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Le discours fort du Premier ministre du Pakistan à l’ONU

C’est un discours fort, enflammé, aux inflexions humanistes, fédératrices et inquiètes, qu’a prononcé, vendredi 27 septembre, le Premier ministre du Pakistan, Imran Khan. Fondateur du Mouvement du Pakistan pour la justice (PTI), l’homme fort d’Islamabad, qui préside aux destinées du pays depuis le 18 août 2018, avait été convié à s’exprimer à l’occasion de la 74ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York.

Voici, en substance, les temps forts de son allocution (traduction Oumma) 

Monsieur le Président,

Je suis honoré de représenter aujourd’hui mon pays devant cette Assemblée et à l’occasion de ce débat général qui réunit des dirigeants mondiaux, où nous avons l’opportunité d’aborder les problèmes auxquels le monde est confronté.

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J’ai tenu à venir ici, en dépit des temps difficiles que connaît mon pays et des grands défis qui se posent à lui. Je suis venu, car j’estime que le monde doit s’attaquer sans tarder à des problèmes urgents.

En premier lieu, je souhaite traiter du changement climatique. Plusieurs chefs d’Etat ont déjà évoqué ce problème crucial. Mais, Monsieur le Président, je trouve que la manière dont cela a été fait manque de sérieux. Peut-être que nombre de ces leaders ou de ceux qui pourraient faire beaucoup en la matière ne réalisent pas vraiment l’urgence de la situation.

Nous avons beaucoup d’idées sur la question, mais comme disait quelqu’un, avoir des idées sans pouvoir les financer, est une hallucination majeure…

Le Pakistan, mon pays, fait partie des 10 nations dans le monde qui sont touchées de plein fouet par le changement climatique. Nous dépendons de fleuves, nous sommes un pays essentiellement agricole, et 80% de l’eau dans nos fleuves provient de glaciers qui se trouvent sur notre sol, mais aussi du côté indien. Et ces glaciers fondent à vue d’œil. Si cette fonte continue à ce rythme-là, sans que rien ne soit fait pour l’enrayer, nous craignons que cela ne provoque une immense catastrophe.

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Quand je suis arrivé au pouvoir dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, nous avons planté un milliard d’arbres en l’espace de 5 ans. Aujourd’hui, nous nous sommes fixés l’objectif de planter 10 milliards d’arbres à l’échelle nationale, avec l’ambition de contrecarrer les effets du réchauffement climatique. Mais un pays tout seul ne peut rien faire, les efforts doivent être conjugués à l’échelle planétaire.

Je puise mon optimisme dans le fait que le Tout-Puissant a doté les hommes de grands pouvoirs. Nous pouvons tout faire, si l’instinct de survie est encouragé, et j’espère sincèrement que les Nations Unies prendront la tête de ce combat. L’accent doit être mis là-dessus, les pays riches doivent prendre leurs responsabilités face aux émissions de gaz à effet de serre.

Le second problème que je souhaite aborder devant vous est, à mes yeux, encore plus critique.
Monsieur le Président, chaque année, des milliards de dollars partent des pays pauvres pour tomber dans l’escarcelle des pays riches. Des milliards de dollars sont détournés par les élites dirigeantes des pays développés et sont directement transférés sur des comptes de banques occidentales, des comptes off-shore, dans des paradis fiscaux… Monsieur le Président, ces pratiques sont dévastatrices pour les pays en voie de développement, elles entraînent une grande misère, sèment le malheur et la mort. Elles appauvrissent le monde en voie de développement.

Le fossé se creuse inexorablement entre les pays riches et les pays pauvres, à cause de cela. Le blanchiment d’argent n’est pas sanctionné de la même manière, selon qu’il s’agisse de l’argent provenant de la drogue ou du financement du terrorisme. Force est de constater que le sérieux avec lequel on lutte contre l’argent de la drogue et du terrorisme n’est pas appliqué aux pays pauvres, qui sont pillés par les élites dirigeantes.

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Le troisième point que je veux évoquer ici porte sur l’islamophobie. Il y a 1.3 milliard de musulmans dans le monde, et des millions de musulmans qui vivent en Occident, en Europe, aux Etats-Unis. Ils sont considérés comme des minorités.

