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Australie : après l’attentat antisémite de Bondi, les actes islamophobes se multiplient mais les musulmans privilégient la solidarité au discours victimaire

Une vague d’actes islamophobes frappe l’Australie depuis l’attentat antisémite de Bondi, qui a fait quinze morts lors d’un événement célébrant Hanoucca. En l’espace d’une semaine, Islamophobia Register Australia – un organisme indépendant chargé de recueillir et documenter les actes islamophobes à l’échelle nationale – a enregistré 126 signalements, soit dix fois plus que lors des semaines précédentes. Insultes, menaces, appels téléphoniques haineux, gestes mimant des armes : les agressions verbales se multiplient, en particulier contre des femmes musulmanes identifiables par le port du hijab. Certaines disent ne plus oser sortir de chez elles. Des mosquées ont renforcé leur sécurité, tandis que des fidèles réduisent le temps passé sur les lieux de prière par crainte d’attaques.

Dans les jours qui ont suivi l’attentat, des actes de profanation ont également été signalés : des têtes de porc déposées à l’entrée d’un cimetière musulman à Sydney, des graffitis visant une mosquée du Queensland et une école islamique dans l’État de Victoria, ou encore des appels en ligne à des violences racistes sur la plage de Cronulla. Malgré ce climat tendu, les responsables musulmans refusent toute logique de repli. « Il y a de la peur, mais la communauté est résiliente. Nous ne chercherons pas à nous poser en victimes », affirment-ils, tout en appelant à une parole publique plus responsable.

 Un refus du discours victimaire  au nom du vivre-ensemble

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Ce positionnement traduit avant tout une volonté de ne pas ajouter de la fracture à la fracture. En refusant le discours victimaire, les responsables musulmans cherchent à préserver un cadre commun, fondé sur la solidarité avec les victimes juives et le refus des amalgames. L’enjeu est de rappeler que la lutte contre l’antisémitisme et celle contre l’islamophobie procèdent d’un même combat : celui contre la haine raciale et religieuse, quelle que soit la communauté visée.

Un geste symbolique a d’ailleurs marqué les esprits : à la mosquée Masjid Al-Hidayah, à Rockdale, une menorah – chandelier emblématique du judaïsme associé à la fête de Hanoucca – a été allumée en hommage aux victimes juives. Un message clair : refuser les divisions et affirmer que la dignité humaine doit primer sur les logiques de stigmatisation.

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