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Homme accompli ou Homme supérieur ? (4/7)

Cet article s’inscrit dans une série de 7 sous parties, constituant un dossier sur le soufisme au XXIème siècle, par Shaykh Hamdi ben Aissa.
Pour accéder aux précédentes parties : https://oumma.com/auteur/shaykh-hamdi-ben-aissa/

L’ésotérisme comme approche préchrétienne et antique considère que l’aboutissement du développement humain mène à la production d’un homme supérieur. On peut voir cela dans les mythologies grecques et romaines qui mettent en scène des “demi-dieux” ou encore dans les œuvres modernes qui ont fait émerger la figure du super-héros. Cette fausse croyance a instauré dans les mentalités l’idée que l’homme abouti serait celui qui a dépassé son humanité, qui a muté, changé d’état et de condition pour devenir supra-humain.

C’est dans ce contexte que le terme d’illumination (fath) a pu être très mal compris. Les maîtres soufis, qui sont les ingénieurs du développement spirituel, ont bien utilisé ce terme, mais pas de la manière dont il est interprété aujourd’hui. Les soufis modernes pensent qu’il s’agit d’une chose qui vient de façon soudaine, comme une épiphanie, un changement d’état, une mutation !

Lorsque l’on parle de développement personnel, il ne s’agit pas de quelque chose de new-âge ou de moderne. Il s’agit d’une notion prophétique, «je n’ai été envoyé que pour développer la personnalité humaine» nous disait notre bien-aimé Prophète (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui). L’art du développement personnel n’est pas ce qu’on voit sur le marché spirituel moderne, il s’agit plutôt de développer une personnalité saine et pour cela oui il faut certes développer l’intellect, mais aussi et avant tout les émotions. Il faut apprendre à aimer, à pardonner, à entrer dans une véritable relation avec autrui.

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La notion de l’homme accompli que nous apportent la spiritualité authentique et l’héritage prophétique, s’appuie sur un paradigme totalement différent : le développement humain y est appréhendé comme étant un hommage à la nature humaine, une reconnaissance de son plein potentiel donné par Dieu. Comme le croissant de lune qui croît progressivement jusqu’à devenir une pleine lune, l’être humain part de là où il est, et travaille sur lui jusqu’à découvrir en lui son plein potentiel, celui de la lune ronde et belle qui reçoit et reflète parfaitement la lumière du soleil et la laisse se partager.

C’est donc en s’exposant davantage au soleil que le cheminant découvre qu’il a en lui ce potentiel. Il sait alors que son épanouissement ne provient pas de lui-même, mais de Dieu. Son épanouissement est son devenir humain. C’est pour cela que notre bien-aimé Prophète Mohammed (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) est toujours comparé à la pleine lune. En sa pleine humanité, en son humanité accomplie, il est pure expression du Divin.

Les chants et les poèmes qui lui sont dédiés accueillent en eux cette lumière divine dont il est le reflet accompli, le miroir ! Il est la lune parfaite, le modèle à suivre.

Ces deux paradigmes du cheminement, celui qui mène vers un dépassement de l’humain et celui qui mène vers un accomplissement de l’humain, s’opposent totalement.

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L’un produit des êtres rigides et arrogants, accrochés à une illusion, tandis que l’autre permet à l’individu de vivre un épanouissement global, une floraison.

Le cheminement spirituel ne peut être que prophétique alors que l’initiation à l’ésotérisme n’est accessible que pour une élite d’intellectuels.

Est-ce qu’un esclave affranchi ou un illettré auraient pu y avoir accès ? Non, car cette initiation est réservée à un petit groupe de lecteurs et de penseurs alors que le tassawuf, le cheminement spirituel prophétique, est accessible à tout le monde, sans discrimination.

Les prophètes sont venus pour toute l’humanité, et notre bien-aimé Prophète Mohammed (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) est descendu comme Amour Inconditionnel pour l’univers entier.

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Nous devons comprendre qu’en réalité, les diverses pratiques et rituels qui ponctuent les jours et les nuits du croyant ne sont pas des fins en soi. Toutes nos pratiques et tous nos rituels doivent être considérés comme des exercices de développement de conscience, de Présence, d’Amour. Ce sont des exercices d’épanouissement qui permettent au cheminant de cultiver son humanité, sa fraternité, sa patience et sa cohérence.

