Vendredi 10 février 2012

La grammaire universelle des cœurs

Cette grammaire universelle au sens profond du terme se compose de trois catégories : le nom, le verbe et la particule. Le nom, c’est Dieu ; le verbe, c’est l’entreprise de Dieu ; la particule peut dépendre du nom ou du verbe. Le harf (particule) désigne la résolution spirituelle (himmah) pour aboutir à Dieu, c’est-à-dire la connaissance de Dieu. Elle est nécessaire au début de la quête, mais il faut l’éliminer (hadf) pour parvenir à sa fin. Il y a des particules luminaires qui sont comme le carburant propre qui vous conduit à votre destination, c’est-à-dire à la station de la contemplation et de la vision de Dieu.

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Au cours des siècles, la réflexion sur la langue parfaite
est un sujet qui surgit chaque fois que l’unité linguistique d’une nation entre
en crise. L’exemple le plus typique est celui de l’Occident qui a produit une
littérature assez considérable sur ce thème.

Quand la polyphonie contamine l’Europe, on recommence à
méditer l’épisode de la confusio linguarum [la confusion des langues]
en cherchant à guérir la blessure de la Tour de Babel par la reconstruction de
la langue d’Adam. Si beaucoup de peuples de culture monothéiste ont prétendu
que leur langue était la langue originaire de l’humanité, les musulmans sont
plus nuancés à ce sujet. Ils reconnaissent qu’au départ Adam parlait l’arabe
au paradis ; mais après la descente, il parla le syriaque (langue qui n’a rien
à voir avec l’actuelle langue syriaque). Par contre, l’arabe possède
l’avantage d’être une langue sacrée puisqu’elle a servi à porter la Parole
coranique.

Si l’arabe n’est pas la langue des débuts humains ni celle
de la faute adamique, elle est en revanche la langue du paradis, c’est-à-dire
de l’éternité béatifique. Notons que le texte qui a été à l’origine du
débat sur la confusion des langues en Occident est [dans l’Ancien Testament] Genèse,
10 et 11. En Islam, le verset 31 de la Sourate ’La Vache’ nous
renseigne sur la question et fonde, par la même occasion, le débat sur les
noms.

1 - Naissance de la langue arabe

Point de vue de l’épigraphie moderne

L’arabe est une langue sémitique. Elle appartient
génétiquement à la même famille que l’akkadien, le cananéen, l’amorite, l’ougaritique,
le sudarabique et l’éthiopien comme le guèze et l’amharique... Mais, ces liens
avec le sudarabique et l’éthiopien sont plus étroits. L’épigraphie permet de
reconnaître deux grands ensembles dialectaux assez différents l’un de l’autre
au sein de la péninsule arabique : le sudarabique et l’arabe du Nord qui est à
l’origine de l’arabe actuel. Le sudarabique nous est connu par un certain nombre
d’inscriptions localisées pour la plupart sur les côtes sud et sud-ouest et
même dans le Hedjaz. Ces inscriptions remonteraient au VIIIe siècle avant
J.-C., et s’étendent jusqu’au VIe siècle de l’ère chrétienne. Avec
l’avènement de l’Islam, l’arabe du Nord a pris le pas sur le sudarabique - qui
ne subsiste aujourd’hui que dans quelques îles côtières entre le Hadramaout
et Oman. Pour l’arabe du Nord, les premières inscriptions de la région d’El
Ula (l’ancien Dédan) sont postérieures au VIIe siècle avant J.-C. D’autres
illustrent une variété linguistique différente. Communément, les premières

  •  lihyanites, thamoudéennes, safaïtiques - sont appelées
    ’proto-arabes’ ; tandis que les autres relèvent de ’l’arabe
    ancien’.

    Point de vue des auteurs arabes

    La réflexion sur l’origine de la langue arabe ne peut
    omettre de signaler comme point de départ le verset 31 de la Sourate ’La
    Vache’. Selon Ibn ’Asâkir, qui rapporte une parole d’Ibn ’Abbâs :
    ’Adam parlait l’arabe au paradis. Mais après sa désobéissance, Son
    Seigneur lui a enlevé l’arabe et il parla le syriaque. Après son repentir, le
    Seigneur le lui a rendu’.

