Huit pays musulmans rejoignent le "Board of Peace" de Trump, soulevant des questions sur la souveraineté palestinienne.
POURQUOI LIRE :
- Analyse des implications de cette initiative sur la Palestine.
- Examen des motivations des États musulmans participants.
- Réflexion sur le rôle de l'ONU et des mécanismes multilatéraux.
Huit pays musulmans – dont l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan – ont annoncé leur intégration au « Board of Peace », une instance pilotée par le président américain Donald Trump et censée superviser l’après-guerre à Gaza. Présentée comme un outil de stabilisation, cette structure controversée, dotée d’un mandat onusien flou et présidée à vie par Trump, soulève de lourdes interrogations. En acceptant d’y siéger, ces États entérinent de facto une mise sous tutelle politique de Gaza, au mépris de la souveraineté palestinienne et du rôle central des Nations unies. Une décision qui fragilise un peu plus la crédibilité du monde musulman face à la tragédie palestinienne.
Derrière l’intitulé rassurant de « Board of Peace » se cache une initiative profondément problématique. Imaginé et dirigé par Donald Trump, ce conseil prétend accompagner la sortie de guerre à Gaza, tout en contournant les mécanismes multilatéraux classiques et en marginalisant la voix palestinienne elle-même.
Une paix sous tutelle américaine
Doté d’un mandat validé par le Conseil de sécurité des Nations unies, le Board of Peace est présenté comme une administration transitoire chargée de la reconstruction et de la gouvernance de Gaza. Mais dans les faits, il s’agit d’un organe dominé par Washington, présidé à vie par Trump et financé par un droit d’entrée exorbitant d’un milliard de dollars par État membre. Une architecture qui ressemble moins à un outil de paix qu’à un instrument de contrôle politique et économique.
Que des pays comme l’Arabie saoudite, la Turquie, le Pakistan, le Qatar ou l’Indonésie aient accepté d’y participer pose une question centrale : comment prétendre défendre le droit des Palestiniens à l’autodétermination tout en validant une structure qui les place sous tutelle étrangère ? En rejoignant ce conseil, ces États donnent une caution politique à une initiative qui évacue les causes profondes du conflit : l’occupation, la colonisation et l’impunité israélienne.
Pire encore, cette démarche intervient après des mois de massacres à Gaza, où la population civile a payé le prix fort de la guerre menée par Israël contre le Hamas. Intégrer le Board of Peace sans exiger de garanties claires sur la justice, la responsabilité et la fin de l’occupation revient à normaliser l’inacceptable.
Une marginalisation dangereuse de l’ONU
Plusieurs diplomates occidentaux, ainsi que des dirigeants comme le Premier ministre slovène, ont mis en garde contre le risque de voir ce conseil affaiblir l’ordre international fondé sur la Charte des Nations unies. Trump lui-même ne s’en cache guère : le Board of Peace est pensé comme une alternative à une ONU jugée trop contraignante. En s’y associant, des États musulmans participent à un précédent dangereux, qui pourrait demain se retourner contre d’autres peuples opprimés.
Face à la tragédie palestinienne, le monde musulman avait l’opportunité de porter une voix unie, ferme et indépendante, fondée sur le droit international et la justice. En acceptant de s’asseoir autour d’une table dominée par Trump – aux côtés de dirigeants aussi controversés que Vladimir Poutine – ces pays donnent l’image d’une diplomatie soumise, plus soucieuse de préserver ses alliances que de défendre réellement Gaza.
La paix ne peut être décrétée depuis Washington ni confiée à un conseil fermé et payant. Elle ne peut émerger qu’à partir du respect du peuple palestinien, de sa souveraineté et de ses droits fondamentaux. Tout le reste n’est qu’un habillage politique de plus, sur les ruines encore fumantes de Gaza.



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