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Une universitaire chrétienne de Chicago revêt le hijab pour lutter contre l’islamophobie en recrudescence

L’islamophobie ne passera pas par Larycia Alaine Hawkins, une enseignante américaine d’obédience chrétienne, et sous son hijab arboré courageusement pour la faire battre en retraite, cette agrégée de sciences politiques veut témoigner son soutien à l’ensemble de ses concitoyens musulmans, qu’ils soient de Chicago ou d’ailleurs, qu’ils fassent partie de ses élèves au sein du Wheaton College ou évoluent dans d’autres enceintes.

Après mûre réflexion, l’universitaire de renom, habituée à décrypter les rapports de pouvoir en dénonçant toutes les tyrannies, intellectuelles et étatiques, a décidé d’agir concrètement pour tenter, à sa manière, de juguler l’hémorragie d’actes islamophobes qui redoublent de violence depuis la tuerie de San Bernardino.

Elle a franchi le pas la semaine dernière, confortée dans le bien-fondé de sa démarche par l’assentiment des responsables de l’influent Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), et c’est le visage délicatement entouré d’un voile qu’elle a fait sensation sur le campus universitaire, dans les amphithéâtres, mais aussi sur sa page Facebook. « J’ai préalablement consulté les dirigeants du CAIR de Chicago, dont l’un d’entre eux est un ami proche, sur la licéité de mon initiative. Je ne voulais en effet choquer personne et m’assurer que cela n’était ni haram, ni ne serait perçu comme condescendant », a-t-elle expliqué (traduction Oumma) dans un entretien accordé à la presse locale.

« J’aime mon prochain musulman, non pas parce que il ou elle est américain(e), mais parce que il ou elle mérite d’être aimé(e) en raison de sa dignité humaine »,  a déclaré Larycia Alaine Hawkins pour justifier une métamorphose dictée par sa conscience afin d’éveiller les consciences, au moment même où les musulmanes voilées craignent pour leur sécurité, ressentant douloureusement le poids des regards de plus en plus réprobateurs et encore plus cruellement les accents haineux des discours politiciens. 

« Les femmes voilées sont les premières ciblées et les plus vulnérables, car elles sont facilement identifiables en tant que musulmanes », a commenté pour sa part, Sahar Aziz, un professeur émérite de la Texas School of Law.

C’est dans ce climat délétère, où gronde l’orage du populisme, que Larycia Alaine Hawkins est entrée en résistance, sous son voile solidaire qu’elle ne quitte plus, revêtu quotidiennement à l’université, en ville, dans les transports en commun, à l’aéroport et jusque dans son…église.

A l’approche des fêtes de fin d’année, elle ne forme qu’un seul vœu pour Noël qui devrait prochainement prendre la forme d’un hashtag : que ses congénères non musulmanes la rejoignent dans son noble combat contre l’hiver du cœur et revêtent, à leur tour, le hijab en signe de leur solidarité combative avec leurs compatriotes musulmanes et soeurs en humanité.

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