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Roubaix louée pour son modèle d’intégration par le New York Times

Ce n’est pas tous les jours qu’une petite ville française est mise à l’honneur dans le New York Times pour son modèle d’intégration réussie, dans un Hexagone qui est, lui, pointé du doigt pour son islamophobie sur une courbe dangereusement ascendante.

Cité du Nord, Roubaix peut s’enorgueillir d’être cette terre d’accueil métissée louée par le quotidien américain et citée en exemple pour sa douceur de vivre, tous ensemble et non les uns contre les autres, faisant figure d’exception notable dans un paysage national dont les contours sont redessinés en plus escarpés par la propagation du sentiment anti-musulmans…

Comme une bouffée d’air frais dans un climat électrisé par ceux qui soufflent sur les braises de la haine, l’atmosphère conviviale qui règne à Roubaix a été favorisée par sa longue histoire de l’immigration favorable au multiculturalisme. Musulmans, bouddhistes et d’autres encore ont été de tous temps les bienvenus, et à l’heure où l’édification de mosquées continue de déchaîner les passions politiciennes, la ville moyenne de près de 100 000 habitants de la région Nord-Pas-de-Calais n’en compte pas moins de six, un vrai record pour sa densité de population.

"Roubaix est un berceau, un symbole de l'immigration", a déclaré Muhammed Henniche, secrétaire général de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis, dans les colonnes du New York Times, renchérissant : "Dans un pays où les couvre-chefs islamiques sont régis par la loi et beaucoup de musulmans avouent se sentir comme des étrangers en France, Roubaix fait partie de ces rares villes qui se démarquent de l’interprétation rigide de la laïcité française."

"Quand vous regardez les données démographiques, en deux ou trois générations, toute la France sera comme Roubaix", a insisté, pour sa part, Bertrand Moreau, le principal porte-parole pour le bureau du maire, avant d’ajouter : "Il y aura un melting pot partout, et Roubaix est en ce sens un vrai laboratoire."

Mais l’éloge du New York Times, qui a décerné ses bons points aux remarquables qualités d’intégration Roubaisiennes, ne fait pas que des heureux, à l'image d’Arnaud Boutelier, représentant du syndicat de police Alliance dans le Nord, qui s’est dit « surpris » par ce coup de projecteur donné, le 5 août, sur une municipalité dont il considère qu’elle n’est pas l’eden vanté par le journal américain.

De son côté, le premier magistrat de la Cité, Pierre Dubois, sourd aux polémiques, met en lumière la belle coexistence de "six mosquées et des églises", en indiquant qu'il "préfère ces jugements", comme celui du New York Times, à ceux qui ont une fâcheuse propension à ne brosser de sa ville qu’un portrait peu flatteur en la qualifiant de « la plus pauvre de France ». "Et tant mieux si l'intégration est citée en exemple !", s'est-il exclamé comme pour mieux faire taire tous les esprits chagrins.

Quant au New York Times, il persiste et signe : la ville de Roubaix est la bonne élève de la France et à ce titre mérite le tableau d’honneur du vivre ensemble, à telle enseigne que l’article conclut en recommandant aux autres villes françaises de s’inspirer de son exemple, afin de "diminuer les tensions ethniques et sectaires". Qu’on se le dise !

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