Depuis le 11 septembre 2001, l’islamophobie n’a cessé de se propager de manière alarmante. Elle crée une division. Les femmes qui portent le hijab sont désormais perçues comme un problème dans certains pays occidentaux. Dans ces mêmes pays, il est toléré que les femmes puissent enlever leurs vêtements, mais pas qu’elles sortent trop couvertes… Comment a-t-on pu en arriver là ? Si l’islamophobie a pu gagner du terrain, c’est à cause de certains dirigeants qui ont fait une terrible équation entre le terrorisme et l’islam. Le terrorisme islamique, l’islam radical. Qu’est-ce que c’est l’islam radical ? Il n’y a qu’un islam, et c’est l’islam que nous suivons fidèlement et que nous a transmis notre Prophète Muhammad (saws). Il n’y a pas d’autre islam.

Comment une personne non musulmane, vivant à New York ou en Europe, peut-elle faire la distinction entre un musulman qualifié de « modéré » et un musulman « radical » ? Le terrorisme n’a rien à voir avec aucune religion ! La montée de l’islamophobie cause une grande souffrance aux musulmans. Je me permets d’ajouter que dans les pays européens, la propagation de l’islamophobie conduit à la marginalisation des communautés musulmanes, et nous savons tous que la marginalisation mène tout droit à la radicalisation.

Parce que j’ai vécu en Occident, je sais pertinemment que la perception du fait religieux diffère totalement de celle des pays musulmans.

Quand j’ai pris les rênes du pouvoir au Pakistan, ma première priorité était de faire régner la paix dans mon pays et de tout mettre en œuvre pour y parvenir.

J’aborde à présent la situation dramatique du Cachemire. L’Inde, le 5 août dernier, en violation de sa Constitution et de 11 résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU, a révoqué brutalement et illégalement l’autonomie du Cachemire (majoritairement musulman). Le gouvernement de Narendra Modi a abrogé l’article 370 qui conférait au Cachemire son statut spécial. Il en a profité pour déployer ses formes armées dans la région, 900 000 soldats, soi-disant pour la prospérité du Cachemire, mais ils entrent dans les maisons, terrorisent la population, frappent les femmes, et pour imposer un couvre-feu inique à 8 millions de personnes. Ce sont des êtres humains et pas des animaux.

Comment quelqu’un peut-il faire ça ? Monsieur le Président, il est de la responsabilité de l’ONU de mettre fin à cette oppression et de rendre justice aux Cachemiriens sans défense. Mais si notre souhait sincère de paix est réduit à néant, que va-t-il se passer?

Narendra Modi, le Premier ministre indien, est un membre à vie du RSS. Le RSS est une organisation inspirée d’Adolf Hitler. Ses membres croient à la pureté et la supériorité de la race, ils croient aussi en une race aryenne, comme du temps d’Hitler. Tout ce que j’affirme est vérifiable. A l’heure de la révolution numérique, vous pouvez aller sur Google pour vérifier mes dires. Narendra Modi éprouve de la haine envers les musulmans pour avoir dirigé l’Inde il y a des siècles de cela, mais aussi envers les chrétiens, et veut mener une politique de purification ethnique contre les musulmans.

L’Inde doit absolument lever son couvre-feu inhumain au Cachemire qui dure depuis 55 jours. Elle doit aussi libérer les prisonniers politiques, particulièrement les 30 000 jeunes garçons qui ont été arrachés à leurs parents. Des parents qui ignorent où ont disparu leurs enfants et vivent depuis dans l’angoisse.

La communauté internationale doit intervenir pour restituer à la population du Cachemire son droit à l’auto-détermination. Merci.

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5 commentaires

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  1. Il y a un problème, l’Algérie , le Pakistan, Al Saoud et bien d’autre n’ont pas sanctionné la chine en ce qui concerne le peuple Ouïgours, au contraire , ils ont félicité Pekin à
    l’onu.

    Celui qui se tait pour les Ouïgours, s’en fout du Cachemire.

    La chine avait, peut être par le passé, aidé le Pakistan à se nucléariser militairement.
    Les chinois font la loi à Islam abad et Karachi, ils insultent les policiers pakistanais.

    Il a raison sur une chose, pour affronter l’Inde, il faut garder la chine amie.

  2. Après les bouddhistes fascistes, on découvre la race aryenne hindouiste.
    Aucun peuple ne profite de ce raquette international, des gilets jaunes aux femmes et enfants africains qui meurent de faim, tous victimes de la crapulerie internationale.

  3. BRAVO Mr Imran Khan , SI seulement le monde dans lequel nous vivons était juste et équitable votre discours serait rediffusé dans toute les langues et dans tout les médias institutionnels de façon à réveiller les consciences car ce qui se passe en Inde et notamment au cachemire va mal se terminer si cela continue . Les forces internationales doivent concentrer leur efforts sur ce genre de problème qui gangrènent le monde plutôt que se disperser sur des bagatelles …

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