in

La place de Jésus dans l’Islam

Pour comprendre la place de Jésus (sur lui le salut et la paix) dans l’Islam, il faut aller à la source, revenir au Coran : message divin révélé au Prophète Mohammed (sur lui le salut et la paix).

A l’avènement de l’Islam, il y avait de nombreux sujets de division entre les différentes communautés chrétiennes (les monophystes, nestoriens, priscilliens, ariens…) se réclamant du message de Jésus. Est-il fils de Dieu ? Dieu lui-même ? Quelle place accorder à Jésus ? Dans ce contexte, le Prophète Mohammed, à travers la révélation coranique, va honorer et réhabiliter Marie et préciser la mission de Jésus.

Dans l’Arabie pré-islamique, deux événements majeurs, en relation avec les chrétiens, marquent le destin du Prophète : le premier, lors d’un voyage avec son oncle Abu Talib en Syrie, à l’âge de 7 ans, Mohammed est reconnu, à certains signes, par le moine chrétien nestorien Bahira. Le second a lieu lors de la première révélation du Coran, au Mont Hira, qui troubla le Prophète, et c’est un chrétien dénommé Warraka, parent de sa femme Khadija, qui lui confirmera sa mission prophétique.

On peut aussi ajouter qu’au cours de la période mecquoise, où les musulmans étaient oppressés, le Prophète Mohammed recommande à ses compagnons d’émigrer vers l’Abyssinie chrétienne avec qui il entretenait une relation cordiale et amicale. En effet, le Négus, roi d’Abyssinie, avait entendu parler du Prophète et lu les premiers récits coraniques parlant de Jésus et Marie. Ayant été touché par la vénération et le respect avec lequel le Coran parlait de Jésus et de sa mère, il accorda sa protection aux premiers émigrés de l’Islam, malgré la réprobation répétée des Mecquois avec lesquels, pourtant, il entretenait un fructueux commerce.

Publicité

A sa mort, le Prophète Mohammed réunit ses compagnons et il fit avec eux une prière dans la mosquée de Médine pour le repos de son âme. Un autre événement qui donne à réfléchir sur les relations qui existaient entre les deux communautés. Lorsque la délégation du Najrân (région se situant actuellement au Yémen) arriva à Médine avec soixante personnes et, à sa tête, un évêque pour voir le Prophète et passer avec lui un pacte d’alliance. Voulant prier, ils demandèrent un lieu pour célébrer l’office. Le Prophète leur suggéra que le meilleur lieu pour prier était sa mosquée : la maison dédiée à l’adoration de Dieu. Et pour la première fois, la messe sera célébrée dans l’un des lieux les plus saints de l’Islam

On le voit, la reconnaissance et le respect de Jésus et de sa communauté existent dès le début de la mission du Prophète. Ainsi, les rapports entre l’Islam et la chrétienté se trouvent dès le départ invités au dialogue et au respect mutuel.

Comme les textes le prouvent, il existait un rapport fécond, d’une grande richesse d’échanges tant du point de vue intellectuel, artistique, commercial et spirituel, malgré les affrontements d’intérêts politiques, économiques, qui jalonnent l’histoire, chacun utilisant ses références religieuses et dogmatiques pour justifier sa domination. Ce bref aperçu évoqué, quel regard porte le musulman ouvert et sincère sur Jésus (Sidna Aissa), très souvent associé à Marie (Myriam) ?

Il est considéré comme un être spirituel exceptionnel. Exception confirmée par le Prophète, quand il annonce le retour de Jésus pour les temps messianiques où la paix, la justice, l’égalité triompheront enfin sur terre.

Publicité

Donc, dans la conscience musulmane le retour de Jésus est une espérance. C’est la fin d’un cycle apocalyptique au cœur duquel se trouvent les germes du renouveau. Dès lors, les hommes s’uniront pour oeuvrer au bien de l’humanité et terrasser le mal.

Ce que je viens d’évoquer, concerne l’aspect extérieur, l’aspect temporel, celui lié au sens de l’histoire. Il existe un autre aspect peu connu, c’est celui de la place accordée à Jésus par l’ésotérisme musulman. C’est celui relatif au verbe incarné de Dieu, comme le dit le Coran sourate 4, verset 171 :

Cela signifie qu’il est intemporel. II ne peut être ni cerné, ni connu, ni localisé. Le message spirituel de Jésus ne peut pas se révéler à celui qui ne va pas à la source même d’où émane cette réalité divine. Dans l’ésotérisme musulman (Tacawwuf – soufisme), il y a des stations (degrés spirituels) pour chaque prophète évoqué dans la Bible, et dans le Coran. La station de Jésus est particulière et parmi les plus élevées. Son enseignement délivre une spiritualité pure, sans lien déterminé dans le temps et dans l’espace.