Ainsi, chaque pilier de l’islam doit être considéré comme un exercice de méditation, de développement et de cultivation de qualités et de prédispositions intrinsèques à l’être humain. Chaque pilier est une occasion complète et parfaite pour le cheminant de travailler sur sa dévotion à Dieu et de s’accomplir en Lui. Les rites ne devraient jamais être perçus de la manière dont ils sont communément pensés aujourd’hui, c’est-à-dire comme des actions que l’ont fait machinalement ou que l’on effectue dans le but de parvenir à un résultat bien déterminé. La ‘ibada, communément traduite par acte d’adoration, est comme une graine qu l’on sème dans le coeur et qui permet de cultiver la réalité intérieure. Tout le rituel islamique, en plus d’être un exercice de développement et de cultivation, peut et doit aussi devenir un fruit du spirituel, un aboutissement : l’expression d’amour de l’être humain épanoui. Tous les actes d’adoration sont donc avant tout des expressions mohammadiennes de cet amour.

Ainsi, tout rituel, qui est par définition une action humaine consciente et disciplinée faite avec intention et attention est soit une action au service du spirituel, soit une action qui en est le fruit.

Lorsque l’être humain s’épanouit spirituellement, toute son action sur terre devient rituel. Les graines semées sur le chemin spirituel que sont les actes d’adoration, ou plutôt les exercices de développement de conscience, doivent éventuellement porter fruit en un rituel qui devient la célébration du spirituel. En ce sens, le rituel est également le fruit du spirituel.

Comme nous l’enseigne ce verset du Qor’an : “Les serviteurs d’Ar-Rahman (ceux qui appartiennent vraiment à la Source de la création) marchent sur terre avec conscience. Lorsqu’ils viennent à la rencontre des ignorants, ils ont quelque chose qui apporte conscience et paix, qui apporte un message positif à l’autre (salâm)” (Sourate 25 / Verset 63).

Si l’islam est la soumission de l’intellect humain à Dieu, l’iman est la vie du coeur en Dieu. Effectivement, l’intellect croit en des dogmes alors que de son côté, le coeur vit la foi. Penser que les Prophètes ont été envoyés pour le simple développement intellectuel humain est une grave erreur. Ils sont venus pour nous apprendre à développer les coeurs dans le service, le travail, le partage, la générosité, la dévotion.

Lorsque toute la structure sociale est devenue totalement ritualisée en ce sens précis-là, on peut alors parler de maturité d’une société humaine : toutes les activités, les traditions, les célébrations, tous les rites de passage, la musique et les chants de cette société deviennent des activités conscientes qui visent à créer un milieu éducatif.

Ce n’est pas du folklore ou de la superstition, tout est là pour éduquer et transformer, pour veiller sur les esprits déjà éveillés et réveiller les esprits endormis. Cela forme une culture, un terreau fertile, une levure qui permet l’élévation humaine, qui permet de cultiver le potentiel humain sain en nous. Nous pouvons constater les résultats merveilleux de ces sociétés, comme à Tarim au Yémen et d’autres poches spirituelles miraculeusement conservées dans le monde.

Par Shaykh Hamdi ben Aissa qui remercie l’ensemble de ses étudiants qui travaillent à la retranscription de ses enseignements. Parmi eux, Thalia Archaoui et Félix Sayd pour leur travail de retranscription et de rédaction, ainsi que Siham Lamti, Raphaël Gély et Mahdi Gabriel Rouani pour leur travail de relecture.

Retrouvez  l’ensemble des enseignements de Shaykh Hamdi ben Aissa en français sur sa page facebook : https://fr-fr.facebook.com/shaykhhamdifr/

Commentaires

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  1. devenir un homme accompli.. cela redonne tous son sens à le religion !
    Il devient vitale de rappeler que c’est un chemin de transformation que la religion est venu nous apporter.

    merci beaucoup ! que vos mots puissent être saisis de tous .

