Laylat Al Qadr (la nuit du destin)

A l’occasion de Laylat Al Qadr (nuit du destin) qui correspond à la veille du 27e jour du mois de ramadhan

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jeudi 25 septembre 2008

Sourate 97 : La destiné (al-Qadr)

Introduction

La sourate doit son nom au premier verset. Dans la sourate précédente, Dieu ordonne à son Envoyé de lire le Coran en Son Nom. Dans celle-ci, Il fixe le moment où le Livre est descendu.

D’une manière générale, cette sourate parle de la descente du Coran, la nuit de la destinée. Elle commence par montrer le grand bienfait divin en faveur de l’humanité à laquelle est adressé le Livre. C’est au cours de cette nuit que la révélation commença à descendre sur le Sceau des envoyés, que la prière et le salut soient sur lui. Elle vaut plus que mille nuits car c’est la nuit de l’illumination de la Lumière divine sur les habitants de la terre. Elle a changé le cours de l’Histoire et a ouvert une ère nouvelle à la vie de la nation muhammadienne, à savoir la nation islamique.

  1. Nous l’avons certes, fait descendre [le Coran] pendant la nuit d’al-Qadr
  2. Et qui te dira ce qu’est la nuit d’al-Qadr ?
  3. La nuit d’al-Qadr est meilleure que mille mois.

La sourate énumère trois particularités de cette nuit :

- c’est une nuit extraordinaire : l’adoration en cette nuit vaut celle de mille mois

  •  les anges descendent, avec la permission de Dieu, de tous les côtés du ciel vers la terre, depuis le coucher du soleil jusqu’à l’aube.

  •  Dieu y inscrit la paix et la sécurité pour toutes les créatures.

    1. Durant celle-ci descendent les anges ainsi que l’Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre.
    2. Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube.

    Étude et commentaire

    La descente du Coran

    1. Nous l’avons certes, fait descendre [le Coran] pendant la nuit de la destinée [de l’extrême et extraordinaire illumination, et des Décrets]

    Dieu a fait descendre le Coran en cette nuit bénie. « Et l’Esprit fidèle est descendu avec cela sur ton cœur, pour que tu sois du nombre des avertisseurs ». (S.26, 193 et 194)

    Le Coran n’est pas descendu en une seule fois en bloc. La révélation a duré vingt-trois ans. Certes, il a été descendu dans son ensemble la nuit de la destinée : « Nous l’avons fait descendre en une nuit bénie. Nous sommes, en vérité, Celui qui avertit ». (S.44, 3). Cette nuit s’inscrit dans le mois de ramadân : « Le mois de ramadân au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement ». (S.2, 185). Ensuite Gabriel le communiquait au Prophète - que la prière et le salut soient sur lui -, au fur et à mesure des événements et des circonstances, depuis le début de la prophétie jusqu’à sa mort.

    L’objet de cette descente graduelle consistait à faciliter sa compréhension et à en assimiler le contenu. En outre, il fallait tenir compte des intérêts humains suivant l’évolution du temps. Ce qui permettait d’orienter, hommes et femmes, vers le plus utile et le plus profitable.

    La dimension de la nuit de la destinée

    1. Et qui te dira [t’apprendra, ô Muhammad !] ce qu’est la nuit de la destiné [quels sont ses bienfaits] ?
    2. La nuit de la destinée est meilleure que mille mois [toute bonne œuvre, en cette nuit, vaut mille mois d’œuvres salutaires].
    3. Durant celle-ci descendent les anges ainsi que l’Esprit [Gabriel], par permission de leur Seigneur, pour tout ordre [concernant les affaires des créatures].
    4. Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube.

    Le culte pratiqué en cette nuit est meilleur que celui de mille mois. Il équivaut donc à quatre-vingt-trois années et quatre mois.

    En cette nuit, les anges du Trône et du ciel descendent sur terre. Ils sont accompagnés de Gabriel. L’emploi de tanazzal, montre que les êtres ailés n’arrivent pas sur terre tous ensemble mais qu’ils y descendent par vagues successives. C’est une nuit de sécurité et de paix jusqu’à l’aube. Elle est célébrée le vingt-septième jour du mois de ramadân.

    En cette nuit, les anges recevront des ordres pour régler toutes les affaires du monde, bien que celles-ci fussent déjà inscrites dès l’aube de la création. « C’est alors », dit Ibn ’Arabi, « qu’Il disposa la Table brillante (lawh) et le Calame (qalam) pour transcrire l’Ecrit de l’Univers et l’acte qui détermine à être ce qui fut et ce qui sera jusqu’au Jour de la Rétribution. Il plaça les anges pour qu’ils transcrivent ce qu’on leur commandait en rapport avec l’effacement et la confirmation, la mort et la vie, la diminution ou l’augmentation. La langue est au Calame ce que la poitrine est à la Table brillante. Ce que la langue énonce, les facultés mentales l’enregistrent sur les tables des poitrines ; les inclinaisons que le cœur dirige vers la poitrine sont exprimées par son interprète : la langue ».

    ***

    Cette nuit constitue l’édifice muhammadien qui était, auparavant, voilé du monde terrestre. Au cours de cette nuit la Force spirituelle et psychologique descend, mieux encore c’est le Royaume des cieux et de la terre qui se manifeste, véhiculant les ordres du Seigneur sur toutes les choses existantes afin d’être gérées selon leurs états. C’est une nuit parfaite ; elle ne connaît aucune insuffisance ni imperfection et ceci du coucher du soleil jusqu’à son lever. C’est une nuit où la paix et la sécurité règnent sur le monde entier.

     

    Extrait de "Commentaire du Coran, chapitre ’Amma", préparé par Tahar Gaïd, éditions IQRA
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    Auteur : Tahar Gaïd

    Tahar Gaïd est né le 22 octobre 1929 à Timengache, Beni Yala (Wilaya de Sétif). Après des études aux médersas de Constantine et d'Alger, il exerce la fonction d'enseignant à Tighanif, près de Mascara, puis à Alger. Militant du PPA/MTLD, il participe à la lutte pour la libération nationale. Il prend l'initiative d'organiser des cellules FLN à Tihganif, anciennement Palikao. Arrêté en mai 1956, il est détenu pendant six années consécutives dans les prisons et les camps d'internements en Algérie. Dès 1963, il opte pour la carrière diplomatique en qualité d'ambassadeur dans plusieurs pays africains. En 1978, il cesse toute activité administrative. A partir de 1980, il se consacre dès lors aux aspects théoriques et pratiques de l'Islam. Il se signale par la publication du Dictionnaire élémentaires de l'Islam (OPU). Il est aussi l'auteur d'autres livres dont Réalités universselles de l'Islam( OPU ) et Religion et Politique en Islam (aux éditions Bouchene) Parallèlement à ces écrits, il publie à L'OPU un lexique philosophique arabe-français et français-arabe.

    Quelques ouvrages de cet auteur :

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