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Laïcité à deux vitesses : des partiels reportés à Paris XII

Plus la France brandit l’étendard laïc avec un dogmatisme plein de hargne, plus le deux poids deux mesures a les coudées franches pour faire pencher la balance de la laïcité du côté de l’hypocrisie sans nom et de l’impunité souveraine, et souvent au vu et au su de tous. Un comble !

Le Parisien s’est fait l’écho récemment de cette vaste mascarade qui laisse pantois, même si l’on en connaît tous les ressorts et les funestes visées. Après la mairie de Paris qui ne se cache pas pour suspendre son conseil municipal, chaque année, au moment du Yom Kippour, sans que personne n’y trouve rien à redire, c’est le report inopiné d’examens de droit au sein de l’université Paris-Est- Créteil qui a jeté une nouvelle ombre au tableau : les examens de licence 3 et master 1, décalés peu de temps avant les vacances de printemps, l’ont été pour cause de fêtes religieuses, et pas n’importe lesquelles : les fêtes juives de Chavouot.

"On s’est renseignés auprès de l’administration, qui nous a avoué que c’était à cause de fêtes religieuses", a confié une étudiante prénommée Caroline au Parisien. "C’est incroyable. En cours, on nous rabâche les principes de laïcité, d’égalité mais ils n’existent pas en droit à Paris-XII", a-t-elle ajouté, le Parisien soulignant la stupeur de l’étudiante et de ses camarades de licence quand ils ont appris que les fêtes en question étaient les fêtes juives de Chavouot.

Une malheureuse exception accordée à l’islam, un jour férié pour l’Aïd par exemple, suscite aussitôt une levée de boucliers retentissante, sous les cris d’orfraie de la caste politico-médiatique toujours prompte à dénoncer une concession faite au péril vert, alors que, comme par enchantement, aucune menace ne guette les institutions républicaines, ni la loi de 1905, quand Bertrand Delanoë ou en l’occurrence l’université de Paris XII prend ses aises avec la sacro-sainte laïcité bien mise à mal.

Si, pour Jacques Israël, le doyen de la faculté de droit, tout est bien dans le meilleur des mondes et la "laïcité n’est pas remise en cause", en  revanche, du côté du syndicat étudiant l’Unef, cet ajournement des partiels interpelle grandement : ce report "dans un établissement public où les religions n’ont pas à entrer en ligne de compte" et de surcroît "décidé au dernier moment, peut nuire à la réussite des élèves", se sont émus les responsables. L’association d’étudiants Alter a, quant à elle, levé un coin du voile sur la duplicité ambiante en précisant : "Habituellement, le calendrier est fait en fonction des fêtes religieuses, mais on ne le sait pas". Pas vu pas pris, en somme !

La laïcité à deux vitesses n’est pas un mythe. Ses faux-semblants et son cynisme minent en profondeur la société française avec la bénédiction de la République, mais que le bon peuple, leurré éhontément, se rassure, il n’y a nullement péril en la demeure ! Le seul danger communautariste qui plane comme une épée de Damoclès au-dessus de la belle concorde nationale est vert et rampant, comme chacun sait…

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