    Ce texte montre le statut de la langue arabe comme langue de
    l’éternité et de la miséricorde. Dans d’autres sources, ’Abd Al-Malik B.
    Habîb rapporte qu’Adam est descendu sur terre avec l’arabe. Mais avec le temps,
    la langue arabe s’est corrompue au point d’être devenue la langue de Soura en
    Irak, ce pays de Noé avant le Déluge. Tous ceux qui ont embarqué à bord de
    l’Arche de Noé parlaient le syriaque, mis à part un homme au non de Jurhum qui
    parlait l’arabe. Il serait le premier arabe. Après le Déluge, il a marié une
    de ses filles à Iram, fils de Sâm, fils de Noé. De cette union, l’arabe
    allait connaître une grande fortune chez les tribus de ’Âd, Thamûd et
    Jadîs. quant à Ismâ’îl, fils d’Ibrâhim, il s’est marié avec une fille de
    la tribu de Jurhum dont les membres lui ont appris l’arabe. D’autres récits
    indiquent que le premier homme qui a parlé l’arabe serait Ya’rub B. Qahtân.
    Selon Ibn Asâkir, d’après une chaîne de garants qui remonte (mawqûfan) jusqu’à
    Anas Ibn Mâlik (le serviteur du Prophète) :

    - ’Quand Dieu a réuni les créatures à Babel, il leur
    envoya un vent ; puis un envoyé leur a demandé de répondre à cette énigme :
    celui qui a le couchant à sa droite, le levant à sa gauche et se dirige vers
    la maison sacrée de Dieu parlera la langue du ciel. De tous les présents, Ya’rub
    B. Qahtân B. Hûd s’est vu reconnaître pour cette récompense. Ainsi, il
    était le premier à parler l’arabe pur de toute corruption. L’envoyé continua
    à poser des énigmes et chaque fois quelqu’un se voyait investi par une langue
    particulière jusqu’à ce que la répartition eût atteint 72 langues. La voix
    de l’envoyé s’éteignit et la babélisation régna’.

    Ce texte est fondamental parce qu’il postule que la langue
    est un don et non une convention. Une autre version attribue à Isâ’îl
    d’avoir parlé l’arabe le premier. Il est évident que ces sources paraissent
    contradictoires, mais au fond elles sont complémentaires. En effet, le vocable
    ’arabe’ qu’elles utilisent désigne une réalité à plusieurs
    facettes. Il s’agit de plusieurs niveaux de langue que le vocable
    ’arabe’ synthétise parce qu’ils ont des affinités au-delà des
    différences morpho-syntaxiques et sémantiques. En gros, les historiens arabes
    distinguent deux types d’arabes : ceux qui ont vécu avant Ibrâhîm,
    c’est-à-dire les tribus de ’Âd, Thamûd, Tasm, Jadîs, ’Umaym, Jurhum, les
    ’Amâlîq, etc., et ceux du Hedjâz de la descendance d’Ismâ’îl.

    Une question mérite d’être posée. Tous les auteurs arabes
    s’accordent pour dire, en se fondant sur le Coran et la Sunna, que Dieu avait
    appris à Adam les noms des choses. Selon un propos rapporté par Daylamî dans
    le Musnad de Furdawsî, d’après Abû Râfi’, le Prophète a dit que
    ’J’ai vu en songe ma Nation dans l’eau et l’argile et j’ai appris les noms
    des choses comme ce fut le cas pour Adam’. Il est clair, d’après ce
    propos, que le Prophète avait le même pouvoir de nommer les choses que Adam,
    et même plus. En effet, il s’agit là de la Réalité muhammadiene, à savoir
    la manifestation de la prophétie de Muhammad (SLP) avant Adam. Ceci est
    corroboré par un autre hadith plus explicite : ’J’étais prophète alors
    qu’Adam était encore eau et argile’. On comprend alors, parmi les
    attributs de la prophétie, ce pouvoir divin de nomination. Si Adam avait cette
    faculté de connaître les noms des choses, le Prophète avait plus puisqu’il
    nous dit qu’il avait les Jawâmi’ al-Kalim, c’est-à-dire les primitives
    archétypales.

