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Le calvaire d’une jeune américaine voilée, interrogée pendant 13 heures à l’aéroport de Londres

Ayan Mohamud, une Américaine de confession musulmane de 18 ans, se faisait une joie de s’envoler pour le Royaume-Uni pour la première fois de sa jeune vie, afin de rendre visite à sa tante qui réside à Leicester. Mais son euphorie et l’exaltation du voyage ont disparu brutalement sur le tarmac de l’aéroport londonien d’Heathrow face à un comité d’accueil qui lui a réservé, en signe de bienvenue, un traitement de faveur peu enviable…

A peine a-t-elle eu le temps de fouler le sol du royaume britannique que la jeune fille voilée, devenue livide, a été écartée sans ménagement des autres passagers, subissant la terrible humiliation publique d’être interpellée, puis conduite sous bonne escorte dans une salle d’interrogatoire où son calvaire durera treize heures interminables, à la consternation de sa tante Jawaahir Daahir qui n’aurait jamais cru un tel excès de zèle possible en Grande-Bretagne.

"Ce fut une expérience inimaginable et terrifiante pour ma jeune nièce, pour ses parents et pour toute notre famille. Elle n’a commis aucun crime, sauf d’être musulmane et de porter le hijab", s’est-elle indignée, après avoir éprouvé un immense soulagement lorsqu’elle a pu, enfin, tenir dans ses bras sa proche parente méconnaissable, apparaissant les traits tirés, affaiblie, et le regard effrayé par la véritable torture psychologique endurée.

"Je ne pensais pas pouvoir être interrogée et être mise à l’écart dans une salle froide et sans âme pendant des heures", a confié Ayan Mohamud, la voix étranglée par l’émotion, en cherchant du réconfort auprès de sa tante. "C’est à cause de ce que je porte sur la tête que l'on m'a infligé ce traitement inhumain, cette injustice. J’ai été arrêtée, interrogée et placée en garde à vue uniquement en raison de ma foi et de sa visibilité extérieure", s’est emportée la jeune fille avec la colère du désespoir, visiblement bouleversée.

"Personne ne devrait être victime d’une telle stigmatisation, aussi injuste que traumatisante, musulman ou non musulman", s’est écriée sa tante, en condamnant l’horreur des attentats de Paris qui l’a épouvantée, comme tous les membres de sa famille, d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique.

Quelques jours avant l’arrivée tristement mémorable de Ayan Mohamud au Royaume-Uni, la ministre de l’Intérieur, Theresa May, avait promis, droite dans ses bottes, que la sécurité serait "intensifiée" lors de manifestations dans les grandes villes et aux frontières du Royaume-Uni à la suite du vendredi 13 novembre.

Ce n’était certes pas des paroles en l’air, au point de se traduire en une grosse bavure du tout-sécuritaire à l'encontre d'une jeune américaine dont le sourire radieux s'est évanoui à Londres, en même temps que ses espoirs de voir la tolérance et la raison triompher…

 

 

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