  2. Salam,
    Ce texte, sans méchanceté aucune, n’apporte aucune valeur ajoutée à la compréhension de ce que l’on appelle le soufisme. Je dirais même qu’il contribue davantage à la confusion générale quant à la saisie de ce concept déjà affaibli par tant de pratiques douteuses.
    Un spirituel a dit :” Autrefois, le soufisme était une réalité sans nom. Aujourd’hui, il est un nom sans réalité.” Le concept de soufisme n’est plus pertinent. De plus, il n’a jamais eu l’apanage de la spiritualité en contexte islamique. La spiritualité est une dimension indépassable et non négociable en matière de pratique religieuse. Ceux qui se réclament du soufisme, à tort ou à raison, veulent faire de “la purification de l’ego” (tazkiyato nafs) un métier à l’instar des juristes (foqaha) qui font du droit islamique une profession… alors que la religion dans toutes ses dimensions est une vocation.
    Par conséquent, ce qui me choque un peu dans ce texte qui manque de précision et de pertinence dans la définition de “l’homme parfait” ou de “l’homme universel” ou de “l’homme originel”, que l’on traduit dans le texte qui nous occupe, par “l’homme accompli” est la traduction que l’on donne des hadith et verset (25/63). Les traductions sont un peu tirées par les cheveux.
    De plus, l’expression “les ingénieurs du développement humain” que sont, selon l’auteur, les soufis laisse un peu pantois. Nous avons dit que la pratique religieuse est une vocation et non un métier. Et si ambition il y a, elle se confond avec la vocation et devient sa soeur siamoise. Cela ne veut point dire que le musulman tourne le dos au monde. Mille fois non ! le musulman vit et évolue dans le monde mais ne procède point de la corruption qui le caractérise. Le musulman exerce un métier mais ne fait pas de la religion sa profession. Les grands soufis, comme Jounaïd par exemple, avaient des métiers. C’est pourquoi l’expression ingénieur du développement spirituel tombe comme un cheveu dans la soupe. Comme si le soufi faisait concurrence au spécialiste du développement humain. Comme si l’humain était une machine et l’organisme un mécanisme. Cela en dit long sur la conception de l’homme que donne à penser ce texte. Au moins les coachs en développement humain n’ont pas l’outrecuidance de se qualifier d’ingénieurs. Les soufis seraient-ils les “La Mettrie” de la spiritualité.

    La Mettrie a écrit un livre qui s’intitule “L’homme-machine”. Ce qui ferait des soufis, selon ce texte peu précis, des spirituels à l’approche matérialiste ?

    Le soufisme tel qu’il se pratique aujourd’hui, n’est qu’un exotérisme parmi tant d’autres hélas ! Même les scientifiques sont des littéralistes puisqu’ils s’occupent des phénomènes et négligent les “noumènes” comme l’avance Sayyed Hossein Nasr. Ce qui fait de l’expression ” le soufi/ingénieur du développement spirituel ” est une découverte malheureuse.
    La véritable spiritualité existe. Elle est, en règle générale, introuvable dans les zaouias. Mais il existe des îlots de spiritualité vraie et intense. Et ces îlots ne sont que les coeurs vertueux qui se nourrissent d’humilité et de lucidité. Quant à “‘homme universel”, il n’est autre que celui qui fait de l’humilité/lucidité un paradigme majeur. “Celui qui fait preuve d’humilité devant Allah/Dieu, Celui-ci l’élève”, a dit le Prophète ç.

    • J’ai arrêté de lire quand vous avez commencez à remettre en question le terme “d’ingénieur du développement personnel”…je me suis demandé si vous étiez ironique ou sérieux…
      vous pensez réellement que l’auteur parle d’ingénieur au sens professionnel du terme… la lecture doit être bien au-delà, votre lecture semble assez limitée et accrochée à ce monde physique et ces paradigmes matériels, auquel cas vous êtes passé bien à côté du message de l’auteur.

      une relecture avec une attitude plus ouverte s’impose !

      • Salam,
        L’auteur du texte écrit bel et bien : “les maîtres soufis, qui sont les ingénieurs du développement spirituel, ont…”.
        Il y a donc équivalence entre soufi et ingénieur dans cette assertion. Si l’auteur avait dit les soufis sont comme… On pourrait à la rigueur comprendre. Mais entre une comparaison et une équivalence, il y a beaucoup de chemin à faire. Cette équivalence encore une fois malheureuse est la conséquence logique d’une lecture matérialiste de l’âme humaine.