Cette réalité se révèle à celui qui fait l’effort soutenu d’arriver à cette station, à ce maqqam de Sidna Aïssa (Jésus). Celui-ci délivre un message extraordinaire : la force de l’amour a puissance sur tout. Par sa naissance, Jésus nous apprend que les lois physiques et temporelles qui gèrent la création peuvent être bouleversées, voire inversées par le divin, telle la résurrection des morts. Notre conception du divin se référant uniquement aux lois qui gèrent le monde manifesté est si limitée, qu’elle nous empêche de comprendre la mission de Jésus et sa station. De ce fait, son message demeure inconnu pour le plus grand nombre.

Publicité

Pour les soufis, Jésus est l’émanation ou la démonstration physique que l’être par une voie initiatique peut retrouver l’essence universelle qui donne équilibre et harmonie au monde manifesté, mystère de la création. L’avènement du message mohammadien vient confirmer et révéler dans sa profondeur le contenu du message christique. Comme le dit le prophète Mohammed « Nul n’est plus en droit de se réclamer de Jésus et Marie que moi-même, car entre lui et moi il n’y a aucun prophète ». Ainsi le message rnohammadien devient le miroir révélateur de Jésus, car entre les deux prophètes il n’y a aucune altération, aucune rupture. C’est donc dans l’équilibre entre ses deux pôles que le mystère de la vérité se dévoile à l’homme.

Ce qu’on peut encore retenir du message de Jésus, c’est que les valeurs matérielles du monde ne sont que l’ombre trompeuse des illusions qui nous égarent et exacerbent nos passions. A l’exemple de son entrée dans le temple pour le purifier, Il nous invite à se situer à la verticalité du Divin, symbole du soleil au zénith ou nulle ombre est perçue ou nulle illusion est permise. Par-là, l’homme est habité par l’esprit divin. Quant à Mohammed, il apporte lui l’équilibre de l’horizontalité, symbole du serviteur qui accepte totalement son appartenance au divin. Il se confie à Lui, et assume cette responsabilité d’en être le témoin dans le monde. Ainsi l’homme habité par le divin, réalise et manifeste l’état parfait de l’homme universel.

Selon l’ésotérisme musulman, si Jésus de par sa naissance échappait aux lois physiques de la vie, sa mort devrait aussi échapper à celle de tout un chacun. Car il existe une réciprocité. Pour les musulmans en général et les soufis en particulier Jésus a été élevé à Dieu, n’étant d’ailleurs pas le seul puisque d’autres prophètes sont dans le même cas : Elie, Idris, Enoch, … Cette élévation est une occultation mais aussi une présence, une permanence.

Il était, n’est plus mais personne ne peut dire où il se trouve, ou qu’il n’existe plus. On ne peut le situer dans l’espace ou dans le temps, sans nier sa présence. Si on lui assigne une place, un rôle, une fonction même la plus sacrée, elle demeure en dessous de la vérité qu’il incarne car le message spirituel de Jésus est élevé et intemporel. Mais chacun par une démarche intérieure de purification, d’humilité, de pardon, d’amour peut retrouver l’essence de ce message, son parfum et sa béatitude.

J’ajoute qu’on pourrait aussi qualifier le message de Jésus de radical. Il ébranle la forteresse des croyances, des dogmes, des certitudes… notre conception limitée des choses de ce monde, qui n’ont de réelles valeurs qu’en étant rattachées à l’essence, à Dieu. Sans ce rattachement, les pouvoirs, les savoirs, les connaissances ne sont qu’illusoires. Le message de Jésus ne se comprend et ne se vit que dans l’amour absolu, intransigeant et décapant.

Cette vertu, cet état d’être sont très difficiles à concevoir et à réaliser. Il suffit de voir comment nous vivons. Le constat est affligeant ! Quelles sont les valeurs qui déterminent notre époque ? Jésus est le verbe divin et les valeurs qu’il enseigne ne sont pas celles sur lesquelles reposent notre monde. Nous ne comprendrons son message et réaliserons cette transformation alchimique que par la quête de ces valeurs spirituelles et chevaleresques qu’il est venu pour nous enseigner.

Un message prophétique où l’homme est prêt à se sacrifier pour le bien être d’autrui, afin que la Vérité demeure parmi nous. Ainsi, il triomphe de l’absurdité de son égocentrisme, il renaît et il vit dans le monde parfait de l’Essentiel.

