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Ilhan Omar rencontre Imran Khan, le Premier ministre pakistanais déchu de ses fonctions qui crie au «complot des Etats-Unis»

Connue pour ses prises de position courageuses, à rebours de la doxa américaine dominante et du sionisme qui l’imprègne, Ilhan Omar, la représentante démocrate du Minnesota au Congrès, n’est pas femme à user de faux-fuyants, ni de la langue de bois politicienne… 

Coiffée de son voile qui en fait la singularité sous la coupole du Capitole, mais aussi une cible de choix pour ses farouches détracteurs, la porte-parole des sans-grades et des sans-voix de l’Amérique sous l’ère Biden n’est pas femme à tourner autour du pot pour appuyer là où le bât blesse… Même si c’est pour dénoncer vigoureusement « l’hypocrisie » du gouvernement dont elle défend les couleurs à Washington.

Auréolée de son titre de gloire de « bête noire » du suprémacisme trumpien, Ilhan Omar se verra peut-être élevée au rang de poil à gratter du mandat Biden, après avoir jeté ce gros pavé dans la mare : « Il serait incroyablement hypocrite de soutenir une enquête sur la Russie pour crimes de guerre, tout en s’opposant à l’existence même du tribunal qui pourrait en être saisi (La Cour Pénale Internationale de la Haye) en tant que non-membre !», s’est-elle récemment insurgée.

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L’engagement chevillé au corps, qu’il soit ancré dans la lutte contre toutes les discriminations, l’islamophobie et en faveur de la souveraineté de la Palestine, Ilhan Omar s’est envolée mercredi vers le Pakistan, où l’une de ses rencontres officielles, et non des moindres, a fait crépiter les flashes : celle avec Imran Khan, dans sa résidence de Bani Gala.

En effet, après avoir été reçue par le président pakistanais Arif Alvi, proche d’Imran Khan, et le successeur de celui-ci, le Premier ministre Shahbaz Sharif fraîchement intronisé, la première parlementaire américaine d’origine somalienne, musulmane et voilée a pris la pose aux côtés de l’ancien homme fort d’Islamabad. Celui-ci a été dernièrement déchu de ses fonctions, à l’issue d’un vote de censure ayant déclenché de violents remous dans le pays.

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Loin d’être un paria à ses yeux, Ilhan Omar tenait ainsi à remercier de vive voix Imran Khan pour sa constante et ferme condamnation publique de l’islamophobie, non sans savoir que ce dernier, qui se bat actuellement pour revenir, n’a de cesse de crier au « complot » ourdi contre lui par les Etats-Unis. Il y a assurément quelque chose de savoureux dans ce qui ressemble fort à un pied de nez fait à Washington…

« Voulons-nous être les esclaves des États-Unis ou voulons-nous une vraie liberté ?», s’exclamait Imran Khan, il y a quelques jours à peine, lors d’un grand rassemblement à Peshawar, où des dizaines de milliers de ses partisans, galvanisés par ses harangues, agitaient les drapeaux de son parti. « Mes jeunes, préparez-vous, je serai dans les rues avec vous dans chaque ville jusqu’à ce que nous les forcions à organiser des élections », a-t-il lancé à l’adresse de tous, fervents sympathisants comme ennemis jurés, sûr de son fait.

Shireen Mazari, l’ex-ministre des droits de l’homme, s’est félicitée, quant à elle, de l’entretien fructueux entre Ilhan Omar et Imran Khan, soulignant sur Twitter combien la parlementaire américaine avait « apprécié le rôle courageux joué par le Pakistan dans la lutte contre l’islamophobie quand Imran Khan, auquel elle a exprimé son admiration, était aux commandes ».

Avant de faire escale au Cachemire pakistanais, un sentiment gratifiant a dû sans doute prévaloir chez Ilhan Omar : celui de la mission accomplie. En effet, elle a reçu l’assurance que la République islamique du Pakistan oeuvrera dans son sens, afin que soit adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies une résolution faisant du 15 mars la Journée internationale de lutte contre l’islamophobie. 

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2 commentaires

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  1. L’islamophobie n’est que la critique d’une religion et toutes les religions sont critiquables.
    Dans ce pays sympathique qu’est le Pakistan, il arrive souvent que des chiites ou des chrétiens soient assassinés. Bizarre non ?

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