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L’islamophobie tombe sous le coup d’une résolution de l’ONU

Surenchère dans un regain d’hostilité à l’encontre de la religion musulmane, le référendum suisse contre les minarets aura fait date à maints égards, cristallisant indignation et inquiétude dans l’ensemble du monde arabe, qui a choisi une riposte marquée du sceau du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU : une résolution condamnant à la fois l’islamophobie, le « profilage ethnique et religieux des minorités musulmanes« , et l’interdiction des minarets de nos voisins limitrophes.

Renvoyant les puissances occidentales à leurs propres responsabilités, le texte sur la « diffamation des religions  » soumis par le Pakistan, se veut être une dénonciation de  » l’intensification de la campagne de diffamation des religions et de l’incitation à la haine religieuse en général, notamment du profilage ethnique et religieux des minorités musulmanes depuis les tragiques événements du 11 septembre 2001« , dont la volonté de rayer les minarets de la carte européenne est l’illustration hautement emblématique.

Adoptée à une courte majorité, 20 voix contre 17, huit des 47 pays siégeant au Conseil s’étant abstenus, cette résolution a peut-être échoué à fédérer massivement du fait de la la tornade de protestations qu’elle a soulevée auprès des Etats-Unis et de l’Union européenne, dont les émissaires se sont insurgés contre une arme juridique leur renvoyant le pâle reflet de leurs manquements.

Portée à bout de bras par l’ambassadeur pakistanais Zamir Akram, qui a défendu son bien-fondé en soulignant qu’elle visait à protéger contre  » l’antisémitisme, la christianophobie et l’islamophobie« , cette résolution qui, à peine votée, fait déjà couler de l’encre, traduit le profond malaise qui, comme une lente érosion de la confiance, a inexorablement creusé un gouffre d’incompréhension entre l’Orient et l’Occident.

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