    Kalim en arabe est un superordonné grammatical qui
    subsume la catégorie du nom, du verbe et de la particule. Toute phrase
    composée de trois éléments et plus est appelée kalim. D’un point de
    vue sapientiel, le kalim ordonne trois réalités : l’essence, l’attribut
    et le lien. Selon un hadith : ’Adam et ceux qui sont inférieurs à lui
    sont sous ma bannière’. Il s’agit de la bannière de la louange (Hamd)
    parce que la louange n’est possible qu’à travers les noms ; et Adam est
    dépositaire de ce savoir. Donc, tous ceux qui sont inférieurs à lui dans
    cette station, ne peuvent l’égaler dans la louange. Mais comme le Prophète
    possède les Jawâmi’ al-Kalim et que ceux-ci comprennent entre autres les
    noms, Muhammad détient donc la bannière de la louange. C’est le sens
    authentique du vicariat sur les créatures puisqu’Il loue Dieu de la manière
    dont Dieu a prescrit qu’on le fasse, c’est-à-dire par le Coran.

    L’on comprend alors pourquoi la sourate I, la Liminaire (fâtiha),
    recèle l’expression la plus parfaite de la louange. Il y a un hadith qui
    postule que l’ensemble des révélations sont dans le Coran. La quintessence de
    celui-ci est scélée dans la Liminaire. Or, cette sourate parle de toutes les
    expressions et réalités de la louange que le Coran contient. D’ailleurs il
    n’est Coran (réunificateur) que parce qu’il réunit l’ensemble des louanges.
    Selon la Tradition, la Liminaire ne pouvait être révélée qu’au seul
    Prophète. Une question se pose alors : Dieu peut-il être loué selon ce
    qu’exige l’attribut divin de la louange comme perfection, ou selon ce qu’il
    prescrit ? La première louange est strictement rationnelle, donnée par la
    raison. La seconde sied à Sa Majesté puisque seule Dieu peut se louer à
    travers Sa Parole déposée dans le Coran. C’est pour cette raison que le
    Prophète invoquait Dieu par cette prière, ô combien éloquente : ’Je ne
    saurai, ô mon Dieu, épuiser Ta louange. Vous êtes Tel que Vous Vous êtes
    loué Vous Même’.

    2 - La grammaire des cœurs

    Par grammaire du cœur, on entend la Science du cœur, c’est-à-dire
    la certitude suprême et la connaissance de Dieu par la vision directe. C’est
    une prescription légale pour chaque croyant puisque cette grammaire (nahw)
    doit aboutir à l’effacement (mahw) de tout ce qui voile la vision de
    Dieu.

    Le postulat suprême de cette grammaire curative part de ce
    hadith : ’Chaque ordre de la réalité qui ne commence pas par la Basmala
    (Au nom de Dieu, Le Clément, Le Miséricordieux)) n’a pas de postérité’,
    puisque la Basmala est la clé des secrets de chaque sourate du Coran.
    Elle est l’Imam (conducteur) du verbe divin. Celui qui n’a pas d’Imam n’a pas de
    station spirituelle ici-bas comme lors de l’appel  : ’Au jour où
    Nous appellerons le nom de leur imam toutes les séries d’humains...’
    (Coran, Sourate XVII, verset 71).

    Les auteurs arabes définissent la grammaire comme étant
    l’art de parler correctement une langue. L’accent est mis sur la parole plus que
    sur l’écriture. La grammaire des cœurs dirige le Viator, ou le
    cheminant, vers la parole vertueuse par le cœur. Celle-ci est un dialogue avec
    le Réel-Vrai par le truchement de la langue du cœur. Elle se subdivise en deux
    parties : l’acclamation et la conversation confidentielle. La première est la
    qualité de ceux qui l’adorent ; la seconde est l’attribut de ceux qui sont en Sa
    présence. L’une est à la porte ; l’autre est sur le tapis de la proximité.
    Autrement dit, l’adorateur est un serviteur esclave ; le passionné est un
    commensal.