        C’est vrai qu’aujourd’hui le mot “ingénieur” est mis à toutes les sauces. On le trouve en effet dans l’expression en vogue “les ingénieurs sociaux” par exemple. Tout relève désormais de la mécanique, hélas !. C’est le triomphe du matérialisme qui colonise notre discours. On en trouve trace même chez les religieux, encore une fois, hélas !

        La vraie nature de l’être humain est morale/éthique. Donc seul l’Esprit traite l’esprit. Le mélange des genres n’est pas bon ! On n’explique pas le primordial par le contingent. la mécanique spirituelle ou ingénieur spirituel relèvent de la rhétorique. Et au fond ils sont la victoire de la mécanique sur l’éthique. Et je suis pour l’Esprit tout court qui n’a pas besoin d’adjuvant pour être opératif. Ce n’est point moi qui suis matérialiste. Qu’Allah nous en garde. Car la spiritualité n’aime pas les systèmes hybrides. Ceux-ci sont opératoires en physique. Mais stériles dans le champ de la spiritualité, la vraie.

  3. Salam à propos d’enseignements “prophétiques”
    Dans cet autre article https://oumma.com/trouver-dieu-seulement-dans-la-pratique-religieuse/?unapproved=80182&moderation-hash=daf16724e4090156cd21b80d4c7b577c#comment-80182 , vous citez un hadith du célébrissime Abu hureira rapporté par Muslim autrement dit authentissimolavéritésijemomosahhihhique
    Le voici. Je vous cite :
    « C’est dans ce même sens qu’un enseignement prophétique, souvent oublié, nous explique la marche à suivre pour nous rapprocher de Dieu :
    « Dieu dit : “Ô Mon serviteur ! J’ai eu faim, tu ne M’as pas nourri.” Le serviteur Lui dit : “Mon Seigneur, Tu es le Seigneur, Tu es le Créateur, Tu n’as jamais faim, c’est Toi qui nourris les affamés. Comment pourrais-Je Te nourrir ?”. Dieu répondit : “n’as-tu pas su que untel, Mon serviteur, a eu faim et tu avais la capacité de le nourrir et tu ne l’as pas nourri ?” Puis Dieu dit : “Ô Mon serviteur, J’étais chagriné (ou dans une autre narration “assoiffé”) et tu ne M’as pas donné à boire ou tu n’es pas venu Me consoler”. “Comment, Dieu, pourrais-je Te consoler, Toi qui es le Consolateur de toutes les âmes ? Comment, Dieu, pourrais-je Te donner à boire alors que c’est Toi qui donnes à boire à toute la création ?” Dieu dit : “N’as-tu pas su que untel, Mon serviteur sur cette terre, a eu soif, ou a été chagriné et tu avais le pouvoir de le consoler ou de lui donner à boire et tu ne l’as pas fait ?”. Puis Dieu dit “Ô mon serviteur, J’étais malade et tu n’es pas venu Me rendre visite. Le serviteur répondit : “mon Dieu, Tu ne tombes pas malade. Tu es le Guérisseur de toutes les âmes”. Il dit : “Mon serviteur untel était malade et tu le savais, tu étais capable d’aller lui rendre visite et tu ne l’as pas fait. Tu ne savais pas que si tu allais lui rendre visite, tu allais Me trouver chez lui ?”. »
    Fin de citation de ce qui serait une parole du messager de Dieu Mohamed lui-même

    Et alors ô surprise…
    41 Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
    42 Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
    43 j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
    44 Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?”
    45 Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”
    46 Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »
    Evangile selon Matthieu (25,41-46)

    Tout autre commentaire semble superflu…

  4. C’est pas ça, on ne parle que de graines germées, c’est un mauvais sens, sans charia. Le muslim, je ne suis pas le prophète mais un compagnon, en faite pour le blé c’est : Sur 10 épis de blés donne en 3, garde les 7 autres. Sinon pour l’acceptation.. J’ai dejas entendu le jeune qui traite de mécréant avec son piètre Islam, c’est un sens mal aimé et transformé, sont simplement des gens qui ont choisis une autre religion, sont partis un peu mécomptant comme quelqu’un de normal, accepter un peu les autres et l’Islam serait dejas quelques choses de bien.

  5. Qu’est-ce que vous définissez précisément par ésotérisme ?

    Tout votre argumentation repose sur la réfutation de l’ésotérisme, mais vous ne le définissez pas.