Qui laisse croire qu’il n’existe aucune réalité, hormis celle que l’homme s’impose dans ce conflit permanent avec lui-même et avec son prochain ? Incapable de pardonner car incapable de se pardonner. Aujourd’hui, nous sommes dans les situations où le message de Jésus semble d’une urgence capitale, voire vitale. Notre monde est gravement malade, seule une médecine radicale peut le soigner.

Pourquoi tant de misère et de haine, de conflits et de corruption ? Au nom de qui ? Pour servir quels intérêts ?Au nom de Dieu ? Au nom d’Allah ?… Quel est le sens d’un monde en démence, où personne n’ose dire la vérité par peur d’être incapable de la vivre et d’en assumer la responsabilité et les conséquences?  La vérité est exigeante comme l’est le message de Jésus. Dans l’atmosphère dramatique de notre époque, qui peut concevoir que pour trouver Dieu il faut tout donner ? Quel est le pays, la communauté, l’être capable de tout donner pour tout recevoir ?

Dans le monde actuel, ne pas tricher avec soi-même soulève mépris, ironie et sarcasme. Pourtant, nous allons vers un monde qui nous impose d’être et non de paraître. Humain se conjugue au verbe être et non au verbe avoir. C’est à ce prix que nous pourrons résister au chaos qui nous attend.

Que Dieu accorde sa grande miséricorde à tous les innocents qui périssent par la faute de l’incompréhension et de la bêtise humaine.

Publicité

Commentaires

Laissez un commentaire
  1. Le Christ Jésus, fils de Marie, que la paix soit sur lui, est né sans père! C’est un événement incroyable! Mais il n’est pas impressionné par la création d’Adam qui a été créé sans père et sans mère
    (( إِنَّ مَثَلَ عِيسَى عِندَ اللّهِ كَمَثَلِ آدَمَ خَلَقَهُ مِن تُرَابٍ ثِمَّ قَالَ لَهُ كُن فَيَكُونُ ))(1) ، et dans ce verset, nous lisons un argument irréfutable qui compare l’étranger à la sagesse de Dieu. À la capacité de Dieu, Dieu Tout-Puissant doit prêter attention à la première merveille – la création d’Adam – qu’aucun humain n’a vu, et il y a une seconde sagesse, qui est le rétablissement de l’équilibre spirituel des Enfants d’Israël qui se sont noyés dans le matérialisme, et la naissance surnaturelle du Christ était une proclamation du monde des esprits.

  2. “Cheikh” Khaled Bentounès qui dans un autre article écrivait que Iblis était un ange déchu.
    Ce grand “cheikh” n’a visiblement jamais lu la sourate Al-kahf (la caverne), mais a t-il déjà lu le Coran ?

  3. @croissant
    votre commentaire mélange un peu les choses me semble-t-il.
    Tout d’abord le contexte historique de l’époque (celle de Pilate) est totalement différent de celui de Constantin (300 ans plus tard)
    En Palestine, comme dans toutes les parties du monde que les Romains avaient conquises, Rome avait laissé les populations libres de leurs religions. (le pragmatisme dont vous faites état)
    En contrepartie, la PAX ROMANA , c’est à dire la loi de l’Empire, ne tolérait aucune entrave ni manquement à cette loi. (surtout en matière d’impôts)
    La répression était extrêmement violente, en témoignent les centaines de croix plantées à tous les carrefours, sur lesquelles avaient été cloués ceux que la Justice Romaine avaient condamnés.
    Toute l’épopée de Jésus ainsi que celle de ceux que la légende mettra en scène, s’inscrit dans cette réalité historique .
    Aucun document d’état civil ne mentionne la date, le lieu, et l’ exacte filiation de celui que l’on appellera Jésus, et lui-même n’a jamais rien écrit.
    L’Immaculée conception est un mythe, auquel on adhère, ou pas.
    Mais en vérité, un mythe, une légende, ont-il besoin d’une réalité historique pour diffuser leur message ?
    Les civilisations grecques, égyptiennes, sumériennes, voir amer-indiennes , se sont toutes construites sur des grands mythes, et des légendes totalement immatérielles.
    Isis la grande prêtresse Égyptienne n’a jamais eu d’existence matérielle, et pourtant la portée, et les enseignements liés à son message se sont transmis, et perdurent encore.
    Le message originel du “Christianisme Primitif” (la miséricorde, la tolérance, le partage, la liberté de conscience, l’altruisme dans tous ses développements) a été reçu , compris et transmis par de puissants relais.
    L’Islam en fait partie,puisque dès ses origines,il prendra en compte le message, de celui qu’il considérera comme un des prophètes “majeurs”, un thuriféraire incontournable en quelque sorte.
    Quel rapport y a -t-il entre considérer la réalité historique de Jésus avec beaucoup de circonspection, et l’Athéisme ?
    Aux yeux de ceux qui considèrent (j’en fait partie) que le “message” est plus important que le “messager”, la controverse autour de la réalité matérielle du Christ n’est finalement pas d’un grand intérêt, puisqu’elle a tendance à occulter le sens profond du “Message”.
    Cordialement