    Cette grammaire universelle au sens profond du terme se
    compose de trois catégories : le nom, le verbe et la particule. Le nom, c’est
    Dieu ; le verbe, c’est l’entreprise de Dieu ; la particule peut dépendre du nom
    ou du verbe. Le harf (particule) désigne la résolution spirituelle (himmah)
    pour aboutir à Dieu, c’est-à-dire la connaissance de Dieu. Elle est
    nécessaire au début de la quête, mais il faut l’éliminer (hadf) pour
    parvenir à sa fin. Il y a des particules luminaires qui sont comme le carburant
    propre qui vous conduit à votre destination, c’est-à-dire à la station de la
    contemplation et de la vision de Dieu. D’autres particules, ténébreuses, sont
    comme le carburant polluant, c’est-à-dire qu’elles s’emploient à investir
    votre résolution dans des domaines d’ordre inférieur comme l’avarice ou les
    passions viles ou le pécule de ce bas monde.

    Pour mieux synthétiser encore les trois catégories de cette
    grammaire, nous avons la Loi et la Réalité essentielle des choses. Selon un
    propos rapporté du Prophète : ’La Loi est Ma parole, la Voie sont mes
    actes, la Réalité essentielle est Mon état spirituel’. Autrement dit, la
    Loi consiste à L’adorer, la Voie à se diriger vers Lui, et la réalité
    essentielle à Le contempler et Le voir. La Loi est un ensemble de paroles, la
    Voie est un ensemble d’actions, c’est-à-dire des efforts, la Réalité
    essentielle est un ensemble de vertus et de saveurs spirituelles. Ces trois
    catégories hiérarchisent également les êtres selon les stations qu’ils
    occupent. La Loi est pour le commun des croyants, la Voie est pour l’élite, la
    Réalité essentielle est pour l’élite de l’élite. La vraie noblesse en Islam
    est d’ordre spirituel.

    La plupart des croyants n’ont retenu de la Loi que son aspect
    extérieur. L’élite parmi eux, a observé la Loi, mais ils cheminaient à
    travers la Voie par un effort constant d’élévation de l’âme et de
    purification du cœur. Quant à la vraie noblesse, c’est-à-dire l’élite
    suprême, ils ont observé également la Loi extérieurement et intégré les
    étapes intérieures de la Voie pour recevoir les lumières de la Réalité
    essentielle des choses. Arrivés à ce degré, ils ont recouvert les attributs
    du Prophète. Ils sont les vrais héritiers puisqu’ils ont hérité ses propos,
    ses actes et son éthique. C’est la station de l’Homme Universel Parfait. C’est
    ainsi que les gens de Dieu expliquent ce verset : ’Nous avons donné
    l’Écrit en héritage à ceux que Nous avons élus parmi Nos adorateurs. Il en
    est en effet parmi eux d’iniques envers eux-mêmes, d’autres tenant un juste
    milieu, d’autres enfin qui l’emportent par les œuvres de bien, avec la
    permission de Dieu - c’est la grâce insigne.’ (Sourate XXXV, verset 32).

    Les trois catégories du nom, du verbe et de la particule ont
    des indices avec lesquels on les distingue. Nous aurons l’occasion d’expliciter
    cela ultérieurement. Quant aux sciences et techniques relatives à cette langue
    universelle, nous avons entre autres la science des secrets des lettres (simiyâ’).

    Cette science a pris naissance chez les musulmans avec
    l’avènement de l’Islam. En effet, les récits 1 de la vie du Prophète nous
    rapportent que les deux rabbins frères ’Abû Yâssir et Huyayy B. Akhtab ont
    expliqué ces lettres qui commencent certaines sourates du Coran par la durée
    de la prophétie du Prophète, évaluée selon eux à sept cent trente quatre
    années. En effet, chaque lettre de l’alphabet arabe a une valeur numérique.
    Les neuf premières lettres indiquent les unités, les neuf qui suivent relatent
    les dizaines d’après désignent les centaines. La dernière lettre (sh)
    pour les maghrébins et (gh) pour les arabes du Mashreq, équivaut à mille.
    L’explication donnée par les rabbins est d’ordre quantitative, alors que ces
    lettres recouvrent des réalités d’ordre supérieur. D’ailleurs, la prophétie
    du Prophète dure depuis presque le double du chiffre donné par les rabbins.

