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La police de New York et ses recrutements d’informateurs musulmans sous la contrainte

Qui dit espionnage post-11 septembre intrusif et intensif de la minorité toujours présumée coupable et rarement innocente, dit forcément recours à des informateurs par une police de New York qui a fait sien l’adage « la fin justifie les moyens », ne laissant d’autre choix aux immigrés musulmans approchés que de coopérer sous la contrainte, au mépris de leurs droits civiques.

Alors que son démantèlement en avril dernier a procuré un certain soulagement au sein de la communauté musulmane et des défenseurs des libertés civiles, la  disparition de la « Demographic Units », ce fameux Big Brother de la lutte contre le terrorisme dont les agissements secrets étaient un secret de Polichinelle, semble avoir délié les langues de policiers retraités ou encore en activité qui ont révélé au New York Times les coulisses de ces recrutements « d’indics », enrôlés de force sous la pression de chantages et de menaces.

Ainsi, l’un de ces grands témoins a gardé en mémoire les cas d’un petit camelot originaire d’Afghanistan, d’un chauffeur de limousine venu d’Egypte, et d’un étudiant en comptabilité arrivé tout droit de son Pakistan natal, sur lesquels la police de New York avait jeté son dévolu, après qu’ils aient été interpellés pour des délits mineurs.

Ayant là matière à les intimider, voire à les terroriser, les inspecteurs de l’unité Citywide Debriefing Team, chargés de les convaincre de collaborer, avaient la tâche facile tant leurs proies étaient fragilisées et apeurées par les incidences de leur arrestation. Le marchand ambulant afghan, Bayjan Abrahimi, qui n’avait à se reprocher qu’un différend lié à un stationnement, a raconté au New York Times son interrogatoire sans ménagement, les policiers lui demandant de but en blanc s’il connaissait des membres d’Al Qaida, avant de l’interroger sur sa mosquée, la nationalité des musulmans qui la fréquentaient, ainsi que sur son frère, chauffeur de taxi de son état, mais resté au pays.

Des préliminaires qui ne poursuivaient qu’un seul but : impressionner ce malheureux petit vendeur de rue pour l’obliger à collecter des renseignements dans les mosquées et, ponctuellement, à faire des allers-retours en Afghanistan. Ce dernier, se disant « effrayé et très pertubé» dans les colonnes du quotidien américain, a accepté une mission à laquelle il lui était difficile de se soustraire sans craindre le pire.

« Nous recherchions des gens qui pouvaient nous donner une ouverture sur le monde du terrorisme. On n'obtient pas d'informations sans parler aux gens», s’est justifié John Miller l’un des responsable de cette unité qui s’est retranché derrière le besoin urgent d’informations durant la décennie qui a suivi le 11 septembre, balayant d’un revers de main les méthodes coercitives et peu recommandables employées pour embrigader des citoyens musulmans ordinaires.

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