    • “Aux yeux de ceux qui considèrent (j’en fait partie) que le “message” est plus important que le “messager”, la controverse autour de la réalité matérielle du Christ n’est finalement pas d’un grand intérêt, puisqu’elle a tendance à occulter le sens profond du “Message”.”
      C’est justement un point très important car ne considérer que le communiqué en occultant le communiquant est une erreur qu’aucun spécialiste en communication ne fera.
      Selon vous les messages les plus importants de l’humanité feraient partie de mythes tout en structurant la réalité de l’humanité. Vous sous-estimez donc l’Homme à ce point. C’est pourtant là une erreur et une porte ouverte à toutes les pires dérives que l’humanité peut connaître ou a justement connues.
      Le message dans son ensemble est toujours sujet à débat et dans ce débat, le principe premier veut savoir qui l’a dit, pourquoi, comment, où etc. Que Trump ou Pétain déclarent la DUDH universelle est une chose mais prendre leur message en entier vous fera croire que vous défendez la DUDH alors que vous êtes à l’inverse de ses valeurs. D’ailleurs, qui a écrit la DUDH, quand, comment, pourquoi, sur quelles bases etc. Est-elle si nouvelle que ça?
      La question de qui était Jésus est essentielle. Car elle dévoile le coeur de son message. Ce qui est à prendre avec beaucoup de circonspection et de pincettes, c’est ce qui est dit sur lui, pas lui en particuliers. Qu’un fou sorte une belle parole n’enlève pas moins le fait que sur le reste il sera à mettre de côté et vice versa. Qu’un traître fasse dire à Jésus ce qu’il n’a jamais dit doit nous alerter afin de connaître qui l’a écrit, pourquoi etc. Ainsi, ce que vous appelez message de Jésus, je vous pose simplement la question : où est son message tel que Jésus l’a prononcé et prêché? Là, vous verrez que votre assertion de départ est trompeuse et que si vous occultez la raison quand vous pensez la foi, vous tomberez dans des pièges non pas mythiques mais très bien raisonnés et raisonnables. Mieux vaut les déjouer que les prendre tel quel.

      C’est une différence majeurs entre ceux qui suivent les mythes et ceux qui mettent les mythes à leur place affabulatoire pour ne se concentrer que sur le logiquement plausible et le concret où le doute vous fera effleuré un semblant de vérité car la complexité n’est jamais évidente sans patience, recherche longue et critique intègre. C’est comme la fable contemporaine du judéo-christianisme, un être réellement spirituel est bien au-dessus de ça et voit encore plus loin que les histoires romancées destinées à des esprits qui ont laissé au stade enfantin leur propre histoire humaine sans critique aucune. Ce qui est triste à plus d’un titre car la vérité même effleurée est bien plus belle que la fausse opinion toute molle qui paraît plaisante alors qu’elle est basée sur une fable sans preuve aucune. Lire un conte ou histoire qui se veut Histoire est une chose, chercher les preuves de cette histoire, qui l’a écrit et sur quelles bases en est une autre. Lire un message est une chose, chercher à le comprendre et à le critiquer de manière intègre et sourcée en est une autre. Qu’on parle de scientisme ou de religion, vous conviendrez que c’est la même chose. Un universitaire n’a aucunement un statut plus intègre qu’un religieux ni même une prévalence, ce serait se fourvoyer que de penser cela et occulter la complexité d’une analyse correctement exécutée. Surtout qu’un religieux peut tout à fait être universitaire et vice versa.
      Si notre croyance est évolutive (encore faudrait-il raisonner sa spiritualité), botter en touche est pour moi un signe de faiblesse face aux fausses croyances et mythes imaginaires. Dire je suis ça parce que mes ascendants étaient ça est également une facilité intellectuelle et fénéante.
      De nos jours, la science est capable de prouver Dieu mais encore faut-il être scientifique pour comprendre le débat. Depuis les temps anciens, la spiritualité a toujours trouvé Dieu mais encore faut-il être spirituel et comprendre que la spiritualité est également une science disposant d’une recherche et d’une méthodologie. Depuis presque toujours, l’homme-malin a toujours forgé des fausses divinités et spiritualités pour tromper et prendre le pouvoir suprême car il a tout à fait compris et maîtrisé la science spirituelle. Et depuis toujours il a échoué lamentablement à remplacer Dieu jusqu’à l’extinction même de sa civilisation remplacée par une autre.
      Ainsi, si le message universel vous intéresse, il n’est absolument pas à comprendre uniquement dans la fable judéo-chrétienne mais à chercher bien au-delà (la source des sources) afin de balayer le faux pour ne garder que réellement l’universel. Car se complaire ensemble avec facilité en avançant la DUDH est une chose mais la mettre en application vous démontre toute sa limite car si elle énonce de belles choses et en règle quelques unes d’essentielles, elle est malheureusement très loin d’être un outil qui règle tous les problèmes de l’humanité. En cela, est-elle vraiment universelle? Ne lui manque-t-il pas beaucoup de chapitres pour être complète et être à la hauteur de son ambicieuse dénomination?

