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France-Algérie, un ex-chargé de mission sous la présidence de Mitterrand, répond à l’ancien directeur la DGSE

Olivier Zehar, ex-chargé de mission à la Présidence de la République sous François Mitterrand répond sur Oumma aux propos de Bernard Bajolet, l’ancien ambassadeur de France et ex- directeur de la DGSE, sur les relations entre la France et l’Algérie. 

France-Algérie: A quel titre s’exprime l’ancien directeur de la DGSE ? Celui du “retraité organique” ou personnel ?

Il est assez classique de prétendre abreuver le lecteur de secrets quand on vient du monde du secret d’ Etat. En revanche, il est moins classique d’affirmer connaître les positions d’un Président de la République de cette façon.

La Présidence n’a pas pour fonction d’informer la DGSE ou le Quai d’Orsay, alors que l’inverse est vrai. Certes, la Présidence consulte les services et, à ce titre, des échanges d’informations peuvent avoir lieu.

Sous les mandats du Président F. Mitterrand et en particulier le second, pendant lequel j’officiais auprès du Directeur de Cabinet, la Présidence dirigeait, arbitrait et consultait, et parfois ne consultait pas !

En aucune façon M. Bajolet n’a été informé des positions du Président concernant certains points des relations avec l’Algérie. Seuls certains ministres pouvaient l’être, pas le CAP ( le Centre d’analyse et de prévision) ou la DGSE. Il se livre donc à des interprétations qui, à mon sens, sont erronées.

Le Président  Mitterrand qui avait connu M. Boudiaf, dirigeant du FLN pendant la guerre d’Algérie, ne pouvait, ni ne voulait s’immiscer dans les affaires algériennes. Pas plus lorsque Boudiaf est devenu le Président Boudiaf.

Pour ces raisons,  il entendait donc travailler avec lui en tant qu’homologue et des dates de rendez-vous à Paris avaient été arrêtées. L’histoire en a décidé autrement.

Quant à l’interruption du processus électoral, qui donc pouvait y être favorable ? En Algérie comme en France, et pour autant une certaine raison a fait loi. Les dirigeants algériens de l’époque, quelle que soit leur obédience, n’ont pas eu recours au conseil extérieur pour ce faire.

La déclaration du Président français, consécutive à cet arrêt du processus électoral, est naturelle et vise aussi à ne pas faire apparaître cette décision comme pouvant émaner d’un “parti de la France” si cher à certains…

Sans doute son caractère injonctif fut mal interprété et, donc, ce fut une erreur à caractère émotif.

Pour finir, en aucune manière, le second septennat du Président Mitterrand n’aura été marqué par une quelconque volonté d’ingérence dans les affaires algériennes, bien trop de prudence d’expérience et donc de respect caractérisaient sa conception du pouvoir.

Olivier Zehar
Ex-chargé de mission à la Présidence de la République

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