant à empêcher les musulmans de participer aux élections et à interdire leur inclusion dans le tissu social australien ont échoué », a clamé celui qui restera dans les annales comme le premier conseiller municipal musulman de Canterbury-Bankstown, en passant le flambeau à Nadia Saleh, sa femme déterminée à agir pour ne plus subir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

La visite en Israël d’un dignitaire du Golfe alimente les conjectures

Salah Hamouri : le Président de la République française doit siffler la fin de la partie !