Marine Le Pen compare les prières collectives de rue à l’Occupation

Il suffisait juste de déplacer le curseur de la haine d’un cran, de substituer une victime expiatrice à un

samedi 11 décembre 2010

Il suffisait juste de déplacer le curseur de la haine d’un cran, de substituer une victime expiatrice à une autre, le tout en exhumant inlassablement le même sinistre passé, et aussi incroyable que cela puisse paraître, le tour est joué : Marine Le Pen passe pour l’incarnation du renouveau frontiste !

Une bien curieuse renaissance du populisme à la française, qui, mise à part sa féminisation, a une fâcheuse tendance à reproduire ce qui se fait de pire en matière de nationalisme européen, et à recourir aux bonnes vieilles recettes de Le Pen père, à ceci près que l’habillage rhétorique a été revisité, en nettement moins antisémite, et farouchement plus antimusulman, drapé d’analogies avec la seconde guerre mondiale qui font froid dans le dos.

Ainsi, hier soir, celle qui rue dans les brancards pour se hisser à la tête du FN (le vote interne tranchera en janvier), galvanisée par des adhésions en augmentation, selon ses dires, a dénoncé devant des militants lyonnais conquis d’avance que "les prières de rue des musulmans rappellent la Seconde guerre mondiale", qualifiant ces prières "d’occupation", sans "blindés" ni "soldats", mais d’"occupation tout de même".

Marine le Pen a bien senti d’où vient le blizzard, et alors qu’elle n’a pas encore revêtu sa casaque de compétition pour la présidentielle, elle cravache déjà de tous côtés pour faire la course en tête au sein du FN, loin devant son rival Bruno Gollnisch. On peut lui faire confiance pour ne plus rater une seule occasion de décocher ses flèches empoisonnées contre sa fabuleuse bête noire alibi, l’islam, grâce à laquelle elle entretient l’illusion du changement au sein du parti de papa.

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