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South Park : cinq épisodes représentant le Prophète Muhammad ne seront pas diffusés

On ne présente plus la série d’animation américaine South Park qui, depuis près de vingt-huit ans, sur la petite lucarne cathodique, a séduit, diverti autant qu’elle l’a passablement irrité, offusqué ou encore scandalisé un large public hétéroclite, à travers le monde.

Créés en 1992 par Trey Parker et Matt Stone, ces courts-métrages, qui mettent en scène les aventures de quatre enfants – Cartman, Stan, Kyle et Kenny – au langage étonnamment cru, au sein d’une école du Colorado, ont résolument pris le parti de se moquer de tout, avec une causticité qui n’a d’égal que leur vulgarité.

Oscillant entre humour gras, noir, et plus glauque encore, carrément fécal, s’autorisant à ironiser sur tout, tournant en dérision des têtes connues comme des communautés religieuses ou ethniques, sans garde-fous, la série a souvent fait grincer des dents à l’international, dans la presse et sur les réseaux sociaux. Quand elle n’a pas essuyé une volée de bois vert pour avoir été trop loin dans l’art de la satire… répulsif.

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Alors que le nouveau service de streaming HBO Max propose à ses abonnés de découvrir ou redécouvrir les 23 saisons de South Park, moyennant un contrat de diffusion estimé à plus de 500 millions de dollars, on apprend, via le site américain Deadline, que cinq épisodes, après mûre réflexion, sont passés à la trappe. Il s’agit de ceux, très transgressifs et sacrilèges, qui n’ont rien trouvé de plus jubilatoire à faire que d’incarner à l’écran le grand homme de l’Islam, celui qu’on ne représente pas : le Prophète Muhammad (saws), affublé d’une djellaba et d’un turban.

Ces épisodes de la série d’animation la plus acclamée par Broadway ne viendront pas troubler la quiétude des foyers musulmans, et c’est tant mieux ! Rappelons, à cet égard, que le politiquement incorrect revendiqué fièrement par ses auteurs a aussi fortement courroucé Pékin, en 2019, qui a tranché dans le vif : South Park a disparu des écrans radars sur l’internet chinois. Sans parler de l’outrage ressenti aux Etats-Unis, en 2005, à la suite d’un épisode poussant le mauvais goût et le sacrilège jusqu’à représenter les menstruations de la Vierge Marie.

La liberté d’expression, comme toutes les autres libertés fondamentales, n’est pas absolue. Quant à la liberté de tout caricaturer, elle se heurte à une limite : la volonté d’offenser délibérément qui la sous-tend.

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