    Parmi ces techniques également, nous avons l’art de
    l’acrostiche (les initiales d’une série de mots forment un autre mot) appelé
    en grammaire Naht (sculpture) 2. Cette technique sert à coder et
    décoder un texte 3. Elle doit révéler également des parentés mystiques.

    La seconde technique4 consiste à trouver des mots dont le
    sens est différent, mais qui ont la même valeur numérique. Par exemple, le
    nom divin (en dehors des 99 noms) Rafî’ ad-darajât (le Maître des hauts
    degrés) a comme valeur numérique : 18 + 22 = 40, selon le calcul mineur, ce
    qui correspond à la valeur de la lettre mîm qui symbolise l’union de
    tous les degrés. Il correspond également au nombre des mansions lunaires plus
    les douze signes du zodiaque. Le nom divin, le Maître des hauts degrés,
    est cité également dans la sourate XL. Nous nous abstiendrons de citer
    d’autres correspondances pour ne pas dérouter le lecteur non averti.

    La troisième technique est celle de l’anagramme,
    c’est-à-dire l’art de permuter les lettres. Les lexicographes arabes appellent
    cette technique le qalb ou l’ibdâl. Les racines de la langue
    arabe se prêtent volontiers à ce jeu. La racine trilitère permet six
    combinaisons, alors que la racine quadrilitère permet vingt-quatre combinaisons
    en ce qui concerne uniquement l’opération du qalb qui nécessite
    seulement les radicales de la racine. Pour l’ibdâl, la combinaison
    atteint les vertiges du calcul factoriel. D’autres techniques sont utilisées
    dans la science des lettres comme les stéganographies ou les écritures
    secrètes.

    Les lettres chez les soufis et les alchimistes recouvrent des
    réalités d’ordre supérieur au-delà de leur rôle à former des mots et à
    communiquer. L’alif, par exemple, symbolise l’Être pur, elle ne
    s’attache à aucune autre lettre. La lettre bâ’ symbolise la dernière
    manifestation ou l’âme du monde. La lettre dâl qu’on trouve dans le nom
    divin Ad-Dâ’im (le Permanent, l’Éternel) a comme valeur numérique le chiffre
    quatre. Elle se trouve aussi dans les noms du Prophète Ahmad et Muhammad. Dans
    le nom Ad-Dâ’im, elle occupe la position initiale, alors qu’elle se retrouve à
    la fin des noms du Prophète. Nous pouvons déduire que si l’éternité est un
    attribut, l’Homme Universel recouvre un peu de l’éternité. divine au paradis.

    Les lettres ont également des correspondances avec les
    éléments, les directions, les humeurs , les astres et les planètes. Ainsi,
    elles peuvent être ignées, aériennes, aquatiques et terrestres. Nous avons
    sept lettres de chaque série, ce qui fait le total de l’alphabet arabe.

    Pour conclure, cet article ne peut que participer modestement
    à faire connaître au lecteur non averti, des trésors de sagesses à travers
    cette grammaire universelle des cœurs dont le détail échappe à la plupart de
    ceux qui fréquent les livres du soufisme et de l’alchimie, sans le secours d’un
    maître spirituel. n

    Abdel-Illah BENARAFA

    Enseigne à l’université Moulay Islmaïl à Meknès (Maroc)

    1 - Voir Sîrat an-nabiy, de Ibn Hichâm, t. II, p.
    171.

    2 - Les kabbalistes appellent cette technique le Notariqon.

    3 - Par exemple, un poème célèbre du soufi marocain ’Al-Harrâq,
    formé de douze vers où les initiales de chaque vers forment le nom du
    compagnon du Prophète, ’Imrân B. Husayn. Le nom de ce compagnon a une
    importance spirituelle, selon la tradition.

    4 - Chez Aboulafia (L’Épître des sept voies), cette
    technique s’appelle la Guématria.

    Abdel-Illah BENARAFA est né en 1962 à Salé (Maroc).
    Études universitaires à Rabat, puis à Montpellier ; titulaire d’un doctorat de
    linguistique générale (Paris IV - Sorbonne). Enseigne aujourd’hui à
    l’université Moulay Ismail à Meknès.

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