  6. Intéressant cette distinction je ne m’étais jamais vraiment posé cette question même si je me rends compte en lisant que ces deux “modèles” sont en effet bien présent dans ma conception de l’homme.

  7. Comme si dépasser son humanité, ce n’est pas justement l’accomplir véritablement.

    Que Dieu nous protège contre ceux qui viendront impressionner par les mots pour nous éloigner de Dieu et nous rapprocher de leur “personne”.

    • Assalam Aleykoum cher frère,

      Je pense que le problème est dans la terminologie, dépasser dans cet article renvoie à l’être humain qui ne veut pas cheminer, un être impatient qui s’accroche à des états extatiques, qui veut consommer et non pas servir l’humanité, qui veut tout sans cheminer. S’accomplir signifie qu’on développe sa compassion, ses émotions, travailler son coeur qui est la terre afin de pouvoir planter dans nos coeurs les qualités qui sont les branches du iman, mais comment pouvons nous planter des bonnes qualités dans un coeur, dans une terre qui est aride, qui n’est pas fertile à cela ? Voilà ce que représente l’accomplissement, c’est de préparer le coeur à recevoir la révélation et l’élévation spirituel. De plus le mot Iman renvoie à une réceptivité, à une perméabilité qu’il faut travailler. Avons nous un pouvoir sur nos états spirituels ? Avons nous un pouvoir sur nos inspirations ? Non, mais par contre nous pouvons travailler, développer notre coeur afin d’être perméable et d’accueillir la vérité complète lorsqu’on s’expose à elle.
      Un compagnon était allé voir le Prophète صل الله عليه و اله و سلم lui indiquant qu’il ne ressentait rien dans la Salat, et le Prophète صل الله عليه و اله و سلم lui répondit que c’était parce que son coeur était dur. Le compagnon revint et lui demanda comment adoucir son coeur, et le Prophète lui répondit va voir un orphelin et caresse lui les cheveux. Cela montre bien que le développement des émotions sont les portes qui vont mener à un lien avec Dieu, nous amenant donc au spirituel, car pourquoi chercher un lien avec Dieu si on ne veut pas développer notre amour avec Lui ?

      • Assalam Aleykoum cher frère,

        Je comprends tout ce que vous dites mais le mot dépasser à un sens précis qu’aucune acrobatie linguistique ne peut changer.

        C’est parce que Dieu dépasse l’homme que l’homme doit se dépasser.

  8. Ya Allah! Mais qu’est-ce que je viens de lire ?!
    Le nombre d’absurdité qu’on trouve dans cette article est choquant…
    Sans parler de l’horde d’étudiants toujours prêt à commenter pour dire “waw, subhanAllah” comme de bons robots d’un “club spiritualiste soufi”

    Vous n’avez rien à voir avec le tassawwuf, ça c’est clair. En fait, personne n’avait compris le tasawwuf, sauf vous! Le wahhabisme du soufisme. Merci de nous éclairer 14 siècles d’obscurantisme. Tous les maîtres spirituels soufis se sont trompés! Il n’y a pas d’élevation au-dessus de l’humain, on a fait fausse route, restons tous au niveau humain! La négation même de la spiritualité…au nom de la spiritualité! Mais y a-t-il encore des gens pour penser ou qui se permettent seulement d’observer ?

    Plus c’est grotesque, plus ça va passer. Le mélange du vrai et du faux, comme du bon satanisme de la fin des temps qui s’assurera de bien se revêtir de “spiritualité”.

    Y a -t-il encore quelqu’un qui ose réfléchir ?

    • Assalam alaykoum wa rahmatoullah cher frère. Je pense que vous exagérez dans votre réaction. La seule référence à la ville de Tarim devrait suffire à vous montrer qu’il ne s’agit pas de remettre en question l’héritage millénaire du monde du tassawuf, mais plutôt une compréhension particulière que l’on peut constater de nos jours, dans le contexte de l’occident moderne.

      Concernant votre compréhension de l’homme accompli qui serait au niveau purement “humain” et niant la dimension spirituelle et transcendante, c’est une conclusion hâtive encore une fois. Il suffit de lire l’article dans son ensemble pour s’en convaincre.