      Mes sincères salutations

      • @kalim
        “les messages les plus importants feraient partie de mythes structurant l’humanité”.
        Ce n’est pas le sens que j’ai voulu donner à mon propos (mais peu être me suis je mal exprimé)
        A mon sens ce serait plutôt l’inverse.
        Les messages les plus importants produisent des mythes et des légendes, permettant au message de s’inscrire dans l’inconscient populaire.
        Ils auront toujours plusieurs niveaux de lecture selon que selon que l’on s’attache à les lire de manière exotérique, ou ésotérique.
        C’est d’ailleurs une des causes de l’ambiguïté régnant autour de Jésus.
        Jésus et le Christ ne situant pas sur le même plan (ésotérique).
        Concernant la matérialité de Jésus, chacun raconte sa propre histoire.
        Elle sera différente selon que l’on soit catholique ou protestant, orthodoxe ou membre de l’église d’Orient, musulman ou simple historien.
        Il est très important de connaitre le communiquant pour mieux comprendre le communiqué dites vous.
        soit.
        Mais le plus grand Best-seller de l’histoire, (la Bible) n’a pas d’auteur connu.Pas plus que l’épopée de Guilgamesh sur la quelle il a pris appui, ni que les Rig-Veda piliers de l’hindouisme, ni que le Noble Coran, que la Thora ou les différents Talmuds.
        Néanmoins, malgré leur absence d’auteurs désignés,les mythes et les légendes qui les ont relayé, ont contribué très efficacement à leur promotion, jouant parfaitement le rôle des communicants que vous évoquez me semble-t-il.
        La DDUH est incomplète dites vous, et de plus elle n’a rien réglé .
        On ne peut qu’être d’accord avec votre propos.
        Néanmoins, il convient de considérer qu’il s’agit d’ une oeuvre humaine, contemporaine, (1948) donc imparfaite et soumise à l’erreur.
        A la différence des grands textes évoqués, ses auteurs sont connus, (René Cassin pour la France) et leurs travaux sont facilement accessibles à ceux qui souhaitent les consulter (wilkipédia)
        Elle est très loin d’avoir réglé tous les problèmes, j’en convient, mais est-ce que les monothéismes, et les idéologies ont fait mieux ?
        La seule chose que l’on puisse constater, c’est que dès lors que l’on s’en écarte, (de la DDUH) les génocides, et les catastrophes humanitaires reprennent de plus belle.
        Que lui-manque-il alors, selon vous, pour qu’elle soit plus efficace ?
        L’absence du mot DIEU dans ses attendus, serait-elle, selon vous, la cause de ses échecs ?
        C’est sans doute un point de vue qui mérite d’être débattu, selon l’angle de vue que l’on adopte.
        Enfin pour revenir au sujet de cet article, à savoir Jésus et l’Islam, on peut également considérer que Le véritable Christ, est celui de la Tradition Primordiale, dont la connaissance en Palestine était encore présente, au travers des Esséniens, et quelques autres élites spirituelles, réparties dans de nombreuses sectes.
        Le Soufisme, porteur également de cette connaissance, mettra en perspective, le très haut degré de spiritualité, contenu dans le message Christique.
        (lire René Guénon, et la Tradition Primordiale)
        Ce syncrétisme, à l’origine de tous les monothéismes, était transmis par initiation, dans le plus grand secret, car il mettait en danger de mort, tous ceux qui s’en réclamait ouvertement.
        Dans cette version ésotérique, le Christ ne pouvait naître qu’à minuit, au cœur des ténèbres les plus profondes, à l’apogée du solstice d’hiver.
        Il renaîtra au printemps au solstice d’été, grâce au baptême de Jean le Baptiste.
        Son apparition sur terre se fera dans l’ère du “Poisson”, selon la précession des équinoxes, alors qu’à l’autre pole se situe l’ère de la “Vierge”.
        Christ veut aussi dire “poisson” en grec, donc toute sa trajectoire sera comprise et marquée par ces deux poles.
        Le sublime message porté par le christianisme primitif, était carrément révolutionnaire pour l’époque.
        En faire la propagande, et le porter à la connaissance des “masses” était extrêmement dangereux, car il remettait en cause les fondements des sociétés archaïques de l’époque.
        Hérode avait parfaitement compris le danger, quand il a fait décapiter le “Baptiste” à Machéronte.
        La nouvelle approche, d’un Dieu de Bienveillance , de Pardon, de Justice, mettait en péril l’édifice religieux, autant que l’édifice politique. (Hengels, le compagnon de Marx, écrira de très belles pages à ce sujet)
        Bref, l’histoire continue !
        amicalement

