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Etats-Unis : des musulmans portent plainte contre la police de Colombus pour discrimination anti-voile à l’embauche

A Colombus, dans l’Etat de l’Ohio, les rêves féminins de faire carrière dans les forces de l’ordre se brisent sur l’écueil de l’interdiction de concilier le port du voile et de l’uniforme, contrariant la vocation de nombre de femmes musulmanes, désireuses de servir au mieux l’intérêt général et celui de leur communauté en particulier.

Ismashan Issee, une jeune américaine d’origine somalienne, avait toutes les qualités requises pour faire une recrue de choix, motivée, studieuse et appliquée, dont l’Académie de police de Colombus n’aurait eu qu’à se féliciter. Mais au lieu de cela, l’inflexibilité de l’institution policière sur le hijab, et tout accommodement religieux, a contraint cette policière en herbe, la mort dans l’âme, à renoncer à la voie professionnelle qu’elle s’était choisie depuis l’adolescence.

Cet impossible choix auquel a été confrontée Ismashan Issee, en mars dernier, fut le cruel dilemme de trop pour l’influent Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), dont le responsable de la filiale de l’Ohio, Romin Iqbal, vient de porter plainte contre la Division de la police de Colombus pour une discrimination anti-voile à l’embauche, à peine voilée…

"L'interdiction par la Division de la police de Colombus de recruter des femmes musulmanes qui portent un foulard religieusement obligatoire est une discrimination caractérisée envers elles. Cela constitue une violation du chapitre 4112 du code du travail de l’Ohio, en vertu duquel les employeurs sont tenus de prévoir des aménagements raisonnables pour les croyances religieuses sincères de leurs salariés et employés potentiels", s'est-il insurgé dans un communiqué officiel.

La justice américaine penchera-t-elle du côté de ces justiciables voilées qui ont le droit de leur côté et le désir intact, malgré les obstacles, de s’illustrer en gardiens de l’ordre public, ou du côté du maire de Colombus, Michael Coleman, et du chef de la police, Kim Jacobs, qui ne l’entendent pas de cette oreille, s’arc-boutant sur leur refus non négociable ?

L’avenir le dira, tandis qu’à l’extérieur du tribunal, le patron de la police, droit dans ses bottes, se défend de toute discrimination devant la presse locale, mais en assénant l’argument coup de massue qui trahit le fond de sa pensée : « Si aujourd’hui on accepte des femmes agents de police avec un foulard sur la tête, demain, elles viendront en burqa ! ».

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