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Un enseignant fait passer les oraux du bac coiffé d’une kippa

L’élasticité de la laïcité à la française est aussi insoupçonnable que son hypocrisie est insondable ! Les régimes passent, les locataires de l’Elysée se succèdent dans un fauteuil qu’ils prennent pour un trône, et tous se passent le flambeau républicain qui s'éclaire à la pâle lumière de la géométrie variable…

Inflexible et liberticide envers ces musulmans accusés de tous les maux, et notamment d’un « communautarisme » à faire frémir dans les chaumières qui est leur apanage exclusif, comme chacun sait, la loi de 1905 peut faire preuve d’une extrême souplesse quand elle sert les intérêts de ses plus fervents tenants qui s’avèrent être les principaux artisans de son dévoiement.

Après la laïcité version Sarkozy qui, par la voix de Claude Guéant, alors ministre de l’Intérieur et en croisade contre l’islam, consentait avec une rare bienveillance à ce que "les examens et concours de la République ne se déroulent pas pendant la Pâque juive" devant un Crif aux anges, après la suspension désormais traditionnelle du Conseil municipal de Paris lors du Yom Kippour par un Delanoë très arrangeant, et après le récent report d’examens de droit au sein de l’université Paris-Est-Créteil pour cause de fêtes juives, celles de Chavouot, voici qu’un professeur, membre d’un jury de baccalauréat, a siégé avec ses confrères coiffé d’une kippa.

La liste des exceptions qui confirment la règle de l’arbitraire à l’encontre des musulmans serait longue, et cette nouvelle violation flagrante de la laïcité, au sein du lycée Condorcet, dans la ville de Saint-Maur, est une tache de plus sur un étendard tricolore qui prétend toujours porter haut ses valeurs cardinales. Hormis celle du deux poids deux mesures qui prévaut à droite comme à gauche, que sont-elles devenues ces fameuses valeurs fondamentales dont il faudrait en plus se gargariser?

Une enseignante de philosophie fut la seule à s’offusquer de ce couvre-chef religieux pour le moins ostensible en plein examen républicain par excellence, et comme l’a rapporté le Parisien, elle alerta un responsable de l’établissement sur ce confrère qui prenait la laïcité par-dessus la jambe. 

Sans se démonter, ce dernier, dont on ne peut décemment imaginer qu’il ignore l’esprit et la lettre de la loi de 1905, s’est exclamé surpris : "A aucun moment on ne m’a demandé de l’enlever et si on avait insisté, bah j’aurais remis ma casquette où au pire j’aurais pu l’enlever !".

Ce professeur est tombé des nues ou a feint de l’être, quant à nous, nous tombons de l’armoire, une fois encore, après avoir appris qu’une transgression aussi manifeste de la sacro-sainte laïcité n’a subi ni réprobation, ni sanction, et ne sera nullement taxée de mettre en péril l'Hexagone.

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