        • “Mais le plus grand Best-seller de l’histoire, (la Bible) n’a pas d’auteur connu.”
          Euh? Je crois savoir que l’église et la synagogue disent d’eux même que des prêtres ou rabins ont réécrit le texte originel. Concernant le Talmud, les rabbins auteurs ne se sont jamais cachés. L’histoire de l’hindouisme (qui croit en Dieu au passage) a également démontré la part de réel et de mythe. Si Buddha a existé par exemple, tout le monde sait aujourd’hui qu’il était loin du mythe que raconte les gens et qu’il croyait en Dieu (ps : ceci n’est pas un savoir wikipédia).
          Enfin, je suis d’accord avec vous que ne pas croire au Dieu ne vous fera jamais trouvé l’auteur des évangiles, de la Thora non réécrits ou du Noble Coran. Par ailleurs, la notion du Dieu est tout à fait partagée entre musulmans et chrétiens, seulement quand les chrétiens disent que cette virtuosité du coeur est Jésus, les musulmans disent que oui nous lui devons le message grâce au Dieu mais qu’il n’est pas Dieu. Vous conviendrez que la différence est très fine quand elle est dépassionnée. Rechercher Jésus et Dieu est absolument logique c’est les confondre qui pose une différence. L’histoire du demi-dieu grec transcendant, unifié et réincarné est ce qu’elle est. Nous en connaissons l’auteur et l’histoire permettant de la déjouer, il suffit de raisonner pour atteindre le message originel. Quant à la fable judéo-chrétienne, d’un jésus chrétien ou d’un moïse juif ou d’une antériorité judéo-chrétienne par rapport à l’islam (hors celui prêché par Muhammed sws), il n’y a rien de prouvé, acune brique d’aucun temple retrouvé par ailleurs. Le Noble Coran le disait déjà il y a 1500 ans et l’histoire scientifique (donc complexe) le démontre. Même les écrits grecs sont post-islam prêchés par Muhammed sws. Sinon, belle histoire romancée convenons-en, à chacun sa croyance effectivement.
          Enfin, il y a la question de la libre spiritualité, en quoi un homme d’une institution qu’il s’appelle mollah ou évêque ou rabbin est-il en droit de m’imposer sa vision du message ou même d’être mon maître initiateur? C’est également toute la question concernant certains sheikh (savants) qui forment de plus en plus un embryon clérical que beaucoup de musulmans essaient d’avorter sans leur ôter leur titre scientifique bien sûr (ils ont quand même fait des études et sont docteurs). Bref, je n’aime pas généralement quand une institution mélange l’instruction à l’éducation car le monopole par le pouvoir en place n’est jamais très loin. Je suis de l’école Badiou, j’appelle l’éducation nationale “instruction nationale” mais je ne suis pas marxiste, pour moi il se trompe comme beaucoup de nos contemporains sur le marxisme.
          “Le sublime message porté par le christianisme primitif, était carrément révolutionnaire pour l’époque.”
          Oui, il s’agissait d’un rappel porteur d’un nouveau message (on ne parlait pas de christianisme mais de disciples de Jésus, la notion de christ et de christianisme est beaucoup plus tardive). C’est la différence entre prophète et prophète messager. Et nous nous rejoignons bien évidemment là-dessus. Vous conviendrez que le message avait un messager et un auteur, vous ne pouvez pas vous arrêtez là car il vous manque logiquement quelque chose pour être complet. Si je vous pose la question quel était ce message, la discussion vous aménera au judaïsme, au christianisme, à l’islam et à la recherche historique (non dénuée de mythes également). Si le message est révolutionnaire, c’est qu’il est universel et plus vaste et complexe que les symboles ou les mythes qui l’ancrent dans l’imaginaire ou l’inconscient des masses. En cela, si l’embryon spirituel peut vous être acquis, sans arrosage et entretien la graine risque de ne jamais germer. Encore faut-il que la terre soit fertile me diriez-vous.