      Partie 3 :

      “Si l’humain est humain, c’est comme esprit, c’est comme cet esprit au plus profond de toutes ses dimensions intérieures. La raison et ses représentations comme le coeur et ses émotions doivent au fil du temps céder à l’esprit les pleins pouvoir, se laisser guider par lui, s’aligner avec l’esprit mohammadien. Une fois que la raison a cédé la place à l’émotionnel qui, en partie avec l’aide de la raison, est à son tour devenu mature, la porte vers le spirituel devient accessible.”

      La confusion vient simplement du fait que vous entendez “humain” dans le sens de “seulement humain” tel qu’on peut le lire chez René Guénon par exemple, et auquel serait opposé le “supra-humain”, la dimension spirituelle.

      Dans le propos de Shaykh Hamdi ben Aissa, il s’agit de dire que cette dimension spirituelle est “naturellement contenue en l’homme”, si on peut le dire ainsi, et qu’il s’agit donc pour l’homme d’accomplir sa nature primordiale (fitra) pour accéder à son esprit, qui transcendance ce monde.

      • Le problème c’est que vous semblez dire tout est son contraire.

        Vous jouez avec les mots et leurs significations.
        Il n’y pas d’ambiguïté dans une phrase comme ça:
        “Ces deux paradigmes du cheminement, celui qui mène vers un dépassement de l’humain et celui qui mène vers un accomplissement de l’humain, s’opposent totalement.”

        Cette phrase est simplement fausse et ne fait pas de sens.

        Vous opposez dépassement et accomplissement, et vous pouvez jouer autant que vous voulez sur les mots, cela ne change rien. Cette phrase est une erreur.

        Ce qui est précisément au centre de l’être humain est aussi au-dessus.

        Vous niez une vérité pour en affirmer une autre.

  9. Bel approche ; préceptes et formulations pertinents sauf que ;
    1- cela ne semble pas du tout être le cas pour une très grande partie des musulmans alors que ce qui est exposé ici est déclaré accessible à tous, toute personne ordinaire ”sans discrimination”.
    2- il est connu qu’il y a une condition pour tout cheminement spirituel dans la voie de l’islam : avoir et prendre l’attachement (wird, ‘âhd) avec un maître, un guide, un cheikh qui est lui-même rattaché par une chaîne de cheikhs précédents jusqu’au Prophète (sws).

    Des éclaircissements ?

  10. Bonjour cher Waterwater.
    Les prophètes ne sont justement pas des hommes supérieurs (au sens de supra-humain) tel que cela est très bien indiqué dans l’article. Les prophètes sont des modèles d’accomplissement. Si cela n’était pas le cas, alors nous ne pourrions les prendre comme exemple, étant donné leurs conditions supérieures. Or Allah nous a invités (nous humains en quête d’accomplissement) à les prendre comme modèles et à les suivre.
    Par ailleurs, il n’y a aucune contradiction entre le fait d’être un homme accompli et le fait d’être choisi par Dieu. Qui donne l’impulsion et la soif de cheminer ? Qui donne à l’homme les capacités de le faire et l’assiste dans cette voie ? Qui rend les cœurs sensibles à son appel ? … Dieu !

    Je ne suis pas sûr de bien comprendre la deuxième partie de votre commentaire : « la croyance, c’est comme les vêtements… ».

    Je sais seulement que la foi a besoin d’être renouvelée par la répétition de la parole benie. Comme nous l’enseigne le Bien Aimé.
    Peut être faites-vous allusion à cette invocation prophétique:

    Mon Dieu, lave moi de mes fautes par l’eau de la neige et la grêle, purifie mon cœur de mes fautes comme Tu purifies le vêtement blanc des impuretés
    Merci cher Waterwater pour ce rappel! 😊

    Au plaisir de vous lire et d’échanger de nouveau avec vous .

  11. Bonjour cher Waterwater.
    Les prophètes ne sont justement pas des hommes supérieurs (au sens de supra-humain) tel que cela est très bien indiqué dans l’article. Les prophètes sont des modèles d’accomplissement. Si cela n’était pas le cas, alors nous ne pourrions les prendre comme exemple, étant donné leurs conditions supérieures. Or Allah nous a invités (nous humains en quête d’accomplissement) à les prendre comme modèles et à les suivre.
    Par ailleurs, il n’y a aucune contradiction entre le fait d’être un homme accompli et le fait d’être choisi par Dieu. Qui donne l’impulsion et la soif de cheminer ? Qui donne à l’homme les capacités de le faire et l’assiste dans cette voie ? Qui rend les cœurs sensibles à son appel ? … Dieu !

