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Autriche : l’extrême droite s’attaque à l’abattage rituel, le Consistoire juif s’indigne

L’extrême droite, qu’elle sévisse en France ou en Autriche, n’a pas sa pareille pour instrumentaliser périodiquement la polémique autour de l’abattage rituel, à seule fin d’embraser les esprits contre sa cible de prédilection : le halal.

Une fois n’est pas coutume, dans le Land de Basse-Autriche, le vindicatif Gottfried Waldhäusl, un ministre issu des rangs du FPÖ (le parti d’extrême droite fondé par des anciens nazis en 1956), est reparti de plus belle en croisade contre le halal et le casher, sans distinction. Avec la hargne qui caractérise les néo-fascistes de son espèce, il appelle à réduire de manière drastique les méthodes d’abattage prescrites par les deux religions, musulmane et juive.

Dans une Autriche où le FPÖ a fait un impressionnant retour en force, se hissant au sommet du pouvoir à travers la nomination de son leader, Heinz-Christian Strache, au poste de vice-chancelier, et les six maroquins ministériels décrochés par ses principaux ténors, Gottfried Waldhäusl a rendu  l’air irrespirable dans les verts alpages en l’espace de trois petits jours seulement.

A défaut de pouvoir interdire l’abattage rituel musulman et juif sur l’ensemble du territoire, car c’est une compétence nationale, ce semeur de troubles a été contraint de revoir ses ambitions à la baisse en les limitant à sa région. Il a ainsi expliqué au quotidien Wiener Zeitung qu’il souhaitait diminuer au maximum l’abattage rituel en « liant la fourniture de viande à la résidence effective »« Il n’est pas acceptable que des Viennois viennent faire égorger des milliers d’animaux en Basse-Autriche », a-t-il tempêté.

                  Gottfried Waldhäusl

Des paroles qui en ont fait bondir plus d’un, à tel point qu’une question obsédante est sur toutes les lèvres depuis mercredi : le gouvernement régional de Basse-Autriche serait-il sur le point de renouer avec les heures funestes de l’établissement de listes nominatives, en l’occurrence de citoyens juifs et musulmans ?

C’est ce que redoute le Consistoire juif de Vienne, par la voix indignée de son président Oskar Deutsch qui fut le premier à protester. « Cela rappelle presque l’époque nazie », s’est-il aussitôt insurgé, tandis que la polémique franchissait les frontières de la Basse-Autriche pour prendre une ampleur nationale, empoisonnant le débat public. « Cet enregistrement rappelle les chapitres les plus sombres de notre histoire », a vivement désapprouvé le leader des sociaux-démocrates autrichiens, Christian Kern, en demandant la démission du ministre.

L’embarras des conservateurs, les partenaires majoritaires du FPÖ au niveau national et en Basse-Autriche, est palpable. Ecartant toute constitution de liste de juifs, le porte-parole du chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a immédiatement tenu à dissiper les craintes naissantes à travers le pays, en se montrant particulièrement rassurant auprès du président du Consistoire juif de Vienne.

2 commentaires

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  1. Si le kocher est menacé, le gouvernement fera marche arrière très vite …Ce ministre ne semble pas avoir encore compris les rapports de force politiques. Tout au plus le FPÖ veut flatter son électorat en lui envoyant un signe avant de baisser pavillon. L’extrême droit aujourd’hui n’est plus qu’un leurre. Le vrai fascisme est ailleurs, il est chez ceux qui bombardent les pays étrangers sans hésitation.

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