          “L’absence du mot DIEU dans ses attendus, serait-elle, selon vous, la cause de ses échecs ?”
          Je ne pense pas que Dieu ait besoin de qui que ce soit pour s’annoncer. Il a choisi ses prophètes qui ont laissé des traces indélibiles dont nous parlons encore de nos jours. A ce titre, je ne confonds pas une déclaration humaine à un message divin. Donc, non il n’y a pas besoin du mot Dieu dans la DUDH et je ne la vois pas comme une concurrence aux textes religieux mais comme un contrat entre hommes. Je dis simplement qu’elle est perfectible à plus d’un titre et que ceux-là même qui s’en prévalent et qui la rédigèrent la trahissent. A ce titre, je note une constante chez l’Homme, celui de trahir les plus beaux textes de l’humanité, qu’ils viennent de Dieu ou de lui-même.
          Nous disons en islam que ceux-là même qui reçurent les textes divins sont les auteurs des divisions actuelles. En quoi est-ce différent pour la DUDH? C’est la même chose. Il n’y a pas de mieux ou pas mieux. Il n’y a que du perfectible. Il y a le texte et sa difficile application tant les passions humaines l’emportent sur beaucoup trop de sujets.
          L’histoire continue effectivement. Qu’elle le fasse dans le meilleur!

          Mes amitiés

  4. @sylvie anne
    Si notre ami @patrice vous ouvre les yeux, surtout ne les refermez pas !
    ne le prenez pas mal, car en fait, je blague.
    C’est juste pour le plaisir de taquiner pourrait-on dire !
    Concernant l’historicité de Jésus, il faut bien reconnaître que peu d’éléments, concrets, avérés, sont à notre disposition .
    Dans les temps troublés que vivait (déjà) la Palestine à cette époque, le nom de Jésus
    était couramment utilisé pour désigner un prétendu “messie” annonçant une libération.
    Il y avait semble-t-il, autant de sectes que de “messie” dans cette période d’effervescence religieuse et politique.
    La plupart de ces sectes (juives) s’opposaient à la domination de Rome, mais également au clergé de la religion dominante : le judaïsme dont elles remettaient en cause le message, ainsi que la mise en oeuvre du projet religieux.
    Le Jésus désigné et mis en scène (300 ans plus tard) par la religion catholique, était-il en réalité un des leaders d’une de ces sectes, un iscariote, un zélote , issu des Esséniens ?
    Beaucoup d’éléments plaident en ce sens, mais il est difficile malgré tout de dégager des certitudes sur ce point.
    Ce sont toujours les vainqueurs qui écrivent l’histoire, et pour le coup, ce seront les Romains qui l’écriront.
    Constantin assisté d’Eusèbe de Césarée reconstruirons une histoire largement fantasmée, destinée à devenir un dogme, lui même destiné à établir un pouvoir et une domination alliant le Temporel au Spirituel.
    ce qu’ils réussiront incontestablement.
    Quand au Christ, sa réalité historique, sera toujours comprise par les initiés, comme un concept, porteur d’un message universel, totalement nouveau, pour ne pas dire révolutionnaire dans le contexte de l’époque.
    En portant l’humanisme à un niveau encore jamais atteint, ce message sera compris et repris pour aboutir à fonder une civilisation (judéo-chrétienne) qui en l’amalgamant avec les civilisations gréco-romaines antérieures, finira par aboutir à la DUDH ainsi qu’a la création des états de droit issus du processus démocratique.
    Je ne suis pas assez instruit en Islam pour avoir une lecture “éclairée” sur la présence et le rôle de Jésus dans le Noble Coran.
    Il me semble néanmoins évident, même si les absurdités de certains dogmes semblent s’en éloigner, que les bases humanistes contenues dans le Livre, portent la marque de ce message universel.
    cordialement

  5. @Sylvie anne

    Une ligne dans Flavius Josèphe, reprise dans Tacite, peut être rajoutées par des copistes. Ca fait léger. Les personnages réels sont beaucoup plus mentionnés. Surtout quand ils séduisent les foules.

    • A oui ? Lesquels ? Car mobiliser les foules, comme vous dites, c’est relatif, cela concernait quelques centaines, au plus 2 ou 3 000 personnes. Les personnages plus souvent mentionnés à l’époque étaient des leaders politiques, militaires, philosophes et autres, pas de vagues prêcheurs dans une lointaine colonie ! En outre, des écrits sur Jésus de Nazateth, il y en a eu beaucoup après sa mort, avec l’expansion du christianisme au sein de l’Empire Romain. Enfin, n’oubliez pas que pour avoir des personnages célèbres très bien documentés avec possibilités nombreuses de recoupement, il faudra attendre le Moyen-Âge intermédiaire avec la généralisation de l’écriture.
      Si vous en êtes à douter même de l’existence de cet homme (outre le fait religieux), vous êtes en contradiction avec tous les historiens (hors les polémistes de métier).