    Je ne suis pas sûr de bien comprendre la deuxième partie de votre commentaire : « la croyance, c’est comme les vêtements… ».

    Je sais seulement que la foi a besoin d’être renouvelée par la répétition de la parole benie. Comme nous l’enseigne le Bien Aimé.
    Peut être faites-vous allusion à cette invocation prophétique:

    Mon Dieu, lave moi de mes fautes par l’eau de la neige et la grêle, purifie mon cœur de mes fautes comme Tu purifies le vêtement blanc des impuretés
    Merci cher Waterwater pour ce rappel! 😊

    Au plaisir de vous lire et d’échanger de nouveau avec vous .

  12. merci pour cet excellent article qui éclaircit bien les différences fondamentales entre l’être supérieur et l’être accompli. Que Dieu, par Sa grâce infinie, nous permette de nous accomplir en LUI.

  13. Je comprends mieux maintenant qu’il s’agit d’un grand article divisé en plusieurs parties subhanAllah… Très intéressant ce distinguo entre accomplissement et supériorité… C’est peut-être cela le problème des croyants de nos jours, de vouloir devenir supérieurs aux autres, pétris dans leur arrogance et leur insuffisance, plutôt que de devenir des gens biens, les meilleures personnes au monde comme l’était notre Prophète bien-aimé. Des gens accomplis, donc ! Ça donne à réfléchir en tout cas ! Merci !

  14. Quel article magnifique ! J’avais pu voir il y a quelques mois le cours public dans le café Floraison à Montréal, où Shaykh Hamdi ben Aissa avait abordé cette différence notable entre l’être supérieur et l’être accompli. Des musulmans comme des non musulmans, pouvaient échanger sur ce qu’ils considéraient comme un être supérieur et un être accompli. Nous nous rendons compte, que nous avons encore beaucoup de préjugés, que l’on a acquis par l’éducation, la tradition, la société… Cet article nous permet de déconstruire ces fausses idées qui peuvent nous induire en erreur, ne seraient ce que dans la définition même d’un Prophète !

    Tendons vers cet être d’accomplissements… Merci à Shaykh Hamdi ben Aissa, pour cette clarté dans le message, cette vulgarisation dont nous avons tous besoin pour cheminer vers Dieu.

    La première vidéo de l’atelier du Café Floraison (sur une série de 3 vidéos), sur les dimensions de l’être complet : https://www.facebook.com/shaykhhamdifr/videos/2157711184526279/
    Vidéo 2 : https://www.facebook.com/shaykhhamdifr/videos/2435909606507846/
    Vidéo 3 : https://www.facebook.com/shaykhhamdifr/videos/514374185965982/
    Une série incontournable pour aller plus loin sur ce sujet !

  15. Je comprends mieux maintenant qu’il s’agit d’un grand article divisé en plusieurs parties subhanAllah… Très intéressant ce distinguo entre accomplissement et supériorité… C’est peut-être cela le problème des croyants de nos jours, de vouloir devenir supérieurs aux autres, pétris dans leur arrogance et leur insuffisance, plutôt que de devenir des gens biens, les meilleures personnes au monde comme l’était notre Prophète bien-aimé. Ça donne à réfléchir en tout cas ! Merci !

  16. Approche intéressante, dans la continuité des précédentes parties de l’article : il ne s’agit pas tant de réduire le cheminement spirituel au niveau de ce qu’on entend habituellement par “développement personnel”, mais plutôt d’élargir ce dernier terme pour élever sa réalité jusqu’aux enseignements prophétiques…

  17. «Je n’ai été envoyé que pour développer la personnalité humaine», voila l’essence de la mission Prophétique résumé en une phrase subhanAllah.

    Très bel article, merci à vous d’avoir fait l’effort de partager cet enseignement.

    Que Dieu nous permette de le vivre.

  18. Les hommes supérieures sont des hommes choisi par dieu, les prophètes.
    L’homme accompli, je ne sais pas.
    La croyance , c’est comme les vêtements, on doit les laver périodiquement.
    Personne ne porte un vêtement toute sa vie sans le laver.

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