  6. Vous ironisez mais cela vous interdit de comprendre.
    Vous pouvez toujours soupçonnez les autres de mauvaises intentions en projetant sur eux vos modes de pensées et ceux de votre temps. In fine c’est une question de foi certes j’aime bien cette citation de saint Augustin “Croire pour comprendre, comprendre pour croire.” D’expérience je sais que cela est vrai : cela demande de mettre un peu de soi, de se dépouiller de ses carapaces (ici l’ironie et le cynisme) pour qu’enfin on puisse voir tout cela sous un autre jour. Et le plus fantastique et sans doute que c’est un processus qui n’a pas de fin.

    • @Omen

      Croyance et compréhension sont des termes symétriquement opposés. La compréhension passe par l’observation, suivie de l’analyse, suivie de la vérification expérimentale.
      La croyance consiste à estimer certaine une hypothèse non démontrée. Ca ne permet pas de comprendre, mais ça permet de se tromper.
      Les personnages réels laissent des traces historiques. Exemple, St Jean Baptiste, ou Saint Paul. A ma connaissance, Jésus n’a pas laissé de telles traces. J’en déduis que, soit il a été inventé de toute pièce, soit il a été un prêcheur lambda, l’un des multiples messies autoproclamés qui parcouraient la Palestine à cette époque. Le récit de ses miracles ne se trouve que dans les évangiles, lesquels racontent tous une histoire différente, pour peu que l’on consulte les apocryphes. Pour comble, ces miracles sont tous repris sur des mythes antérieurs. Exemple, les noces de Cana, pompées sur le culte dionysiaque.
      Bref, n’en déplaise à St Augustin, je préfère douter pour comprendre.
      Mais il n’est pas interdit d’aimer la symbolique christique, ou la morale de partage et de tolérance prônée par les premiers chrétiens. Dommage que cette morale ait disparu plus tard.
      Enfin, la récupération de Jésus par la religion musulmane prête un peu à sourire. Ca frise la concurrence déloyale. Ceci dit, ça ne me dérange aucunement.

      • Tout dépend ce que vous appelez trace. Les “logions” utilisé pour écrire les évangiles ne sont pas des traces selon vous? Les témoignage de ceux que vous considérer comme ayant laisser des traces ne sont pas des traces?
        Le but de la négation de l’existence de Jésus est purement polémique et n’a guère d’intérêt.
        Je vois pas en quoi croyance et compréhension serait antinomique. En fait il est impossible de ne pas croire vu qu’il est impossible de tout vérifier. Après tout dépend à qui on donne sa confiance.
        La croyance n’interdit pas le doute d’ailleurs. Simplement le doute paralyse et pour aller de l’avant il est nécessaire de faire un saut de foi. Mais tout le monde ne souhaite pas aller de l’avant.
        Le caractère “pompée” des éléments de type mythologique dans le christianisme ou l’islam ne constitue pas un argument contre ces derniers. Ils vous apprennent juste qu’il existe des constantes dans le rapport de l’homme au divin. Je vois pas ce que cela a d’étonnant en fait.
        Votre erreur est de rechercher une “vérité” historique sur Jésus mais une telle “vérité” outre qu’elle ne pourra jamais être établit de façon définitive (sujet trop polémique, nombre de documents faibles voire inexistant, manque de témoignages en dehors de l’église) est une chose très différente de ce qu’est le récit religieux et sa fonction.
        Le récit des noces de Cana contient un message spirituel qu’il apprend à ceux qui sont capable de le lire et permet une avancée dans la pratique/compréhension religieuse. Qu’un tel épisode ait pu être utilisé autrement dans un autre contexte ne retire rien à cela.

  7. @Hicham

    Respectez au moins le texte originel. C’est Thomas qui a eu des problèmes, car il était un peu sceptique, comme la fosse du même nom. St Pierre, c’était le chouchou (“Pierre, tu es pierre, et sur cette pierre je bâtirai ma synagogue”). Ceci dit, dans le NT, les onze autres apôtres ont réussi l’épreuve.
    A part ça, je vous déconseille la marche sur l’eau si vous ne savez pas nager. Sa foi n’a pas sauvé un pasteur protestant qui a tenté l’expérience il y a quelques années. Le malheureux a été victime de la sélection naturelle. je peine à trouver plus triste qu’une mort ridicule.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Chargement…

0

Comments

0 comments

Publicité

Mort du général Gaïd-Salah d’un arrêt cardiaque à l’hôpital d’Aïn Naâdja

L’enquête de la CPI est du « pur antisémitisme », estime Netanyahu